Léger ralentissement de la croissance en Chine

par Aileen Wang et Simon Rabinovitch

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PEKIN (Reuters) - La croissance chinoise s'est ralentie au troisième trimestre et l'inflation a atteint de nouveaux sommets, soulignant que l'économie de la puissance asiatique demeure solide et que les risques de surchauffe sont pour l'instant à écarter.

D'après les données communiquées jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS), le produit intérieur brut de la Chine a crû de 9,6% en moyenne annuelle au troisième trimestre contre 10,3% au deuxième trimestre et 11,9% au premier trimestre.

Ce décélèrement est légèrement moins important qu'attendu, les marchés tablant sur une croissance de l'ordre de 9,5%.

Les statistiques diffusées jeudi montrent en outre que l'inflation a progressé en septembre avec une hausse des prix à la consommation de 3,6%, une augmentation sans précédent depuis 23 mois mais qui est conforme aux prévisions des marchés.

Dans le détail, les prix des denrées alimentaires, qui comptent pour un tiers dans la composition de l'indice des prix à la consommation, progressent de 8% sur un an, de septembre à septembre. Pour les produits de consommation non alimentaires, l'inflation ralentit à 1,4% contre 1,5% l'année précédente.

"Il est probable que les responsables chinois seront plutôt satisfaits par l'évolution des statistiques", commente Brian Jackson, économiste à la Royal Bank of Canada à Hong Kong. "Les mesures politiques mises en oeuvre cette année semblent avoir aidé l'économie chinoise à trouver une voie moyenne entre surchauffe et baisse sérieuse."

La production industrielle, un indicateur essentiel de la dynamique de croissance, a progressé en moyenne annuelle de 13,3% quand les marchés tablaient sur une progression de 13,6%.

A la publication de ces statistiques, la Bourse de Shanghai a brièvement évolué en territoire positif avant que l'indice ne reparte à la baisse.

BASE DE COMPARAISON ÉLEVÉE

"Le tableau général des fondamentaux explique la décision de la Chine de relever les taux d'intérêt il y a deux jours", note l'économiste Dongming Xie, spécialiste de la Chine à la banque OCBC de Singapour.

En relevant mardi ses taux directeurs pour la première fois en près de trois ans, la Banque populaire de Chine a surpris les investisseurs. Cette décision reflète également la confiance croissante du pouvoir dans la solidité de la reprise économique.

"Ce chiffre sur le PIB a donné confiance à la banque centrale pour relever les taux d'intérêt", analyse Nie Wen, économiste au Fortune Trust de Shanghai. Mais il n'anticipe un resserrement supplémentaire de la politique monétaire de la Chine avant l'année prochaine.

"La plupart des autres pays, comme les Etats-Unis, mettent aujourd'hui en oeuvre des politiques monétaires desserrées, il ne serait donc pas bon pour la Chine de relever encore ses taux d'intérêt", explique-t-il.

Dans le cycle actuel de la conjoncture chinoise, il apparaît que l'économie chinoise a connu un pic au premier trimestre (en moyenne annuelle, la croissance du PIB était alors de 11,9%).

Le ralentissement observé depuis s'explique en partie par la force du rebond enregistré fin 2009 au sortir de la crise financière mondiale, qui constitue une base de comparaison élevée.

Il est aussi le résultat de la volonté du gouvernement, qui a progressivement normalisé sa politique budgétaire et monétaire après le programme massif de soutien et de relance de l'économie conçu lors de la crise mondiale.

Henri-Pierre André pour le service français

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