Les aides à l'auto, seulement 1,39% des montants des plans de relance (Deloitte)

50 milliards de dollars. C'est la somme destinée à la relance du secteur automobile dans les 18 pays étudiés par le cabinet Deloitte (France, Etats-Unis, Chine, Europe de l'Est...). « Un faible pourcentage des plans de relance », selon lui.

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Pour le cabinet, les sommes injectées dans ces plans atteignent, dans les 18 pays étudiés, 3,6 trillions de dollars. En France, sur un plan de relance de l'économie de 48 milliards de dollars, seul 1,32 milliard est destiné au secteur automobile. Le cabinet préconise que les gouvernements fassent davantage pour maintenir un taux de confiance des consommateurs et ne se contentent pas de mesures à court terme.

Et il y a du travail. Selon le Conference Board, une organisation à but non lucratif qui surveille la confiance des consommateurs depuis 1967, son indice de confiance des consommateurs est tombé de 37,4 en janvier à 25 en février, le chiffre le plus bas jamais atteint.

Les sommes allouées au secteur automobile sont attribuées aux consommateurs par l'intermédiaire des constructeurs automobiles. « Pour l'heure, ces sommes sont des effets d'aubaines pour stimuler les ventes actuelles. Mais les plans de relance ne prévoient pas de mesures de long terme, plus structurelles », précise Bertrand Delain, associé conseil responsable du secteur Manufacturing en France.

Prime à la casse et après ?
L'aide financière, en faveur des constructeurs automobiles, ne paraît pas suffisante pour encourager le secteur à sortir définitivement du gouffre. « Ce dont le secteur automobile a besoin, c'est que les clients reviennent acheter », explique Hans Roehm, manager du groupe sur l'industrie manufacturière chez Deloitte.

Et de réclamer des mesures incitatives à destination des consommateurs. « Ces dispositifs de relance doivent s'accompagner de mesures permettant un renforcement de la confiance des consommateurs et une plus grande disponibilité des crédits finançant leurs achats sur le long terme », explique Dominique Evrard, responsable de l'activité Corporate finance et secteur automobile de Deloitte en France.

Le rapport montre d'ailleurs la performance des systèmes de la prime à la casse, qui pourrait être adoptée sur davantage de marchés, selon Bertrand Delain.

En France, la prime à la casse de 1 000 euros versée à tout acheteur d'un véhicule neuf et propre contre la destruction d'un ancien véhicule de plus de dix ans a permis au marché automobile de progresser de 30% entre février et mars, contre des mois de chute en 2008. Le gouvernement britannique a annoncé mardi 14 avril réfléchir à instaurer un système comparable pour « soutenir le marché automobile ». Le 8 avril, le gouvernement allemand a étendu la prime à la casse. Tout le monde s'y met.

Reste une incertitude : la sortie de la prime à la casse et ses répercutions sur le marché, au 31 décembre 2009 en France par exemple. « Il y a deux hypothèses : soit il y aura une reprise économique et le marché auto s'en sortira avec une anticipation sur les ventes, soit il n'y aura pas de reprise et faute de mesures convenables nous n'aurons que décaler les difficultés de quelques mois pour ce secteur », explique Bertrand Delain.

Incitation pour les entreprises aussi
Une prime qui bénéficie « aux plus petits véhicules et aux carburants alternatifs », selon le rapport. Le prix d'achat des petits modèles étant plus bas que celui des grosses berlines, la réduction de 1 000 euros a proportionnellement un plus grand intérêt. En outre, la prime encourage à l'achat de véhicule émettant moins de 160g/km de CO2. « Sur des marchés comme l'Australie et la Chine, l'aide est indispensable au maintien des investissements dans la recherche de carburants alternatifs plus respectueux de l'environnement », précise l'étude.

Les mesures complémentaires au plan de relance inciteraient les entreprises à avoir un impact dans la relance du secteur automobile, selon l'étude. « La firme britannique de Deloitte s'est lancée dans un système permettant à l'ensemble de ses 12 000 employés dans le pays de profiter de véhicules à un prix abordable et respectueux de l'environnement », précise Bertrand Delain.

Barbara Leblanc
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