Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

Leonardo del Vecchio demande un arbitrage international sur la crise de gouvernance d'EssilorLuxottica

, , , ,

Publié le , mis à jour le 28/03/2019 À 07H18

Le 27 mars, Leonardo del Vecchio a saisi la Chambre de commerce internationale (CCI) pour lui demander un arbitrage dans la crise de gouvernance qui affecte EssilorLuxottica. Le président exécutif du groupe récemment fusionné accuse son partenaire français de violations de l'accord de rapprochement. Des reproches démentis par Hubert Sagnières, vice-président exécutif d'EssilorLuxottica.

Leonardo del Vecchio demande un arbitrage international sur la crise de gouvernance d'EssilorLuxottica
Leonardo del Vecchio a saisi la Chambre de commerce internationale (CCI) pour lui demander un arbitrage dans la crise de gouvernance qui affecte EssilorLuxottica.
© EssilorLuxottica

Delfin, la holding de Leonardo del Vecchio, premier actionnaire et président exécutif d'EssilorLuxottica, a annoncé mercredi 27 mars qu'elle saisissait la Chambre de commerce internationale (CCI) pour faire constater ce qu'elle qualifie de violations de l'accord de rapprochement de 2017 entre le français Essilor et Luxottica.

Essilor et Luxottica ont fusionné en octobre 2018, créant le premier lunettier mondial au terme d'une opération de 54 milliards d'euros.

"Une demande d'arbitrage auprès de la Chambre de Commerce Internationale"

"Delfin annonce avoir déposé ce jour une demande d’arbitrage auprès de la Chambre de Commerce Internationale, en vue de faire constater les violations de l’accord de rapprochement de 2017, qu’elle considère avoir été commises par Monsieur Hubert Sagnières et la société EssilorLuxottica sous son impulsion", précise la holding dans un communiqué, ajoutant qu'elle a informé EssilorLuxottica dans le même temps.

Les deux associés étaient supposés avoir un poids comparable dans la direction de la nouvelle entité mais ils s'accusent mutuellement de tenter de prendre l'ascendant sur l'autre.

Delfin précise qu'elle veut "obtenir une injonction de se conformer au pacte jusqu’à son terme", en 2021 et dément "toute tentative de prise de contrôle d’EssilorLuxottica, qu’elle soit 'rampante' ou 'de fait'".

Une nouvelle étape dans la crise de gouvernance

Les services d'Hubert Sagnières, vice-président exécutif d'EssilorLuxottica, avaient dénoncé jeudi 21 mars "des accusations graves et mensongères" de la part de Delfin, affirmant qu'elles portaient "un préjudice à la société et à l’ensemble de ses actionnaires".

La crise de gouvernance au sein d'EssilorLuxottica a franchi une nouvelle étape mercredi 20 mars lorsque Delfin a estimé que certains comportements d'Essilor constituaient une "violation claire" de l'accord de fusion avec Luxottica, dont Leonardo Del Vecchio est le fondateur.

Hubert Sagnières déclare par ailleurs, dans une lettre adressée mercredi aux salariés d'Essilor, qu'il continuera de veiller à l'accélération de "l'efficacité opérationnelle" d'EssilorLuxottica.

Tout en réaffirmant, comme il l'avait fait il y a une semaine, que Leonardo Del Vecchio veut prendre le contrôle du numéro un mondial des lunettes et verres optiques "sans payer de prime aux actionnaires", Hubert Sagnières, également président d'Essilor, ajoute ne pas vouloir être "dévié par des questions de gouvernance qui reflètent souvent uniquement des ambitions personnelles".

Quel est le point de départ de la crispation ?

En novembre 2018, des propos de Leonardo Del Vecchio avaient laissé entendre qu'il souhaitait que son bras droit, Francesco Milleri, devienne directeur général, une perspective qui a contrarié la partie française.

Vers la mi-mars - et c'est là le point de départ de la crispation actuelle entre les deux camps - Leonardo Del Vecchio a proposé de transférer certaines fonctions opérationnelles à Francesco Milleri, ce qu'Essilor a aussitôt assimilé à une prise de contrôle du groupe par Delfin, qui détient 31% du groupe.

EssilorLuxxotica a dans l'intervalle mandaté un chasseur de têtes pour recruter un nouveau directeur général, espérant par là donner un signal positif aux intervenants de marché.

Hubert Sagnières écrit aux salariés

"La recherche d'un futur directeur général d'EssilorLuxottica est une priorité pour le succès du groupe et je soutiens pleinement cet effort", dit Hubert Sagnières dans la lettre aux salariés.

"Nous devons consacrer notre énergie à l'intégration des deux activités, sous une direction forte, et à la mise en oeuvre des synergies que nous avons promises au marché. [Les] polémiques ne nous empêchent pas de continuer à travailler pour mettre en oeuvre les différentes actions nécessaires à l'intégration des deux groupes", ajoute-t-il.

"Ceci est réalisé avec l'appui de McKinsey et plus de 20 groupes de travail communs impliquent des centaines de collaborateurs à travers le monde."

Au cours de clôture de mercredi 27 mars, le titre EssilorLuxottica accuse un repli de quelque 11% depuis le début de l'année 2019 contre une hausse de 12,1% pour le CAC 40 sur la période.

Avec Reuters (Wilfrid Exbrayat et Benoit Van Overstraeten pour le service français)

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle