Les accastilleurs, équipementiers indispensables de la plaisance

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Au Nautic, le salon de plaisance qui se déroule jusqu’au 13 décembre à Paris, les fabricants et distributeurs d’accastillage occupent un hall presque entier. Mâts, poulies, électronique… une part importante du coût d’un bateau de plaisance vient de l’accastillage. Entreprises presque centenaires ou start-up, la filière innove.

Les entreprises citées

Sur un bateau de plaisance, sur un voilier surtout, l’accastillage est aussi important que la coque. Mât, câbles pour le tenir, filins en tout genre pour hisser les voiles, amarrer le bateau au port, ancre, chaîne, winches pour démultiplier la force humaine, poulies, électronique de bord… la liste est longue, très longue.

Le tout pèse pour une part importante du prix total d’un voilier, surtout si l’on prend en compte le prix du bateau livré et non pas le prix catalogue. La différence, par le biais des options, monte facilement à 20 % et parfois jusqu’à 40 %, avec une part importante pour l’accastillage.

Une fois propriétaire, le plaisancier continue d’acquérir des équipements. Des produits de sécurité à durée de vie limitée ou des pièces qui s’usent, bien sûr, mais aussi des éléments pour améliorer le bateau. Il suffit d’arpenter les allées du hall 2.1 du salon nautique de Paris, Porte de Versailles, pour s’en convaincre.

Au total, les équipements représentent 8,6 % du chiffre d’affaires total de la filière nautique, une part du même ordre que les moteurs (7,9 %) et les services (9,5 %). Le chiffre d’affaires en France de l’ensemble des équipements s’élevait en 2013-2014 à 524 millions d’euros, contre 858 millions pour la construction de bateaux. Et pour le réseau de distribution, la vente des équipements par les shipchandlers - les boutiques spécialisées - compte pour 31 % du 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires que représente l’ensemble du négoce et de la maintenance, presque à égalité avec la vente de bateaux (32 %).

Filière française

Les chantiers, quelle que soit leur taille, achètent l’ensemble de l’équipement à des entreprises spécialisées. La filière française compte de nombreuses entreprises, parfois très spécialisées sur des domaines de haute technologies, comme le fabricant de mâts en carbone Lorima. Installée dans l’ancienne base de sous-marins de Keroman, à Lorient (Morbihan), l’entreprise emploie une quarantaine de personnes qui fabriquent des mâts destinés aux bateaux de course et aux grands voiliers de croisière. Ce qui lui permet de réaliser environ 60 % se son chiffre d’affaires à l’export.

Dans l’électronique, NKE, installé à Hennebont (Morbihan), s’est spécialisé dans les appareils de mesure du vent et dans les pilotes automatiques. Cette PME, qui emploie 80 personnes dont une trentaine d’ingénieurs pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 12 millions d’euros, connaît une croissance régulière comprise entre 5 % et 10 % par an depuis trois ans.

Un produit innovant a largement participé à ces bons résultats. Le NKE Multigraphic est un écran qui centralise toutes les informations envoyées par les différents outils électroniques du bord (vitesse du bateau, direction et force du vent et autres données calculées par l’ordinateur de bord). Cet écran unique, très lisible y compris au soleil, remplace plusieurs écrans et offre une interface très simple d’emploi.

Depuis 1919 à Thiers

Connu de tous les plaisanciers, Plastimo fabrique des compas, gilets de sauvetage, radeaux de survie, équipements de pont, de mouillage et de confort à bord, dont des vêtements. Il est difficile de trouver un bateau qui n’a pas à son bord au moins un produit siglé Plastimo.

L’entreprise, née en 1974, avait pourtant connu de grosses difficultés qui ont conduit à une procédure de redressement judiciaire et à une reprise réussie en 2012 par le groupe Alliance Marine. Une trentaine de réembauches ont eu lieu depuis, grâce à une progression du chiffre d’affaires. Depuis un an, l’entreprise s’est installée dans de nouveaux locaux à Keroman et vient de moderniser son image.

Wichard est également présent sur la plupart des bateaux, avec sa gamme de manilles, mousquetons et poulies. Née en 1919 à Thiers (Puy-de-Dôme), l’entreprise a conservé une part d’activité dans la forge de précision et est un sous-traitant pour l’aéronautique, le médical, l’automobile et la coutellerie. Le nautisme ne représente que la moitié du chiffre d’affaires, pour 60 % réalisé à l’export. Elle fournit également les secteurs du levage, de l’événementiel et du spectacle. Le Cirque du Soleil est l’un de ses clients. Au sein du groupe Wichard, on trouve également les fabricants d’enrouleurs de voile Profurl et Facnor ainsi que le plasturgiste Maillard de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), qui réalise la partie en injection plastique, concrétisant la volonté d’intégration verticale du groupe.

Hydrogénérateurs pour la plaisance

Des start-up continuent de voir le jour. Splashelec a développé un système électronique pour permettre à des handicapés de régler et diriger un voilier à l’aide de joysticks interfacés avec la barre et les winchs électriques, qui permettent de régler les voiles. Save Marine, de Grenoble (Isère), enfin, innove dans le domaine des hydrogénérateurs.

En disposant différemment les aimants et les bobines, son hydrogénérateur H240 caréné produit de l’électricité à basse vitesse, dès 2 nœuds. A 5 nœuds, il produit 120 Watts en 12 volts et 600 Watts à 10 nœuds, la vitesse maximum.

"Notre produit n’est pas conçu pour la course, mais pour la majorité des plaisanciers" ,explique Camille Zanus, de la direction commerciale. Save Marine compte vendre son système pour d’autres applications que la navigation. "Nous avons testé l’hydrogénérateur pendant deux mois dans un cours d’eau de la Vanoise, pour compléter l’alimentation électrique d’un refuge. Cela leur a apporté deux heures d’éclairage supplémentaire et la possibilité de recharger les téléphones des randonneurs."

Patrice Desmedt

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