Le yuan en route pour un septième mois de baisse

SHANGHAI (Reuters) - Le yuan a battu en retraite contre le dollar mercredi et est bien parti pour enregistrer une baisse mensuelle d'une ampleur sans précédent, les droits de douane américains pesant de tout leur poids sur une économie chinoise qui subit déjà même sans cela une phase de ralentissement.
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Le yuan en route pour un septième mois de baisse
Le yuan a battu en retraite contre le dollar mercredi et est bien parti pour enregistrer une baisse mensuelle d'une ampleur sans précédent, les droits de douane américains pesant de tout leur poids sur une économie chinoise qui subit déjà même sans cela une phase de ralentissement. /Photo d'archives/REUTERS/Kim Kyung-Hoon

Le yuan a terminé à 6,9734 par dollar sur le marché intérieur ("onshore"), un plus bas de clôture depuis le 20 mai 2008 correspondant à un recul de 0,08% sur la veille.

La monnaie chinoise risque d'enregistrer une perte mensuelle de 1,4% en octobre. Ce serait la septième d'affilée.

Les tensions commerciales entre Washington et Pékin ne semblant pas sur le point de s'apaiser, les investisseurs pensent que la monnaie chinoise va encore s'affaiblir et que les autorités le laisseront filer en deçà du seuil de sept par dollar, ce qui serait une première depuis la crise financière mondiale.

Mais ils sont peu nombreux à prévoir une dévaluation brutale ou des dégagements massifs sur le yuan comme ce fut le cas durant la période 2015-2016, ce qui déclencherait des sorties de capitaux et les Etats-Unis ne manqueraient pas de tirer à boulets rouges sur les autorités chinoises.

Le yuan, aussi appelé renminbi, a perdu près de 7% de sa valeur contre le dollar depuis le début de l'année et est en repli de 10% depuis mars, mois où s'est déclenchée la bataille des droits de douane entre Washington et Pékin.

Avant l'ouverture, le Banque populaire de Chine (BPC) a fixé le cours-pivot du yuan à un nouveau plus bas de 10 ans de 6,9646 par dollar, soit un recul de 0,1% sur celui de la veille (6,9574).

Pour autant, le yuan a connu quelque répit après que la BPC eut annoncé qu'elle émettrait pour 20 milliards de yuans (2,53 milliards d'euros) de bons à trois mois et un an à Hong Kong la semaine prochaine, sa toute première émission dans l'ex-colonie britannique, se dotant ainsi d'un nouvel instument pour gérer la monnaie nationale.

Les autorités chinoises, continentales et de Hong Kong, ont dit en septembre que cette émission avait pour but d'étendre à Hong Kong la gamme de produits du yuan à haute notation de crédit et à améliorer sa courbe des rendements.

L'opération doit enfin permettre à la BPC de gérer la liquidité du yuan sur le marché extérieur à la Chine continentale ("offshore") et de piloter les anticipations du marché. Les professionnels pensent de fait qu'elle a pour but de stabiliser le yuan offshore, dont Hong Kong est le premier centre de compensation mondial, en drainant sa liquidité.

Les analystes disent que le montant de l'émission est minime comparé au total des dépôts en yuan mais qu'il est symbolique de la volonté des autorités de ne pas laisser la devise enfoncer le seuil de sept par dollar sans combattre.

"Cela veut dire que la BPC entend augmenter le coût des financements sur le marché offshore pour mettre la pression sur les positions à découvert sur le yuan", dit Zhou Hao, économiste de Commerzbank à Singapour.

Une statistique industrielle d'octobre publiée ce mercredi n'a pas eu d'effet sur le cours au comptant ("spot") du yuan mais cela vient confirmer l'idée que la BPC assouplira encore de politique monétaire pour stabiliser l'économie, ce qui amoindrira un peu plus le taux de change sur le long terme, disent des traders.

Pour l'instant, les autorités chinoises sont moins intervenues sur le marché des changes qu'elle ne l'avaient fait en 2015 car une monnaie affaiblie à ses avantages pour une économie qui toussote.

Mais Shang Songcheng, un conseiller de la BPC, a dit à la presse que la Chine devait utiliser ses réserves de change pour stabiliser le yuan si nécessaire.

(Winni Zhou et John Ruwitch; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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