Les actions rattrapées par les doutes sur le commerce USA-Chine

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PARIS (Reuters) - Londres exceptée, les principales Bourses européennes ont fini dans le rouge lundi, les doutes sur l'issue des négociations commerciales en cours entre les Etats-Unis et la Chine ayant fini par reprendre le dessus.

Les actions rattrapées par les doutes sur le commerce USA-Chine
Londres exceptée, les principales Bourses européennes ont fini dans le rouge lundi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,16% (9,48 points) à 5.929,79 points et à Francfort, le Dax a reculé de 0,26% tandis qu'à Londres, le FTSE 100 gagnait 0,07%. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach
© KAI PFAFFENBACH

Les entreprises citées

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,16% (9,48 points) à 5.929,79 points et à Francfort, le Dax a reculé de 0,26% tandis qu'à Londres, le FTSE 100 gagnait 0,07%.

L'indice EuroStoxx 50 a cédé 0,18% et le FTSEurofirst 300 0,16% alors que le Stoxx 600 clôturait quasiment inchangé.

La tendance était plus favorable en matinée après les informations de l'agence officielle chinoise Chine nouvelle sur les discussions "constructives" du week-end entre Pékin et Washington mais l'optimisme des investisseurs a été douché par la chaîne de télévision américaine CNBC, qui évoque un climat "pessimiste" côté chinois en raison de la réticence de Donald Trump à revenir sur des barrières douanières déjà mises en place.

Pour nombre d'observateurs, l'évolution des indices ce lundi illustre surtout l'hypersensibilité des marchés au thème du commerce.

"La nouvelle a affecté les actions dans toute l'Europe mais il ne s'agit que d'un revers mineur dans le processus", estime ainsi David Madden, analyste de CMC Markets. "Il est probable qu'il s'agisse d'une manoeuvre chinoise mais pour l'instant, les traders ont tendance à adopter une approche d'aversion au risque."

Les marchés n'ont trouvé qu'une petite consolation dans la décision de l'administration Trump de prolonger de 90 jours l'autorisation donnée aux entreprises américaines de faire des affaires avec le groupe chinois Huawei, considéré comme par Washington comme une menace potentielle pour la sécurité nationale.

En Europe, les interrogations portent en outre sur la décision toujours en suspens de Washington quant à une éventuelle taxation des voitures importées sur le marché américain.

La Chine a par ailleurs annoncé une nouvelle mesure de soutien au crédit et à l'économie en réduisant de cinq points de base, à 2,50%, le taux d'intérêt de ses opérations de prise en pension inversées ("reverse repo"), l'un de ses principaux taux à court terme.

VALEURS

Le retour des doutes sur le commerce a logiquement pénalisé les secteurs les plus sensibles aux risques de montée des barrières commerciales, comme l'énergie (-0,84%), les matières premières (-0,57%) et surtout l'automobile (-2,11%, sa pire séance depuis début octobre).

Ce dernier compartiment a aussi souffert de la chute de 4,1% de Volkswagen, qui a revu à la baisse ses prévisions de résultats à moyen terme.

A Paris, PSA (-3,28%) a été pénalisé par l'abaissement de la recommandation de Deutsche Bank à "conserver".

A la hausse, les secteurs défensifs de l'immobilier, des services aux collectivités ("utilities") et de la santé ont gagné respectivement 1,47%, 1,09% et 0,72%.

La plus forte progression du Stoxx 600 est pour BME, l'opérateur de la Bourse de Madrid, dont le cours s'est envolé de 38,03% après l'annonce d'une offre d'achat du SIX Group, qui prend ainsi de court Euronext (+0,90%).

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé mais dans des marges étroites: le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 étaient pratiquement inchangés après de nouveaux plus hauts historiques tandis que le Nasdaq Composite perdait 0,11%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Seul indicateur conjoncturel important du jour, l'indice NAHB du marché américain de l'immobilier résidentiel a légèrement reculé en novembre à 70 après 71 le mois dernier.

CHANGES

Les interrogations sur les conclusions des pourparlers entre Washington et Pékin profitent au yen, porté par son statut de valeur refuge.

La monnaie unique européenne a touché parallèlement un plus haut de dix jours face au dollar à 1,1090, signe que les cambistes continuent de tabler sur un compromis au moins partiel entre les Etats-Unis et la Chine, qui soutiendrait la croissance mondiale.

La livre sterling, elle, bénéficie de la publication de sondages donnant une large avance au Parti conservateur dans les intentions de vote pour les élections législatives du 12 décembre.

TAUX

En hausse en matinée en Europe, les rendements des emprunts d'Etat de référence sont repartis à la baisse après les informations de CNBC sur le commerce USA-Chine: en fin de séance, celui du Bund allemand à dix ans cédait près d'un point de base à -0,334% après un pic à -0,314%.

Sur le marché américain, le rendement à dix ans perd plus de deux points à 1,8066%.

PÉTROLE

Le baril efface une partie de ses gains de la semaine dernière, les doutes sur le commerce favorisant les prises de bénéfice sur un marché de plus en plus prudent à l'approche de la réunion de l'Opep, début décembre à Vienne.

Le Brent abandonne 1,86% à 62,12 dollars après cédé jusqu'à 1% et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 1,75% à 56,71 dollars.

(Marc Angrand, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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