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Léger regain d’énergie pour l’EPR en Arabie Saoudite

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Le quai d’Orsay et Ryad ont signé un accord pour étudier la possibilité de construire deux EPR en Arabie Saoudite. Le pays, pour limiter sa consommation nationale de pétrole, veut construire un parc de 16 réacteurs nucléaires d’ici à 2030.

L'EPR Finlandais

Rien n’est fait, bien sûr, mais toutes les nouvelles positives sont bonnes à prendre en cette période difficile pour la filière nucléaire tricolore. La diplomatie française a indiqué ce mercredi 24 juin qu’une étude allait être lancée avec Ryad pour la construction de deux réacteurs nucléaires EPR en Arabie Saoudite. Le Royaume wahhabite a lancé, depuis 2012, un vaste programme nucléaire. L’ambition est de bâtir 16 réacteurs d’ici à 2030 pour un budget d’environ 100 milliards de dollars. Une somme importante mais qui permettrait à Saudi Aramco d'exporter des barils (à 60 dollars aujourd'hui) plutôt que de les vendre à 5 dollars aux centrales électriques du pays.

Un réacteur d'un nouveau modèle pour l’Arabie Saoudite

La France ne peut se permettre de manquer cette opportunité. La filière paye toujours le raté de l’appel d’offres d'Abu-Dhabi en 2009 où l'EPR tricolore s’était fait coiffer au poteau par le réacteur de génération antérieure du coréen Kepco. En Arabie Saoudite, EDF et Areva vont proposer un EPR NM (Nouveau Modèle) plus facile à construire et moins cher – sans sacrifier les organes de sûreté. Il devra tirer toute l’expérience des difficultés de construction rencontrées sur les chantiers des EPR en France et en Finlande.

Interrogé par une commission d’enquête sur le nucléaire en 2014, l’ancien numéro 2 d’EDF affirmait que "l’EPR NM serait compatible par exemple avec les calendriers saoudiens". Il le faudra, car la bataille s’annonce féroce. Tous les acteurs du nucléaire sont, comme les français, à Ryad pour défendre leurs technologies : russes, coréens, chinois, américano-japonais. A terme, les saoudiens pourraient choisir un panel de technologies, ce qui ne veut pas dire pour autant que tous les fournisseurs seront servis. Cela se jouera sur les relations diplomatiques entre les pays mais aussi sur la capacité à créer de l’activité locale. Fin 2013, EDF a montré sa bonne volonté en signant des contrats de partenariats locaux et en s’engageant sur des programmes de formation. Surtout, le français avait monté une coentreprise d’ingénierie avec le saoudien GEHC (Global Energy Holding Company).

Ludovic Dupin

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1 commentaire

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25/06/2015 - 17h04 -

Ben voyons, toujours les mêmes effets d'annonce bidons pour essayer de sauver ce qui peut encore l'être (c'est à dire RIEN !) L'EPR est morte et bien mort, Areva en faillite et EDF en sursis. Le lobby nucléaire a mis la France dans un cul de sac, le crash est pour bientôt...
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30/06/2016 - 15h21 -

Ce n'est pas bidon: l'Arabie Saoudite, projette depuis quelques années de construire des centrales nucléaires (http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/24/nucleaire-la-france-peut-elle-placer-son-epr-en-arabie-saoudite_4660987_3234.html). L'observatoire du nucléaire est-il présent en Russie? Vos critiques dogmatiques ne ralentissent pas le développement à l'international du nucléaire mais favorise l'émergence d'acteurs industriels moins regardant sur la sureté et la transparence. L'ASN est suffisamment indépendante en France pour mettre en péril la construction de l'EPR Flamanville (analyses complémentaires sur la cuve de l'EPR), pensez-vous que cela serait le cas en Chine ou en Russie?
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