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Quotidien des Usines

Leclerc, nouveau grand européen de l'abattage

Publié le

Le Groupement Edouard Leclerc inaugure cette semaine dans les Côtes-d'Armor une troisième unité de découpe de porcs et de bovins. Un investissement de 215 millions de francs.

Edouard Leclerc est arrivé par hasard dans l'industrie. En 1978, l'entreprise familiale Gilles, qui rencontrait d'importantes difficultés dans son abattoir "Kermené", à Collinée, près de Dinan, dans les Côtes-d'Armor, fait appel au géant de la distribution, qui est également son client par l'intermédiaire du Galec (Groupement d'achats des centres Leclerc).

Le créateur en France de la distribution moderne prend alors le contrôle de cette entreprise de 300 millions de francs de chiffre d'affaires (perte de 30millions) et de 300 salariés. Et si Edouard Leclerc a toujours refusé, depuis l'intégration de Kermené, la reprise d'autres affaires industrielles, cet abattoir s'est néanmoins développé au rythme soutenu du groupement d'hypermarchés.

Après avoir réalisé en 1981 Kermené 1 (abattoirs) et en 1988 Kermené 2 (salaisonnerie), une unité de découpe de viande, Kermené 3, vient d'être inaugurée. A la clé, 215 millions de francs d'investissements et 200 emplois créés, ce qui porte à 1 200 le nombre total des salariés du complexe.

Cette troisième usine, installée dans un bâtiment de 35 000 mètres carrés, affiche une capacité annuelle de production de 150 000 tonnes de viandes, dont les deux tiers de porc. Mais, avec 550 salariés, Kermené 3 représente un très gros employeur. Un choix délibéré. Persuadé que les machines ne peuvent se substituer au savoir-faire des bouchers pour la découpe des carcasses, Hervé Aubé, le directeur général du complexe industriel, a axé ses investissements sur la gestion des flux, le stockage et la sécurité. Les deux lignes de transformation des porcs et les trois autres destinées aux gros bovins et aux veaux sont réparties entre dix-huit salles de travail approvisionnées par un rail tubulaire sur lequel cheminent les carcasses. Après le piéçage manuel des longes de porc, jambons, côtes de veau ou steaks, le conditionnement et la mise sous vide de ces viandes sont également réalisés automatiquement. Le convoyage des produits finis dans la salle du stockage dynamique est aussi entièrement mécanisé. D'autre part, 1030produits différents de cette usine sont surveillés en permanence par dix-sept automates et un superviseur. A cette sécurité incendie et industrielle s'ajoute une forte attention portée sur la qualité et la chasse aux bactéries. Encore marqué par les soupçons de présence de Listeria qui ont, il y a deux ans, pesé sur la production des rillettes de Kermené, Hervé Aubé met l'accent sur son laboratoire d'analyses. "Chaque année, explique-t-il, nous consacrons 5millions de francs aux analyses, réalisées à l'extérieur mais aussi par notre équipe, composée de quatre personnes, dont deux ingénieurs qualité." Ce souci de la qualité est d'autant plus important que 80% des produits découpés par le personnel de Kermené 3 sont destinés à la salaisonnerie du groupe et aux différents magasins de l'enseigne.

La réputation de Leclerc, qui compte 520 hypermarchés, est donc largement engagée. Au total, Kermené assure 30% des approvisionnements en viandes des points de vente Leclerc. Mais ces trois usines travaillent également pour l'extérieur, puisque 20% de ses produits- essentiellement le cinquième quartier (les abats) et les peaux- sont vendus à des clients spécialisés, aussi bien en France qu'à l'étranger.

Stanislas du GUERNY



Un homme de Leclerc à la barre

Entré chez Leclerc en 1978, fraîchement diplômé de l'Ecole supérieure de commerce d'Angers, Hervé Aubé, 43ans, dirige depuis l'usine de Kermené. Il a suivi toutes les étapes du développement de ce complexe de transformation des viandes. Aux industriels qui reprochent à la grande distribution de supprimer des emplois et de rogner sur les marges des fournisseurs, il rétorque que Kermené a créé 900emplois en dix-sept ans et qu'elle consacre chaque année entre 25 et 30millions de francs à des équipements nouveaux, hors investissements lourds. Toutefois, Hervé Aubé est conscient du poids commercial et financier de son unique actionnaire. "D'ailleurs, commente-t-il, dans la crise que nous avons dû gérer autour du problème de la Listeria, si nous avions été indépendants, aujourd'hui nous n'existerions sans doute plus!"



600 millions de francs investis au total sur le site

En 1981, construction de Kermené1, unité dédiée à l'abattage de porcs. En 1983, un nouvel abattoir de gros bovins et de veaux est réalisé. Ces deux entités affichent une capacité de 170 000 tonnes de carcasses par an.

En 1988, réalisation de Kermené 2, une salaisonnerie d'une capacité de 40 000 tonnes. Coût: 120 millions de francs.

En 1994, réalisation d'une station de traitement des eaux usées (coût: 6 millions de francs) et création d'une station de "potabilisation" (coût: 3millions de francs).

En 1995, inauguration de Kermené 3, unité de découpe d'une capacité de 150 000 tonnes.

Une prime de 15 000francs par emploi créé (200 personnes) a été accordée.

En 1997, création de Kermené 4, qui abritera deux nouveaux abattoirs de porcs et de bovins. Un investissement de 100 millions de francs est prévu.

 

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