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L'Usine Agro

"Les agriculteurs font évoluer leurs pratiques de gestion des risques par apprentissage", selon Sylvie Lupton

Franck Stassi , ,

Publié le

Entretien Titulaire de la Chaire sur le management des risques en agriculture, un partenariat entre l’école d’ingénieurs UniLaSalle et Groupama Paris-Val de Loire, premier assureur en agriculture, Sylvie Lupton lancera en février 2018 à Paris un colloque dédié à cette question. En matière de gestion des risques, elle préconise de faire confiance aux agriculteurs.

Les agriculteurs font évoluer leurs pratiques de gestion des risques par apprentissage, selon Sylvie Lupton © Franck Stassi

L’Usine Nouvelle - Ces dernières années, comment a évolué la notion de risque agricole ?

Sylvie Lupton -  Les risques sont évolutifs, avec des paradigmes nouveaux. La fréquence des aléas climatiques imprévus augmente – en 2007 et en 2016, la sécheresse a entrainé de fortes pertes de rendements dans les grandes cultures. Face à cette accélération, les stratégies sont multiples (la diversification des cultures avec des plants plus robustes, la diversification des activités, avoir un conjoint qui travaille à l’extérieur de l’exploitation…). L’assurance n’en n’est qu’une composante. Nous sommes en train d’évaluer la perception des agriculteurs par rapport aux risques : quelle importance apportent-ils ? Nous nous sommes focalisés sur l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et le Val de Loire. Les résultats seront présentés lors de notre conférence.

De quelle manière les agriculteurs s’adaptent-ils ?

Leurs pratiques évoluent par apprentissage. Par exemple, un agriculteur avait assuré une de ses deux exploitations, dans deux régions différentes. Suite à la mauvaise récolte de l’an dernier, il s’est intégralement assuré. Un autre agriculteur s’était lancé dans la culture du lin, mais s’est ensuite rendu compte que cela demande des connaissances, des investissements et du temps. La première information dont un agriculteur a besoin, c’est le terrain. Sur 339 agriculteurs interrogés en 2015, 22% cumulent des pratiques de diversification : ils vont faire de l’agrotourisme, de la production d’huiles et de plantes aromatiques… Il faut les encourager lorsque cela marche. On a aussi étudié la gestion de la volatilité des prix du blé tendre : seulement 29% des agriculteurs sondés déclaraient connaître précisément leurs coûts de production. Donc, plus de 70% ne les connaissaient pas ! Une bonne partie des agriculteurs font appel aux prix moyens, au stockage… qui sont d’autres recours.

Pourquoi les agriculteurs ne s’assurent-ils pas davantage ?

Les agriculteurs peuvent imaginer qu’il s’agit d’une perte sèche plutôt qu’une prévention. Malgré les aides de l’Etat, ils considèrent cela plus comme un coût que comme une opportunité. Ils ne voient pas l’assurance comme un instrument qui les aidera en cas de coup dur. En 2016, certains ont souscrit après coup. Faut-il rendre pour autant l’assurance obligatoire ? On doit donner le choix aux agriculteurs. Je défends l’idée que les agriculteurs ont une sagesse qui leur est propre. Les agriculteurs partagent aussi souvent leurs connaissances au sein de réseaux, pour mieux gérer leurs risques et se rassurer sur leurs pratiques en tant qu’entrepreneurs indépendants.

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