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Les 7 recettes gagnantes de Patrice Caine pour booster Thales

Hassan Meddah , , ,

Publié le

Croissance du chiffre d'affaires sur tous ses métiers, amélioration de la rentabilité, trésorerie au plus haut... 2016 s'est révélée comme une année exceptionnelle en termes de résultats financiers pour Thales. L'Usine Nouvelle décrypte les 7 recettes du groupe pour viser une croissance rentable et durable.

Les 7 recettes gagnantes de Patrice Caine pour booster Thales
Patrice Caine, PDG de Thales
© Luc Ferron

En 2016, le groupe d'électronique Thales affiche des résultats solides avec un chiffre d'affaires annuel en croissance de 6,8% à 14,9 milliards d'euros. Surtout, Thales montre qu'il inscrit sa stratégie de croissance profitable dans la durée: pour la quatrième année consécutive, ses prises de commandes sont supérieures à son chiffre d'affaires.

"Cela nous permet de disposer d'un carnet de commandes correspondant à plus de deux années d'activités. Cela nous donne une bonne visibilité en terme d'écoulement de notre chiffre d'affaires pour les années à venir", s'enthousiasme Patrice Caine, PDG du groupe Thales à l'occasion de la présentation de ses résultats annuels. Dans ce contexte, la trésorerie enregistre un bond de 20% pour dépasser 2,3 milliards d'euros. L'Usine Nouvelle a décrypté les 7 recettes du groupe pour atteindre cette croissance rentable.

1/ Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier

Thales affiche une progression de son chiffre d'affaires dans tous ses secteurs d'activités. Ses ventes ont cru dans les activités de Transports (+5,5%), de l'aérospatial (+7,9%) et de la Défense et la sécurité (+4,3%). En particulier, le groupe a bien fait de conserver son activité de signalisation ferroviaire qu'il a redressée. L'EBIT négatif en 2015, est repassé dans le vert à +11 millions d'euros. "L'urbanisation croissante dans les pays émergents conduit les nouvelles villes à s'équiper en moyens de transport en commun. Dans les pays dits matures, comme en Europe ou aux USA, il y a besoin de mettre à niveau les systèmes de signalisation", explique Patrice Caine, PDG du groupe.

Et le ciel semble bien dégagé. Thales évolue sur des marchés porteurs: l'aviation civile (+4% sur 2016-2035), la construction de satellites (+2% sur 2016-2025), la signalisation ferroviaire (+3% sur 2014-2020), les équipements militaires (+2 sur 2016-2019).

2/ Miser sur les pays émergents

En 2016, les pays émergents représentent 30% de l'activité globale du groupe contre 22% en 2012. Dans ces pays comme au Moyen-Orient et en Asie, Thales enregistre une croissance à deux chiffres +14% en 2016, +16% en 2015 et +12% en 2014. Des chiffres à comparer à la croissance globale du groupe à 7%. Et l'industriel peut compter dans ce domaine sur une clientèle diversifiée : les 10 premiers pays représentent 67% des ventes dans les pays émergents. En Asie, Thales est actif dans 28 pays dont 9 génèrent un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions d'euros.

3/ Ne pas négliger les petits contrats

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Thales ne mise pas uniquement sur les contrats «jumbo» comme les ventes de Rafale pour étoffer son carnet de commandes. Les contrats de moins de 10 millions d'euros représentent près 7,2 milliards d'euros, soit de 45% des prises de commandes en 2016. C'est largement plus que la part des contrats de 100 millions, totalisant des commandes pour 4,7 milliards d'euros.

4/ Investir dans l'innovation

Drone sous-marins de surveillance, ballon dirigeable multimission et reconfigurable, satellite à très haut débit, train connecté et autonome ... Le groupe veut mettre des «dream products» sur le marché pour se différencier de la concurrence. Son budget Innovation et R&D atteint 730 millions d'euros en 2016, soit 4,9% de son chiffre d'affaires. Un chiffre en augmentation de 25% en 4 ans.

5/ Basculer dans la révolution digitale

Thales, un groupe digital sans le savoir ? Le groupe compte près de 80% de ses effectifs en R&D et ingénierie dans le secteur numérique, que ce soit ses 7500 ingénieurs logiciels ou ses 10.000 ingénieurs systèmes. L'industriel investit dans 4 secteurs clés: le big data, l'internet des objets, l'intelligence artificielle et la cybersécurité.

6/ Cibler les bonnes acquisitions

Renault Trucks Defense, la filiale française de véhicules blindés à vendre du groupe Volvo? "Ce n'est pas quelque chose que nous regardons", concède Patrice Caine. Par contre, son groupe n'a pas hésité à multiplier les emplettes dans les domaines porteurs du numérique. Pour se renforcer dans la cybersécurité, il a fait main basse sur Vormetric, un spécialiste américain de la protection des données par logiciel et les activités de cybersécurité d'Alcatel Lucent.

Il s'est renforcé dans le domaine des cockpits connectés avec l'acquisition de Aviovision et dans le domaine des liaisons optiques par satellites avec le rachat de la division optoélectronique du suisse Ruag. En 2015, le groupe avait repris Live TV pour renforcer ses compétences dans le domaine de la connectivité à bord des avions.

7/ Serrer les boulons

Entre 2012 et 2016, le groupe a chiffré à 100 millions d'euros les économies réalisées en matière de frais généraux. Convergences des logiciels ERP, rationalisation des implantations industrielles, mutualisation et des process pour faciliter les économies d'échelles... le groupe a lancé 230 initiatives de réduction des dépenses lancées en 2017 et 2018. Il travaille à l'optimisation de ses 7 milliards d'euros d'achats externes par an en privilégiant des fournisseurs mondiaux, et en impliquant les services achats dès la phase de conception des produits.

 

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