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L'Usine Agro

[Vrai ou Faux] Que dit l'étude sur les pesticides dans les fruits et légumes de Générations futures ?

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Infographie Près des trois quarts des fruits et 41% des légumes non bio étudiés par l’association environnementale Générations futures présentent des traces de pesticides quantifiables. Faut-il s’en inquiéter ? L’Usine Nouvelle fait le point.

[Vrai ou Faux] Que dit l'étude sur les pesticides dans les fruits et légumes de Générations futures ? © ANPP

A quatre jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, l’association environnementale Générations futures lance un pavé dans la mare. Elle publie ce 20 février un rapport sur les résidus de pesticides dans dix-neuf fruits et trente-trois légumes non bios, réalisé à partir de chiffres fournis suite à des inspections réalisées en supermarchés par la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) de 2012 à 2016.

Les pesticides sont Particulièrement présents dans les cultures de fruits et légumes

Vrai et Faux. "Pour les fruits, nous avons pu constater, en moyenne, la présence de résidus de pesticides quantifiés dans 72,6 % des échantillons analysés sur les cinq années des données compilées", explique Générations futures. Notamment dans 89% des échantillons de raisins étudiés, 88% des clémentines et cerises, mais un quart des kiwis ou avocats. Lorsque les cultures ne sont pas sous serres, les agriculteurs ont souvent recours aux produits phytosanitaires pour les protéger des attaques d’insectes ou de maladies. Mais pour les légumes, ce taux redescend à 41,1%.

Des progrès sont réalisés

Vrai. Le gouvernement a promis de remettre à plat, d’ici la fin mars, le Plan Ecophyto, mis en œuvre depuis dix ans pour diminuer le recours aux pesticides. En favorisant des méthodes de biocontrôle, alternatives non chimiques aux pesticides souvent développées par des PME françaises, des agriculteurs ou coopératives parviennent d’ailleurs déjà à s’en passer. Comme Saveol, qui dispose de son propre élevage de « bons » insectes pour protéger ses cultures. De nombreuses initiatives émergent aussi, en grandes surfaces comme chez les producteurs, tel le label "zéro résidu de pesticides" lancé par des maraîchers et arboriculteurs pour ne pas dépasser plus de 0,01 mg de pesticide au kilo. "Ces offres ne garantissent pas une absence d'utilisation de pesticides" et ne "suppriment pas les pollutions environnementales", rétorque Générations futures.

Certaines limites maximales de résidus autorisés sont dépassées

Vrai. C’est là un point d’inquiétude. "2,7 % des échantillons de fruits présentent des taux de pesticides supérieurs aux limites maximales de résidus (LMR) – des seuils légaux fixés par l’Union européenne", s’inquiète ainsi Générations futures, en particulier pour les cerises (6,6% des échantillons), les mangues/papayes (4,8%), les oranges (4,4%) et les kiwis (4,1%). Côté légumes, "ce sont les herbes fraîches qui dans 29,4 % des cas présentent des dépassements de LMR, suivi du céleri-branche (16%) puis des blettes (12,1%) et des navets (9,1%)".

(source: Générations futures)

Les agriculteurs français auraient-ils vraiment la main trop lourde ? "La majorité des denrées en dépassement des LMR provient la plupart du temps de pays hors Europe", assure l’Union des Industries de Protection des Plantes (UIPP) qui représente les fabricants de pesticides, interrogée par L’Usine Nouvelle. Ce que confirme le rapport 2017 de l'autorité sanitaire européenne (EFSA) sur la sécurité des aliments en Europe (réalisée sur 84 000 échantillons alimentaires, pas seulement sur les fruits et légumes). "La persistance de non-conformités au cours des ans s’explique notamment par le fait qu’elles sont rarement le fait des mêmes producteurs d’une année sur l’autre", précise pour sa part la DGCCRF au journal Le Monde.

Il existe un danger avéré avec ces dépassements

Faux. Pour y répondre avec certitude, il faudrait creuser. "Même un dépassement de LMR ne signifie pas un risque pour la santé car la LMR est une limite agronomique et pas une limite toxicologique, insiste l’UIPP. La LMR sert à vérifier que l’agriculteur a bien respecté les conditions d’emplois." Ce que confirme la DGCCRF, qui assure "retirer du marché les produits présentant un risque sanitaire". Or impossible de savoir le risque sanitaire présenté par les produits mis en cause par Générations futures, son étude n’ayant pas pu préciser ni le taux de concentration ni le type de pesticides (s’agit-il de perturbateurs endocriniens notamment ?) retrouvés dans ces résidus, et donc leur dangerosité potentielle.

Chez les fabricants de ces produits, on préfère relativiser cette étude. "Pourquoi entretenir un climat anxiogène sans aucune rigueur scientifique ? Car détection n’égale pas risque. Ces chiffres sont en amélioration continue. Et pour qu’il y ait un risque, il faudrait qu’une personne consomme tous les jours de sa vie, des légumes et fruits non épluchés, non lavés et tous traités avec le même produit phytosanitaire au-dessus de la LMR. Générations futures a pris en compte des facteurs de sécurité de l’ordre d’au moins 100 fois moins !"

Le bio peut apporter une garantie

Vrai. Alors que le gouvernement doit prochainement présenter un plan « Ambition Bio » - ce mode de production basé notamment sur la non utilisation de produits chimiques de synthèse -, c’est évidemment ce que prescrit Générations futures, prônant "des dispositions rapides et efficaces pour la promotion de l’agriculture biologique et, en même temps, pour mettre en place une vraie politique de changement des systèmes de production sur les surfaces non bio permettant de réduire fortement l’usage des pesticides dans le cadre d’un Ecophyto réellement ambitieux !"
Du côté de l’UIPP, dont les membres fournissent aussi des solutions pour l’agriculture bio, on voit l’urgence ailleurs: du côté des "vrais risques sur lesquels la France doit mettre en place des plans d’actions, que sont les métaux lourds et les mycotoxines", que la protection des plantes permet de maîtriser selon le syndicat.

Générations futures contre l’agrochimiste Dow

L’association environnementale poursuit aussi sa lutte contre les pesticides… devant la justice. Le Conseil d’Etat vient ainsi de confirmer le jugement en référé de novembre dernier du tribunal administratif de Nice, qui avait suspendu l'autorisation de mise sur le marché de deux nouveaux pesticides (Closer et Transform) du chimiste américain Dow. Ils avaient été autorisés en septembre par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour traiter les cultures de grands champs et les fruits et légumes contre les pucerons. Mais ils contiennent une substance active, le sulfoxaflor, présentée par Générations futures comme "un néonicotinoïde de nouvelle génération", une famille de produits en passe d’être interdite car accusée de présenter un risque pour la santé des abeilles. L’autorisation de ces produits est donc suspendue, en attente du jugement de l’affaire sur le fond.

 
 
 
 

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