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Quotidien des Usines

Le WiMax cherche son chevalier blanc

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Free et Bolloré Télécom auraient entamé des discussions avec Google en vue de financer leur réseau WiMax, selon Les Echos. Démenti des intéressés. Mais la situation souligne les difficultés des opérateurs pour déployer le WiMax à grande échelle. Les raiso

Le WiMax cherche son chevalier blanc

Le groupe Iliad, maison mère de Free, et Bolloré Telecom ont tous deux démenti catégoriquement les informations parues dans le quotidien Les Echos du 2 juillet, comme quoi ils auraient entamé des « discussions préliminaires » avec Google pour financer le déploiement de leurs réseaux WiMax (technologie hertzienne d'accès haut débit sans fil) respectifs. Bolloré Telecom n'a cependant pas exclu des négociations futures, considérant le moteur de recherche comme « un partenaire naturel pour le WiMax ». L'opérateur du conglomérat a également démenti toute discussion avec Intel Capital en vue d'une prise de participation, tout en reconnaissant avoir été contacté par le fabricant de semi-conducteurs. Les Echos maintiennent l'ensemble de leurs informations.

Free et Bolloré Telecom sont virtuellement les deux principaux opérateurs du WiMax en France, IFW (anciennement Altitude Telecom, filiale du groupe Iliad) détenant l'unique licence WiMax nationale française, et Bolloré Telecom possédant 20 licences régionales : 12 acquises via le processus d'attribution mis en place par l'Arcep en 2006, et 8 rachetées le 17 juin au consortium HDDR détenu par TDF.

Le déploiement en panne sèche. Deux ans après l'attribution des licences régionales, qui devait permettre le développement de la couverture des zones blanches et de la concurrence sur le haut débit, les déploiements ont tardé. Un retard qui devrait bientôt être mis en lumière par un bilan d'étape de l'Arcep, le régulateur des télécoms en France. Les principales initiatives ont été des tests, menés paradoxalement dans les zones urbaines par Free et Bolloré, ainsi que quelques déploiements initiés par des collectivités.

Pour justifier l'absence de déploiement massif, le directeur général de Bolloré Telecom, Marc Taieb, a invoqué dans les Echos « l'indisponibilité des équipements 802.16e », qui correspondent à la norme utilisée par le WiMax mobile, « condition sine qua non pour commercialiser ». Cette norme permet d'utiliser le réseau en situation réelle de mobilité, c'est-à-dire avec une connexion continue d'une station de base à une autre.

Dans l'attente du WiMax mobile. En fait, ce n'est pas tant l'absence d'équipements compatibles qui est en cause, que l'absence de stabilisation de cette norme. « La norme mature à l'époque de l'attribution des licences était le 16d, précise TDF. Le choix fait par TDF, et celui des industriels partenaires, a été d'attendre la stabilisation du 16e parce que cette norme avait plus de potentiel. » « Le 16e est le standard déployé pour le haut débit sans fil partout dans le monde à l'heure actuelle », renchérit Motorola, partenaire de TDF. « Nous n'avons jamais investi dans le 16d, explique Jacques Rames, directeur Home & Network France, car cela forçait les opérateurs à acheter les stations de base et les CPE chez le même opérateur. Le 16e, au contraire, est une technologie ouverte. »

Cette norme permet en effet de ne pas fermer les portes du WiMax mobile dans l'éventualité où les bandes de fréquences nécessaires pour exploiter cette fonctionnalité (2,5 Ghz) seraient libérées par le régulateur. Car, pour l'instant, seule la bande de fréquences 3,5 Ghz est utilisable en France, et l'élargissement au 2,5 Ghz n'est pas attendu avant 2012. 

Interopérabilité : l'étincelle ? Mais les choses devraient bouger désormais. En effet, un pas important a été franchi en juin, avec la mise en place de la certification « Wave 2 », qui assure l'interopérabilité des équipements certifiés (stations de base et équipements des abonnés). En Europe, les premières commercialisations d'équipements certifiés devraient démarrer début 2009. Quatre stations de base d'Alvarion, Motorola, Samsung et Sequans ont déjà été certifiées, ainsi que des CPE (équipements utilisateurs indoor ou outdoor) d'Intel, Samsung, Beceem, Airspan et ZyXEL.

Côté utilisateurs, Intel s'apprête à intégrer une puce radio WiMax dans sa plate-forme Centrino2, destinée aux portables. Mais elle ne fonctionnera que dans la bande 2,5 Ghz. La version compatible 3,5 Ghz, donc avec le réseau français, ne sera disponible qu'au premier semestre 2009. Outre les ordinateurs portables, les téléphones mobiles seront les prochains terminaux à être équipés.

Un modèle économique chancelant. Reste que l'investissement nécessaire pour déployer le WiMax sur l'ensemble de la France est estimé à plus de 1 milliard d'euros, selon Les Echos. Difficile d'y consentir dans la mesure où le modèle économique de la technologie n'est pas encore viable. En effet, la base de clients potentiels pour une utlisation « fixe » du WiMax s'est réduite : les zones blanches ont diminué grâce à l'extension du réseau ADSL de France Télécom depuis deux ans, et aux délégations de service public mises en place par les collectivités. Par ailleurs, la véritable raison d'être économique du WiMax est de pouvoir concurrencer la 3G, mais les opérateurs mobiles freinent des quatre fers pour éviter d'être exposés à cette nouvelle concurrence, alors qu'ils doivent eux-mêmes rentabiliser des licences 3G acquises à prix d'or.

Voilà pourquoi un coup de pouce de Google ou d'Intel serait certainement le bienvenu pour Free et Bolloré Télécom. Intel est depuis longtemps l'un des grands promoteurs du WiMax au niveau mondial. Google, lui, s'est associé en mai dernier à Intel, Comcast, Time Warner Cable et Bright House Networks pour prendre une participation globale de 3,2 milliards de dollars (1 milliard pour Intel, 500 millions pour Google) dans la nouvelle entité issue de la fusion entre les activités WiMax de Sprint Nextel et Clearwire aux Etats-Unis. Il développera des services Web et publicitaires pour les futurs terminaux WiMax mobiles, qui prendront en charge son système d'exploitation Android, concurrent de Windows Mobile.

Une alliance avec Free et Bolloré serait donc une porte d'entrée pour ces deux acteurs sur le marché français. Google, notamment, n'a pas réussi à convaincre Orange, SFR et Bouygues de rejoindre l'Open Handset Alliance, le groupe qui réunit les promoteurs du projet Android. Les positions se prennent maintenant, car comme l'indique Jacque Rames, « les gros volumes se feront à partir de 2009 dans le monde ».

 

Motorola travaillera-t-il avec Bolloré ?

Quelques jours après que Motorola ait signé un contrat de trois ans avec TDF pour déployer son réseau WiMax, Bolloré Telecom a annoncé le rachat de l'exploitation de 8 des 11 licences détenues par HDDR. Le contrat de l'équipementier, qui travaille déjà avec Bolloré sur un pilote annoncé fin 2007, sera-t-il transféré à l'opérateur ? Pour l'instant, rien n'est acté.

Motorola fournit l'ensemble des équipements du WiMax : stations de base, CPE, ainsi que les solutions logicielles associées. En France, seuls les mâts des antennes ne sont pas pris en charge par l'équipementier. Avec Alvarion, Motorola est le principal fournisseur de stations de base dans l'Hexagone.


Raphaële Karayan
 

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