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Le vote suisse anti-immigration handicape l’industrie frontalière

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Au lendemain de la votation suisse sur l’immigration et la remise en cause des accords de libre circulation des frontaliers français, les organismes représentants ces derniers font part de leur inquiétude. Et rappellent le poids et le rôle des frontaliers dans l’économie helvétique.

Le vote suisse anti-immigration handicape l’industrie frontalière © Flickr c.c. - Adrienne Alix

Les électeurs suisses se sont prononcés, dimanche 9 février, à une très courte majorité (50,3 %) pour la "fin de l'immigration de masse", une  proposition de l'Union démocratique du centre (UDC), parti de la droite populiste, qui prévoit d’instaurer des quotas à l'immigration et de renégocier la libre-circulation avec l'Union européenne.

La Suisse à l'heure de la préférence nationale

Cette remise en cause de la situation actuelle pourrait avoir d’importantes conséquences pour les frontaliers français, mais aussi pour les entreprises suisses qui les emploient. Ils représentent un quart de la population active du canton de Genève, l’un des cantons fortement employeurs de frontaliers. Les cantons de Vaud (où se trouvent Lausanne et de nombreux sièges de groupes internationaux), du Valais, et de Bâle (qui concentre les sociétés de la chimie et la pharmaceutique) sont aussi concernés.

Nombre d’entreprises emploient des frontaliers français, faute de trouver le personnel suisse qualifié dont ils ont besoin. "L’industrie horlogère ne pourrait pas tourner sans les frontaliers français", rappelle Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen. Ce n’est pas un hasard si le nouveau site industriel de Swatch à Boncourt dans le Jura est situé à 200 mètres de la frontière franco-suisse. L’Arc jurassien, berceau de l’horlogerie suisse, compte un peu plus de 40 000 travailleurs frontaliers, près du double d’il y a dix ans.

L’industrie horlogère suisse, fleuron de l’économie helvète, fortement exportatrice, a autant besoin des petites mains pour sa branche tournée vers l'industrie (type Rolex) que d’artisans très qualifiés et d’horlogers pour la haute horlogerie, (Vacheron, Choppard ou Piaget). Avec les changements qu'impliquent la votation, les entreprises suisses qui souhaitent embaucher un frontalier devront apporter la preuve de leurs démarches de recherche d'employés sur leur territoire et de leur absence de résultats. Les embauches pourraient prendre deux ou trois mois.

 les cantons frontaliers ont rejeté cette initiative

Pour le Groupement transfrontalier européen, cette votation est un message négatif, même si la Confédération suisse a désormais trois ans pour adapter les lois confédérales à cette disposition, définir son application dans les cantons, notamment les conditions d’obtention du permis de travail et les contingents, et renégocier avec l’Union européenne les accords de libre-circulation qui donnent à ses ressortissants un libre accès au marché du travail suisse.

"Les cantons frontaliers, qui accueillent le plus de résidents étrangers et de frontaliers, ont rejeté massivement cette initiative. L’économie suisse est pragmatique, c’est un rejet de l’étranger plus qu’un vote de raison. Le niveau des contingents sera désormais révélateur", souligne Jean-François Besson.

Plus de 150 000 Français travaillent en suisse

Plus de 150 000 frontaliers français travaillent en Suisse. Dans le canton de Genève, où le taux de chômage est de 5,7%, 100 000 personnes passent la frontière tous les jours pour travailler dans la cité de Calvin, dont 65 000 titulaires du permis G (qui permet aux frontaliers résidents en France de travailler en Suisse), auxquels il faut ajouter les ressortissants suisses habitant en France (où l’immobilier est disponible et moins cher) et les fonctionnaires internationaux.

En dix ans, le nombre de frontaliers étrangers actifs dans le canton de Genève a pratiquement doublé, passant de 32 900 à fin 2002 à 65 000. 76 % des titulaires d’un permis G habitent en Haute-Savoie et 19 % dans l’Ain (source Ocstat).

La libre circulation des ressortissants de l’Union européenne est entrée vigueur au 1er juin 2002. Elle est devenue totale le 1er juin 2007, lorsque l’obligation de résidence dans des zones frontalières définies a été supprimée.

Avec cette mobilité géographique et professionnelle en Suisse, les travailleurs frontaliers obtennaient leur permis de travail (G) automatiquement dès lors qu’un contrat de travail était signé, leur seule obligation étant de retourner au moins une fois par semaine à leur domicile.

Jusqu'alors, les entreprises suisses n'étaient plus soumises ni aux quotas de permis de travail ni à la préférence nationale lors du recrutement. Rappelons que l’UDC avait fait parler d’elle en 2007 avec ses affiches montrant un mouton noir expulsé violemment par des moutons blancs, lors d'une votation "pour le renvoi des étrangers criminels", et en 2009 en faisant interdire les minarets.

Dorothée Thénot

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