L'Usine Energie

Les 50% les plus pauvres de la planète responsables de seulement 10% des émissions de CO2

Astrid Gouzik , , ,

Publié le

Trois jours après le début de la COP21 à Paris, Oxfam publie un rapport intitulé "Inégalités extrêmes et émissions de CO2". L'ONG expose l’ampleur des inégalités mondiales à partir d’estimations des émissions de CO2 liées aux modes de consommation des habitants riches et des plus pauvres dans différents pays, et en les comparant.

 

L’empreinte carbone moyenne d’une personne faisant partie des 1 % les plus riches serait  175 fois plus élevée que celle d’une personne faisant partie des 10 % les plus pauvres. C'est le constat alarmant que fait Oxfam dans le rapport publié ce mardi 2 décembre.
En plus clair, 10 % des plus riches de la planète sont responsables d’environ la moitié des émissions de CO2 mondiales. Quant à la moitié de la population la pauvre, elle n'est à l'origine que de 10% de ces émissions alors même que ces 3,5 milliards de personnes sont les plus menacées par l’intensification des catastrophes naturelles liées au changement climatique.

"Le changement climatique et les inégalités économiques sont intimement liés et constituent l’un des plus grands défis du 21e siècle. Le sommet de Paris doit amorcer une transition énergétique plus humaine pour toutes et tous : pas uniquement pour les 'nantis', les grands et riches émetteurs, mais aussi pour les personnes les plus pauvres, qui sont les moins responsables du changement climatique et cependant les plus vulnérables", a commenté Tim Gore, responsable des politiques climat à Oxfam France.

Les industriels pointés du doigt

L'ONG consacre une partie de son rapport aux géants de l'industrie fossiles et à ses profits gigantesques. "Entre la conférence sur le climat de Copenhague et celle de Paris, le nombre de milliardaires figurant sur la liste Forbes ayant des intérêts dans les énergies fossiles est passé de 54 en 2010 à 88 en 2015. Durant ces cinq années, la taille de leurs fortunes personnelles cumulées a augmenté d’environ 50 %, de 200 milliards de dollars à plus de 300 milliards de dollars", remarque Oxfam.

"Le secteur des énergies fossiles a beaucoup à perdre d’une réglementation ambitieuse sur le climat. Il n’est donc pas surprenant qu’il dépense chaque année des millions de dollars en lobbying afin d’influencer les actions gouvernementales et de les retarder : il achète des années supplémentaires pour polluer et protéger ses bénéfices".  Les industriels du secteur déclarent dépenser 44 millions d’euros chaque année pour leurs activités de lobbying auprès de l’Union européenne à Bruxelles, rappelle Oxfam.

Astrid Gouzik

 

 

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