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L'Usine de l'Energie

Les 250 euros la tonne de CO2 en 2030 du rapport Quinet 2 ne sont pas un objectif pour la taxe carbone

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le , mis à jour le 19/02/2019 À 19H18

Pour atteindre ses objectifs climatiques, la France devrait valoriser 250 euros la tonne de CO2 en 2030 et 775 euros en 2050, préconise le rapport d’Alain Quinet publié par France Stratégie le 18 février. Mais qu'est-ce que ces montant signifient ?

Les 250 euros la tonne de CO2 en 2030 du rapport Quinet 2 ne sont pas un objectif pour la taxe carbone
Pour tenir ses engagements climatiques, la France devrait valoriser 250 euros la tonne de CO2 en 2030 et 775 euros en 2050, dit le nouveau rapport Quinet.
© Guy Goreck - Flickr c.c.

En pleine discussion sur la fiscalité carbone, le rapport sur "La valeur de l’action pour le climat" d’Alain Quinet était très attendu, voire craint. Il a été publié par France stratégie le 18 février. Il indique le prix à donner à la tonne de CO2 pour motiver les investissements dans des technologies alternatives aux énergies fossiles (gaz de synthèse, stockage massif de l’électricité, captage et stockage du CO2…) aujourd’hui non rentables et changer radicalement les comportements.

775 euros la tonne de CO2 évitée en 2050

Alain Quinet estime que pour atteindre la neutralité carbone en 2050, comme le vise la France, et tenir les enjeux climatiques de l’accord de Paris, il faut valoriser 250 euros la tonne de CO2 évitée en 2030, 500 €/tCO2 en 2040 et 775 €/tCO2 en 2050, ce dernier chiffre n’étant qu’une moyenne, l’auteur référant donner une fourchette entre 600 et 900 euros. Sachant qu'il l’évalue à 54 euros la valeur de la tonne de CO2 évitée aujourd'hui, et que dans un précédent rapport de 2008, il fixait cette "valeur d'action" à 100 euros en 2030 et 200 euros en 2050.

Ne pas confondre valeur d'action et taxe

Il ne s’agit pas d’une trajectoire pour la taxe carbone (ou contribution énergie climat), qui après avoir stagné à 7 euros en France jusqu’en 2014, valorisait la tonne de CO2 à 30,5 euros en 2017 et à 44,6 en 2018, jusqu’au moratoire pour calmer les gilets jaunes. Sans lui, elle devait atteindre 86 euros en 2022. Les quotas carbone européens valorisant eux actuellement la tonne de CO2 émise à 20 euros.

Un outil d’aide à l’investissement

"Une valeur à 250 €/tonne de CO2 en 2030 ne signifie pas qu’il faille instaurer une taxe carbone de 250 € à cet horizon", rappelle la synthèse du rapport d’Alain Quinet. En revanche elle signifie "que toute action permettant de réduire les émissions et ayant un coût inférieur à 250 €/tonne de CO2e fait sens pour la collectivité et doit donc être entreprise."

Trop cher ? Chercher encore

Cela signifie aussi qu’il faut "créditer la rentabilité d’un projet d’investissement public (de transports collectifs par exemple) de 250 € pour chaque tonne de CO2e qu’il permet d’éviter". Pour les actions dont le coût est supérieur à 250 € aujourd’hui, Alain Quinet recommande de continuer à innover plutôt que de les déployer prématurément, afin qu’elles deviennent rentables demain.

Donner un prix à la tonne de CO2 évitée

Cette valeur de l’action n’étant donné par aucun marché - "aucun marché ne donne la valeur de l’air pur par rapport à l’air pollué" rappelle Alain Quinet – l’auteur dit utiliser des modèles socioéconomiques simulant la chronique de technologies disponibles ou prévisibles à mettre en œuvre et d’investissements à réaliser pour atteindre la neutralité carbone.

Pour une combinaison acceptable de mesures

Pour mémoire, depuis 1990, les émissions françaises de gaz à effet de serre sont passées de 550 millions de tonnes de CO2 à 470 Mt mais devront se rapprocher de 300 Mt d’ici 2030 puis passer en dessous de 100 Mt en 2050. Cela ne pourra se faire avec des technologies rentables économiquement aujourd’hui, ni avec un seul type de mesure, que ce soit une taxe, une norme ou des subventions. Il faut construire une combinaison de mesures, avec un prix au carbone, des réglementations et des financements bien dimensionnés pour qu’ils soient "économiquement et socialement acceptable et conçue pour rendre possibles les investissements", prévient le rapport.

 

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