Les actions reculent, la tension USA-Chine nourrit le doute

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PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse lundi face à la résurgence des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, qui s'ajoute aux incertitudes sur la levée des mesures de confinement dans plusieurs pays et à des indicateurs économiques confirmant la chute de l'activité ces dernières semaines.

Les actions reculent, la tension USA-Chine nourrit le doute
Les Bourses européennes ont terminé en baisse lundi. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 4,24%, sa plus forte baisse en pourcentage sur une séance depuis le 1er avril, et à Francfort, le Dax a reculé de 3,64%. A Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,16%. /Photo d'archives/REUTERS/Regis Duvignau
© Regis Duvignau

Les entreprises citées

A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 4,24% (193,95 points), sa plus forte baisse en pourcentage sur une séance depuis le 1er avril, à 4.378,23 points et à Francfort, le Dax a reculé de 3,64%. L'indice EuroStoxx 50 a cédé 3,81%, le FTSEurofirst 300 2,45% et le Stoxx 600 2,65%.

A Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,16%. Le marché britannique était ouvert vendredi contrairement à la plupart de ceux d'Europe continentale et il avait déjà perdu 2,34%.

Trois jours après les menaces de Donald Trump de sanctionner la Chine pour son rôle dans la pandémie de coronavirus, Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat américain a affirmé dimanche que Washington disposait de multiples preuves que le SARS-CoV-2 provenait d'un laboratoire chinois. A Pékin, la presse proche du pouvoir a accusé l'administration Trump de mener "une guerre de propagande".

Ce regain de tension entre les deux premières puissances économiques mondiales alimente les doutes sur la réalité et la solidité du rebond économique anticipé au troisième trimestre, qui a favorisé la hausse des actions en avril.

"Les tarifs douaniers, qui ont été un motif de préoccupation important pour le marché pendant la majeure partie de l'an dernier, font une fois de plus les gros titres (...) mais la baisse actuelle n'est pas tout à fait une surprise au vu de la vigueur du rebond qui a permis aux marchés de gagner plus de 25% en un peu plus d'un mois", commente Rupert Thompson, directeur des investissements de Kingswood.

"Le rebond était l'un des plus forts qui aient jamais suivi un marché baissier, ce qui semblait exagéré."

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé: le Dow Jones perdait 0,91% et le Standard & Poor's 500 0,44%, pénalisés par les craintes sur le commerce USA-Chine et la chute des compagnies aériennes après la sortie du secteur de Berkshire Hathaway, le conglomérat dirigé par Warren Buffett, mais le Nasdaq Composite progressait de 0,37%.

VALEURS

Le secteur européen du pétrole et du gaz affiche la plus forte baisse sectorielle du jour avec un repli de 5,01%. A Paris, TechnipFMC a perdu 9,92% et Total 7,18%.

Les valeurs de l'aéronautique, exposées au marché chinois, ont elles aussi souffert: Airbus a abandonné 4,98% et Safran 7,39%.

La plus forte baisse du Stoxx 600 est pour le sidérurgiste allemand ThyssenKrupp, dont le cours a fondu de 14,31% après la lettre de la direction aux salariés soulignant le risque de nouvelles tensions sur les finances du groupe, déjà en difficulté avant la crise du coronavirus.

Parmi les rares hausses notables du jour, Telefonica a gagné 2,85% après avoir confirmé la tenue de discussions en vue d'un rapprochement entre sa filiale britannique O2 et Virgin Media.

LES INDICATEURS DU JOUR

En Europe, les résultats définitifs des enquêtes mensuelles d'IHS Markit auprès des directeurs d'achats du secteur industriel confirment la chute brutale de l'activité en avril: l'indice PMI manufacturier définitif ressort à 33,4 contre 43,2 en mars.

Aux Etats-Unis, les commandes à l'industrie ont baissé de 10,3% en mars alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une baisse de 9,7%.

CHANGES

Le repli sur les valeurs refuges les plus liquides profite au dollar, qui s'apprécie de 0,43% face à un panier de devise de référence.

L'euro se replie ainsi autour de 1,0915 dollar.

Quant au yuan chinois, il est tombé à son plus bas niveau depuis six semaines face au billet vert à 7,1555.

TAUX

L'aversion au risque profite à peine aux emprunts d'Etat: celui des Treasuries américains à dix ans est pratiquement inchangé à 0,6336% et celui du Bund allemand de même échéance a fini la séance sur ses niveaux de vendredi à -0,559%.

Les marchés obligataires restent prudents avant la décision, attendue mardi, de la Cour constitutionnelle allemande sur un recours juridique contre les achats de titres de la Banque centrale européenne (BCE).

PÉTROLE

La baisse continue de l'emporter sur le marché pétrolier, qui s'est montré incapable de confirmer le retour en territoire positif observé peu après l'ouverture des places américaines,

Le Brent perd 0,23% à 26,38 dollars le baril après un pic à 27,2 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,15% à 19,75 dollars après être monté à 20,55.

(Marc Angrand)

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