Les 27 restent divisés sur les modalités des stress tests

par Julien Toyer

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BRUXELLES (Reuters) - Les modalités de réalisation et de publication des tests de résistance bancaires ont continué mardi de diviser les Etats de l'Union européenne, qui poursuivront les discussions sur ce sujet au cours des prochains jours.

Réunis à Bruxelles à l'occasion de la réunion mensuelle du conseil Ecofin, les ministres des Finances des Vingt-Sept ont fait état d'un accord de principe pour avoir la plus grande transparence possible lors de la publication des résultats des tests mais ils n'ont pas apporté de clarifications sur les critères exacts qui seront rendus publics.

"Dans la présentation des stress tests, ce qui a été retenu ce matin et répété par la Commission, par les ministres, par la Banque centrale, c'est vraiment la volonté de donner la plus grande transparence possible", a déclaré le ministre belge des Finances, Didier Reynders, au nom de la présidence semestrielle de l'Union européenne.

"C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons confirmé que les Etats se tenaient prêts à réagir avec des mesures nécessaires s'il fallait consolider la situation de l'une ou l'autre des institutions", a-t-il ajouté.

Près d'une semaine après la publication par le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS) de la liste de 91 banques soumises à ces tests de résistance ainsi que des grandes lignes des scénarios retenus, l'exercice reste donc confus.

Selon plusieurs sources européennes, plusieurs pays ont exprimé des réticences à publier certains ratios obtenus dans le cadre de ces tests.

PUBLICATION EN DEUX TEMPS

La France, dans une contribution aux travaux du Comité économique et financier (Cef), l'organe qui prépare les réunions du conseil Ecofin, a notamment posé ces derniers jours la question de révéler ou non l'exposition des établissements bancaires à la dette souveraine., a dit l'une de ces sources.

Elle a aussi souligné la difficulté d'harmoniser d'un établissement à l'autre le calcul du ratio Tier one des engagements d'une banque par rapport à ses fonds propres "durs".

Enfin, un ratio permettant de prendre en compte l'exposition des banques à un éventuel choc de liquidités fait également partie des réflexions et des discussions entre pays, a poursuivi cette source.

En ce qui concerne la publication, celle-ci se fera en deux temps, a expliqué Didier Reynders : le 23 juillet, les résultats consolidés des 91 groupes bancaires seront publiés puis, dans un délai de deux semaines, les établissements disposant de filiales dans d'autres pays détailleront les résultats déconsolidés.

Interrogé sur la manière dont il sera décidé si une banque réussira ou non les tests, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a de son côté précisé qu'il faudrait que les banques soient résistantes aux critères de manière individuelle mais aussi dans leur ensemble.

"Tout cela sera couvert par les stress tests", a-t-il dit.

Ces discussions autour des critères de publication sont particulièrement difficiles et sensibles car ils peuvent largement modifier le classement établi entre banques ayant besoin d'être recapitalisées et banques saines.

"Chacun voit midi à sa porte (...) Et chacun a sa définition de la transparence", résume un diplomate.

DISCUSSIONS TECHNIQUES

Didier Reynders a souligné que le Cef avait été chargé de poursuivre les discussions techniques afin de coordonner et d'organiser la publication des résultats.

"Il n'y a pas de problèmes sur le choix (des critères). C'est simplement un problème de coordination, de faire en sorte de publier au même moment tous les chiffres", a-t-il expliqué.

Lundi, à l'issue d'une réunion de l'Eurogroupe, la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, avait dit que plusieurs critères avaient été détaillés par les ministres.

"Il s'agit notamment de situations très stressées en matière de hausse des CDS (Credit Default Swaps) et de spreads", avait noté la ministre, tout en relevant elle aussi que les travaux et les discussions se poursuivraient jusqu'à la veille de la publication des résultats, prévue pour le 23 juillet.

"Nos travaux se poursuivront jusqu'au 22 juillet. Il y aura d'ailleurs une téléconférence (des ministres des Finances) ce jour-là et des conversations auront lieu jusqu'au dernier moment", a-t-elle indiqué.

Interrogée sur d'éventuelles recapitalisations bancaires, la ministre a dit que plusieurs pays en "avaient sous le pied", notamment la France, l'Espagne ou l'Allemagne, dont les plans de soutien au secteur, mis en place au plus fort de la crise fin 2008, sont toujours actifs ou peuvent être réactivés.

Julien Toyer, édité par Benoît Van Overstraeten

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