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L'Usine Aéro

Les 5 chantiers prioritaires pour Dassault Aviation en 2017

Hassan Meddah ,

Publié le

Subissant la baisse du marché des avions d'affaires, l'avionneur va supprimer plusieurs centaines d'emplois. Pour rebondir, il mise sur une spécialisation accrue de ses usines, un meilleur contrôle de ses programmes, et d'autres contrats Rafale à l'export.

Les 5 chantiers prioritaires pour Dassault Aviation en 2017
Dassault espère d'autres contrats à l'export pour le Rafale en 2017
© Dassault Aviation - Alex Paringaux

Dassault Aviation doit faire face à des vents contraires. Le groupe a annoncé une réduction de ses effectifs de plusieurs centaines de personnes pour faire face à la baisse de production de ses avions d'affaires Falcon. " On est dans une logique de baisse d'effectifs. Ce n'est ni un plan social, ni des licenciements mais essentiellement des départs anticipés à la retraite", a précisé son PDG Eric Trappier, à l'occasion de la publication des résultats du groupe le mercredi 8 mars 2017. Le dirigeant a également démenti toute fermeture d'usine.

Si le groupe engrange les premiers bénéfices liés aux aux premières livraisons de ses Rafale à l'export, il est fortement pénalisé par la baisse du marché des jets d'affaires. L'industriel n'a livré que 49 appareils contre 55 l'année précédente. Au global, le chiffre d'affaires a reculé de 14% à 3,6 milliards d'euros, et le résultat opérationnel de 40% à 218 millions d'euros. Pour se relancer, le groupe a engagé un plan de transformation l'été dernier. Il a en face de lui cinq chantiers prioritaires.

1/ Améliorer sa compétitivité industrielle

Sur le marché de l'aviation d'affaires, le groupe est soumis a une forte pression concurrentielle. "Il est plus difficile de fabriquer des avions en France à un certain prix que de le faire aux Etats-Unis" précise Eric Trappier. Le dirigeant se dit pénalisé en terme de flexibilité du travail, de coût horaires, d'imposition...par rapport à ses concurrents nord américains. Pour répondre à ce défi de compétitivité, le groupe va renforcer la spécialisation de ces sites industriels et opérer des transferts d'activités entre usines. Ainsi, le site de Seclin (Nord) va s'imposer comme le site de fabrication des pièces primaires récupérant quelques activités réalisées à Argenteuil (Val d'Oise). Le dirigeant a démenti la fermeture du site francilien qui restera spécialisé dans la fabrication des tronçons avant des appareils civils et militaires.

La transformation touche également le bureaux d'études de Saint-Cloud fort de 3000 salariés. Dassault Aviation veut rapprocher ses ingénieurs et les équipes des services de maintenance au plus près des appareils. Ils sont incités à emménager vers le site de Bordeaux où sont assemblés les appareils. Le groupe va également concentrer toute son activité d'aménagement des business jet à Little Rock aux Etats-Unis. Dassault veut également gagner en productivité grâce aux nouveaux outils numériques. Il mise notamment sur le Big Data pour s' améliorer dans les domaines de la maintenance, de la fiabilité, des statistiques...

2/ Remettre le programme Falcon 5X sur les rails

L'avion d'affaires a pris un retard considérable. La faute au motoriste Safran qui n'arrive pas à livrer dans les temps un moteur conforme aux spécifications. Le moteur SilverCrest ne sera livré qu'en 2018 contre 2013, repoussant à 2020 les premières livraisons de l'appareil. Plus question de laisser déraper le programme. "L'année 2017 sera consacrée à s'assurer que le développement chez Safran se passe normalement. La première demande forte: faire fonctionner son moteur. La deuxième demande forte: tenir le nouveau calendrier", avertit Eric Trappier. L'avionneur vérifiera que les jalons techniques, les évaluations au banc d'essais, les premiers essais en vol du moteur complet sur l'avion de Safran se déroulent comme prévu.

L'addition risque d'être salée pour les deux industriels. Dassault Aviation a enregistré cette année 12 annulations de la part de clients du 5X compte tenu du retard et Safran devra verser des pénalités encore à évaluées, à l'avionneur.

L'avionneur a précisé qu'il travaillait sur un nouvel avion, sûrement un appareil avec un très long rayon d'action. Dans le marasme de l'aviation d'affaires, il n'a pas échappé à Dassault qu'un appareil s'était particulièrement bien vendu, le G50 de Guflstream dans la gamme des Ultra Long Range avec une portée de plus de 7000 nautiques contre 6500 nautiques au maximum dans la gamme des Falcon.

3/ Accélérer en Inde

Le groupe mise beaucoup sur sa société commune en Inde avec le grand industriel local Reliance. Son partenaire détient la JV à 51% mais le groupe français en assure le pilotage industriel. "Nous voulons traduire les obligations de contreparties de notre contrat Rafale en nous implantant durablement en Inde. Ce qui nous permettra d'être un acteur économique et de prétendre à obtenir d'autres contrats", précise Eric Trappier. L'avionneur tricolore n'exclut d'y ouvrir une second chaîne d'assemblage de Rafale ...en cas de nouveaux contrats.. Dassault Aviation s'est positionné sur l'appel d'offres portant sur 57 avions de combats capables de se poser sur le porte-avion indien de conception russe. "Le Rafale peut aller sur le porte avions indien tout en étant plus efficace qu'un Mig 29", souligne le patron de Dassault Aviation. Par ailleurs, le groupe espère que l'Indian Air Force ira au delà de sa commande initiale de 36 Rafale.

4/ Exporter encore le Rafale

Après l'Egypte, le Qatar et l'Inde, Dassault Aviation ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. Il n'a pas forcément le choix : les livraisons de Rafale pour les forces armées françaises sont réduites au stricte minimum dans les années à venir: 1 appareil en 2017, 3 en 2018 et aucun entre 2018 et 2020.

En Europe, il s'est rapproché des Belges et des Finlandais qui veulent s'équiper en avions de combat. Il a répondu également à l'appel à informations exprimé par le Canada qui trouve le F35 américain trop cher. La Malaisie a exprimé un intérêt pour le Rafale, pour une commande éventuelle de 18 appareils. Plus globalement, Dassault Aviation espère convertir les pays utilisateurs de ses Mirage 2000 en clients Rafale et notamment les Emirats Arabes Unis.

5/ Renforcer ses compétences dans les drones de combat

Le groupe est positionné sur plusieurs programmes pour préparer le futur. Dans le cadre du programme européen nEUROn de drone de combat furtif, Dassault Aviation participera à la campagne d'essais pour tester son comportement face à de nouveaux radars.

Dans le cadre d'une coopération franco-britannique, il travaille avec son homologue BAE Sysems. sur la définition d'un système de combat aérien futur. Les deux industriels doivent faire une proposition pour le développement d'un démonstrateur opérationnel d'ici la fin de l'année. Dans le domaine des drones de surveillance, Dassault Aviation collabore avec Airbus Defence & Space et Leonardo (ex FinMeccanica) pour réaliser une étude de définition de 2 ans en vue du développement d’un drone de moyenne altitude et de longue endurance.

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