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L'Usine Auto

Les algorithmes prennent le volant

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Les véhicules autonomes auront des répercussions importantes sur la ville de demain. Reste à lever des défis en termes d’innovation et de modèles économiques.

Les algorithmes prennent le volant
Google a fait figure de pionnier avec la Firefly, sa voiture biplace autonome.

Mardi 22 juin 2060, au petit matin. Marie et Antoine, voisins de palier dans un immeuble de l’ouest parisien, grimpent, fidèles à leur habitude, dans l’un des nombreux véhicules autonomes qui sillonnent la capitale. Exceptionnellement, la voiture dépose Marie devant une enseigne de grande distribution, comme elle le lui avait demandé la veille par message. Antoine poursuit de son côté jusqu’à ses bureaux, au sud de Paris. Dans les rues, les parcs ont depuis longtemps remplacé les parkings. Les pics de pollution qui ont asphyxié la capitale française pendant des années sont enseignés à l’école. Quant aux accidents de la route, ils évoquent de lointains souvenirs.

Utopique ? Pas forcément. Dans une étude publiée en 2016, le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) et le Forum économique mondial ont planché sur l’impact potentiel du véhicule autonome. Deux scénarios retiennent l’attention : l’arrivée des robots-taxis, sous l’impulsion des municipalités, et « la révolution du partage » des véhicules. Tous deux se traduisent par une modification radicale de la ville. Les véhicules autonomes pourraient faire décroître le nombre d’automobiles circulant dans les rues de 45 à 60 %. Les espaces dévolus aux parkings diminueraient alors de 40 à 54 %. Quant au nombre d’accidents, il chuterait de plus de 85 %. Et que d’air pur ! Selon le rapport, les émissions polluantes pourraient plonger de 80 %.

Reste à construire ces véhicules de demain. La multiplication des systèmes d’aide à la conduite – régulateur de vitesse adaptatif, alerte de franchissement de ligne, parking automatique, etc. – donne déjà un avant-goût du potentiel des voitures du futur. Mais, grâce à l’amélioration des capteurs et à la miniaturisation croissante des ordinateurs permettant d’embarquer des briques d’intelligence artificielle, constructeurs et géants du numérique planchent déjà sur des modèles bien plus élaborés.

Auto-école virtuelle pour robots

Via sa filiale Waymo, Google a fait office de pionnier avec son petit prototype biplace en forme d’œuf, la Firefly. En France, PSA et Renault font rouler des véhicules capables de se déplacer en autonomie dans des environnements définis et peu complexes, tels que les autoroutes ou les périphériques. Le conducteur doit cependant être présent et attentif, car il valide certaines décisions du véhicule telles que le dépassement et peut, à tout moment, être sollicité pour reprendre le volant.

En mai, Waymo a annoncé avoir franchi la barre des 3 millions de miles – 4,8 millions de kilomètres – avec ses véhicules autonomes. Depuis leur entrée en circulation à l’été 2015, les 20 prototypes de PSA ont, de leur côté, parcouru plus de 125 000 kilomètres. Tout l’enjeu pour les acteurs de l’automobile réside désormais dans la multiplication de ces kilomètres physiques par la simulation informatique : « Comme un individu qui apprend, la voiture autonome va devoir avaler beaucoup de kilomètres en virtuel pour être confrontée à toutes les situations possibles, afin d’éviter les accidents », explique Hadi Zablit, du BCG. L’outil numérique permet de parcourir à moindre coût les milliards de kilomètres nécessaires pour éprouver le système.

Un sacré défi : « Pour que la simulation soit valable, il faut savoir reproduire les conditions réelles. Cela passe, par exemple, par la capacité à reproduire ce qu’enregistrent les capteurs, et les perturbations qu’ils peuvent subir en chemin », témoigne Vincent Abadie, expert du véhicule autonome chez PSA. Sans compter que l’infrastructure doit être adaptée pour permettre aux voitures de communiquer entre elles et avec leur environnement dans la ville de demain. Le tout combiné à des évolutions légales indispensables. À l’avenir, la réglementation devra en effet intégrer le fait qu’un robot puisse évoluer sur les routes, sans contrôle humain.

Révolutions multiples

Qui dit voiture autonome dit révolutions à tous les étages. Pour de nombreux acteurs de l’automobile, l’avènement du véhicule autonome pourrait avoir des conséquences radicales. En bout de chaîne, les assureurs devront repenser leur offre. Avec une question centrale : qui, du propriétaire et de la voiture autonome, est responsable en cas d’accident ?

Quant aux constructeurs, ils risquent de voir leur produit évoluer fortement. « Aujourd’hui, ils s’adressent à des particuliers. Demain, leurs clients pourraient être des villes ou des entreprises. Cette évolution va fortement atteindre les constructeurs d’un point de vue produit. Dans les robots-taxis par exemple, les intérieurs ressembleront plus à celui d’un bus qu’à ceux d’une voiture traditionnelle », prévient Hadi Zablit. L’arrivée des véhicules autonomes devrait en revanche avoir un impact limité en termes de ventes, rassure le spécialiste. « Même si toutes les villes basculent brusquement vers les robots-taxis, les volumes de production baisseront pendant trois ans, avant de remonter ensuite, car ces véhicules seront utilisés de manière beaucoup plus intense », défend le responsable au BCG. Si l’avenir de l’automobile est à la fin de la voiture personnelle, il ne signe pas celle des constructeurs. 

La technique clé des réseaux de neurones

Au cœur de la révolution de la voiture autonome se trouvent les réseaux de neurones artificiels. Grâce à cette technologie (pas si nouvelle) d’intelligence artificielle, le robot que sera le véhicule de demain apprendra par lui-même à agir et à réagir face à toutes les situations auxquelles il sera confronté en situation réelle de conduite. De quoi permettre l’arrivée de véhicules 100 % autonomes capables de circuler sans aucune intervention humaine. Reste toutefois à lever une grande inconnue : personne ne sait vraiment pour l’heure comment « raisonnent » ces réseaux de neurones.

 

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Usine Nouvelle N°3526-3527

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