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L'Usine Aéro

Les 100 meilleurs équipementiers de l'aéronautique

Publié le

Enquête Le salon du Bourget est l'occasion de dresser un état des lieux de la filière aéronautique. En exclusivité, L'Usine Nouvelle vous présente la première édition du classement des 100 équipementiers mondiaux les plus performants. La leçon ? La taille est le critère déterminant.

Les 100 meilleurs équipementiers de l'aéronautique
Les équipementiers se positionnent désormais comme des partenaires de long terme avec les avionneurs.
© DR
« Le service, un puissant levier de croissance »

Entretien avec Stéphane Albernhe, Senior partner, Roland Berger


Quels sont les principaux enseignements du classement ?
D'abord, il y a le poids important des Américains. C'est une demi-surprise. La puissance de leur marché domestique de défense et, depuis le 11 septembre, celle donnée par le gouvernement au « Homeland security », a nourri la croissance des grands ténors, les L3-Communications, Raytheon, Northrop Grumman... Ils bénéficient d'énormes budgets. C'est extrêmement structurant. Ensuite, on voit l'émergence de groupes chinois, turcs ou indiens. Le turc Tusas est une véritable curiosité car il est encore peu connu. Enfin, autre tendance, celle de la prime à la taille. Les exemples de Spirit et de Triumph, qui sont devenus des « Super-Tier 1 » (des supers équipementiers de rang 1) sont là pour en attester.

Quels problèmes posent cette course à la taille ?
Les avionneurs deviennent un peu schizophrènes : d'un côté ils poussent à la concentration pour avoir en face des « Super-Tier 1 » capables de partager les risques financiers avec eux. Mais de l'autre, ils s'aperçoivent que ces acteurs deviennent incontournables dès qu'il y a une compétition. Dans les équipements, câblage ou train d'atterrissage, souvent l'avionneur n'a le choix qu'entre deux fournisseurs. Faut-il être un équipementier « Tier-1 » à tout prix ? Pas forcément, tout dépend de l'objectif poursuivi. On voit que des « Tier-2 », quand ils possèdent leur propre technologie sur des systèmes pointus, vivent très bien.

Le fait de développer les services est-il devenu incontournable ?
C'est un puissant levier de création de valeur. Avoir des activités de services permet notamment d'équilibrer son portefeuille d'activité. Mais le chemin est compliqué. Quand on livre un produit neuf, le risque est connu d'avance. Dans le service, il faut être capable de faire un prix en fonction d'engagements de disponibilités sur une longue durée.

Les entreprises citées

Les équipementiers vont-ils s'imposer comme les nouveaux patrons de l'aéronautique ? L'affirmer serait faire offense aux avionneurs. Mais ce que l'on peut pressentir, alors que s'ouvre le 49e Salon du Bourget, c'est que ces anciens sous-traitants sont devenus plus que jamais des acteurs de premier plan.

Alors que les cadences de fabrication sont reparties à toute vitesse, les PDG des fournisseurs de l'aéronautique ne voient aucun nuage à l'horizon. Jean-Paul Herteman, le PDG de Safran, parie même sur quatre à cinq années de croissance forte. Ces équipementiers se positionnent de plus en plus comme des partenaires de long terme vis-à-vis de leurs grands donneurs d'ordres que sont Boeing, Airbus, Bombardier, Embraer ou encore le chinois Comac.

Les dix acteurs les plus performants

1. L3 Communications États-Unis 353 2. UTC États-Unis 262
3. Northrop Grumman États-Unis 240
4. ITT États-Unis 222
5. Rolls-Royce Royaume-Uni 203
6. Finmeccanica Italie 201
7. Raytheon États-Unis 177
8. Safran France 174
9. Thales France 161
10. Honeywell États-Unis 155
* Indice Roland Berger

Pour mieux comprendre ces acteurs et leurs métiers, L'Usine Nouvelle et le cabinet de stratégie Roland Berger se sont alliés pour créer le premier palmarès des équipementiers mondiaux de l'aéronautique (Retrouvez l'intégralité du classement ici). Fondé sur la performance globale de ces entreprises (croissance des ventes, rentabilité des capitaux employés et résultat opérationnel, l'Ebit), notre classement révèle 100 entreprises de premier plan, capables d'assurer la conception et l'industrialisation de systèmes ou de sous-ensembles de plus en plus complets.

Comme l'explique Stéphane Albernhe, le "gourou" de l'aéronautique chez Roland Berger, "les avionneurs poussent les équipementiers à la concentration pour avoir en face d'eux des "Super-Tier 1", les supers équipementiers de rang 1, capables de partager les risques financiers".

Des équipementiers plus rentables que leurs clients

La première édition de notre palmarès confirme que la taille critique est un critère déterminant pour s'imposer parmi les 100 meilleurs mondiaux. Les dix premiers par exemple, où l'on retrouve six Américains, sont tous sans exception de très grands groupes. Un géant comme United Technologies Corp (UTC), classé au titre de ses filiales Pratt et Whitney et Hamilton Sundstrand, fait quasiment jeu égal en taille de chiffre d'affaires avec EADS et Boeing. Autrement dit, certains équipementiers sont presque aussi gros que leurs clients. La surprise, c'est qu'ils sont souvent plus rentables... Nous avons analysé les performance de certains d'entre eux que vous pouvez consulter ici.

Dans cette bataille, les Européens peinent à faire jeu égal. Malgré cela, Finmeccanica, qui se classe à la 6e place, Rolls-Royce, Safran ou encore Thales arrivent à jouer gagnant. "Et si un groupe comme Zodiac paraît classé si bas (25e), c'est parce que le plateau est très relevé", note Jérôme Rein, directeur de mission chez Roland Berger et pilote de l'étude. Parmi les grands équipementiers, on ne doit pas oublier les spécialistes des aérostructures, américains encore (!) : Spirit Aerosystems et Triumph-Vought. Ils doivent leur taille au fait que la consolidation est beaucoup plus avancée outre-Atlantique qu'en Europe.

Autre enseignement, l'avènement des équipementiers asiatiques, japonais, chinois, indiens. Ainsi, l'Indien Mahindra et Mahindra, à la 11e place, se positionne de plus en plus auprès des avionneurs. "Alors qu'il n'était pas présent sur ce marché il y a trois ou quatre ans", souligne Jérôme Rein. Le groupe chinois Avic pointe son nez au travers de la société X'ian Aero Engine, spécialisée dans les pièces pour moteurs.

Quant aux "heavies" japonaises, elles sont au complet avec Kawazaki, Fuji, Mitsubishi notamment. Ces conglomérats ne proviennent pas à l'origine de l'aéronautique mais, en s'appuyant principalement sur Boeing, ils ont réussi à faire partie du gratin mondial. "N'oublions pas qu'il y a une volonté du gouvernement japonais de faire émerger des champions nationaux via des programmes de subventions", souligne Stéphane Albernhe.

Et nos Français dans tout ça ? Ils ne vont pas si mal puisqu'ils ont réussi à placer sept champions dans notre classement, soit le deuxième contingent d'Européens après les Britanniques. La situation des entreprises hexagonales est toutefois très contrastée. Quoi de commun entre un Latécoère qui se remet difficilement de ses problèmes financiers, et un Zodiac qui poursuit son bonhomme de chemin. "C'est un très bel exemple d'une société française ayant réussi à bien équilibrer son activité entre l'Europe et les États-Unis", souligne Stéphane Albernhe.

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