Lenovo peine toujours à redresser les serveurs rachetés à IBM

Deux ans après avoir racheté les serveurs X86 à IBM, Lenovo peine toujours à relancer cette activité et la rendre rentable. Pour le constructeur informatique chinois, cette acquisition se révèle être bien plus compliquée que l’expérience dans les PC.

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Lenovo peine toujours à redresser les serveurs rachetés à IBM
Les serveurs de Lenovo, issus d'IBM

A la peine dans les mobiles, Lenovo l’est aussi dans les serveurs. Alors que le marché reste stable à 11,1 millions d’unités dans le monde en 2016, le constructeur informatique chinois voit ses livraisons baisser de 6,2% à moins de 883 000 pièces, selon Gartner. S’il tient toujours la troisième place derrière les américains Hewlett Packard Entreprise (2 millions d’unités) et Dell (2 millions d’unités), il est menacé par son compatriote Huawei qui a accru ses ventes de 32,7% à près de 680 000 pièces en 2016. La dégringolade est plus forte en termes de revenus. Son chiffre d’affaires dans ce domaine a chuté de 8,3% à 3,8 milliards de dollars, creusant les pertes d’exploitation de sa division d’équipements de datacenters à 216 millions de dollars, contre 9 millions de dollars en 2015.

Axe important de diversification

Manifestement, Lenovo ne parvient toujours pas à redresser cette activité issue pour l’essentiel du rachat en octobre 2014 des serveurs X86 d’IBM pour 2,1 milliards de dollars. Une acquisition au cœur de la stratégie de diversification du groupe. "Nous acquérons le maillon manquant à notre stratégie PC Plus lancée il y a trois ans pour nous diversifier au-delà des PC, se félicite Yang Yuanquing, PDG de Lenovo, lors de la finalisation de l’opération le 1er octobre 2014. Désormais, nous marchons sur trois pieds : les PC où nous sommes numéro un, les mobiles où nous sommes numéro trois dans les tablettes et quatre dans les smartphones, et les serveurs où nous sommes numéro trois."

Le patron du groupe se montre alors confiant dans la capacité de son entreprise à redresser rapidement cette activité aux difficultés chroniques, à l’instar de ce qu’elle a su faire dans les PC rachetés à IBM en mai 2005. Il se donne un an pour la ramener sur le chemin de la croissance et de la rentabilité, avec l’ambition de détrôner plus tard les deux leaders américains du marché, comme il l’a fait auparavant dans les PC. Il doit aujourd’hui déchanter.

Concurrence de Huawei et Inspur

"Les serveurs, c’est une autre histoire, nous confie le patron de la filiale française de l’un de ses deux concurrents américains. Croire qu’il pouvait réussir le même exploit que dans les PC était une erreur. Il s’en rend compte aujourd’hui. Ça ne va pas être simple de redresser cette activité." Lenovo manque cruellement de gains d’échelle. Il vend près de trois fois moins de serveurs que Hewlett Packard Entreprise et Dell. Et en Chine, il est confronté à la montée irrésistible de ses deux compatriotes, Huawei et Inspur Electronics, qui bénéficient de meilleures entrées auprès des entreprises locales pour faire croitre leurs ventes à deux chiffres.

Le Groupe reconnait ces difficultés mais s’estime être toujours en transition. "Le plan de transformation de l'activité data center est en encore en exécution avec l’objectif de créer une base solide pour une croissance future rentable, peut-on lire dans le commentaire sur les résultats du quatrième trimestre 2016. Les actions précédemment prises prendront du temps pour montrer leur effet. Néanmoins, cette activité commence à montrer les premiers signes de stabilisation, en particulier sur les principaux marchés en dehors de la Chine. La stratégie de transformation peut exiger du temps pour être efficace, mais le groupe reste confiant dans sa capacité à donner à cette activité une croissance rentable au fil du temps." Yang Yuanquing se garde bien toutefois d’indique quand.

Baisse historique du chiffre d'affaires depuis 2008

Ces difficultés, combinées à celles dans les mobiles, font trébucher Lenovo pour la première fois depuis la crise économique de 2008. Le chiffre d'affaires total diminue de 9,5% à 42,6 milliards de dollars en 2016. Bonne nouvelle toutefois : le groupe, qui a encaissé une perte nette de 209 millions de dollars en 2015, revient au vert, avec un bénéfice net de 600 millions de dollars. Ceci grâce à un plan drastique d’économie de 1,35 milliard de dollars par an.

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