"Les 2,5 milliards d'euros de la taxe EBE peuvent être trouvés dans la dépense publique", affirme Frédéric Saint-Geours

Président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) depuis le 13 septembre dernier en remplacement de Pierre Gattaz, Frédéric Saint-Geours revient sur le retrait par Pierre Moscovici de la taxe sur l'excédent brut d'exploitation (EBE). Ravi de voir cesser cette "improvisation fiscale", celui qui est aussi à la tête de l'UIMM ne se satisfait pas de la surtaxe sur l'impôt sur les société annoncé pour compenser le manque à gagner pour l'Etat et attend des Assises de la fiscalité "la refonte du système fiscal français".

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L'Usine Nouvelle - Le gouvernement renonce à toute taxe sur l’EBE, c’est une bonne nouvelle ?

Frédéric Saint-Geours - Oui. Nous étions dans l'improvisation fiscale ! Et il n'y a pas pire pour les entreprises qui ont besoin d'un cadre réglementaire prévisible pour leur décision d'investissement. De plus, cette nouvelle assiette fiscale venait se rajouter à toutes celles existantes et pénalisait les entreprises qui investissent.

La surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, c'est un moindre mal ?

Les 2,5 milliards d'euros que représentaient la taxe EBE et qui sont recherchés par cette surtaxe représentent 2 millièmes de la dépense publique annuelle ! Je suis persuadé que nous pourrions les trouver en réalisant des économies sur le fonctionnement de la sphère publique sans dégrader le service rendu plutôt que de recourir à cette surtaxe supplémentaire.

Vous êtes pour la tenue Assises de la fiscalité que vient d’annoncer le président de la République ?

Oui, c'est la bonne méthode. Prendre le temps de réfléchir ensemble à la refonte du système fiscal français en se donnant comme objectif, au pire, de maintenir le niveau actuel de prélèvement et, au mieux, de le baisser.

Quelle sont vos idées ?

En ce qui concerne les entreprises, le mieux ce serait de partir de l’impôt sur les sociétés, même s'il faut sans doute le modifier pour en élargir la base. Mais l'Etat doit aussi prendre sa part de l'effort.

Certains députés de la majorité souhaitent en finir avec les aides aux entreprises. On parle de revoir le CIR, de moduler le CICE pour agir sur le pouvoir d'achat, cela vous met en colère ?

Il y a des mesures spécifiques à prendre pour les entreprises industrielles. Leur taux de marge est historiquement bas. A 21%, c'est le plus bas depuis 40 ans et le plus faible de tous les pays industrialisés. Nous avons clairement besoin d'un dispositif d'allègement du coût du travail qui ait un impact direct sur la masse salariale.

Pas un crédit d'impôt ?

Non. Les entreprises doivent pouvoir voir instantanément l'impact de la mesure sur leurs marges. Cela passera sans doute par un transfert des cotisations familiales, sans plafonnement (parce que les salaires dans l'industrie sont élevés) vers une autre assiette.

Vous discutez avec le gouvernement sur cette proposition ?

Pour l'instant nous travaillons sur le processus, la méthode...

Quand espérez-vous un geste concret du gouvernement ?

Nous aimerions avoir une idée précise de la mesure, un cadre clair, à la fin de l'année. Mais il y a les élections municipales et je ne peux présager ce qui se passera.

Propos recueillis par Thibaut de Jaegher

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