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Le vote ouvrier n'existe plus

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Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont, le 22 avril, reconquis une large part de l'électorat ouvrier. Une recomposition qui explique le recul du Front national et l'effondrement du Parti communiste. Et marque la fin d'une spécificité.

Les entreprises citées

OPA sur le vote ouvrier. C'est le pari qu'avaient fait, chacun de leur côté, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en choisissant d'arpenter les ateliers industriels et les bassins d'emploi fragilisés. Pari réussi à l'issue du premier tour de l'élection. Pour l'un comme pour l'autre. Car si Jean-Marie Le Pen reste à un niveau très élevé dans les sondages à la sortie des urnes dans la catégorie ouvrière, les deux gagnants font désormais jeu égal avec lui (lire ci-contre).

A droite, Nicolas Sarkozy est sans conteste parvenu à séduire une part non-négligeable de cet électorat. En 2002, Jacques Chirac n'avait recueilli que 13 % de ses suffrages, le président de l'UMP en capte 20 %. Ses gages aux couches populaires ont payé, que ce soient ses prises de position dans l'affaire EADS en faveur du remboursement par Noël Forgeard de son parachute doré ou ses déclarations fracassantes contre les délocalisations.

En se plaçant sur le terrain de l'immigration et de l'identité nationale, il a aussi suscité le ralliement d'ouvriers qui avaient voté pour le Front national lors des scrutins précédents. « Il y a toujours eu des ouvriers de droite - 30 % dans les années 1970 - qui se sont ensuite radicalisés vers l'extrê-me-droite. Aujourd'hui, il y a un vrai report vers Nicolas Sarkozy », confirme Florent Gougou, spécialiste du vote ouvrier et allocataire de recherche au Cevipof, le centre d'études de la vie politique de Sciences-Po Paris.

Dans certains bassins d'emploi, le basculement est très net. A Scionzier, une commune de Haute-Savoie située dans la vallée de l'Arve à forte tradition ouvrière : en 2002, Jean-Marie Le Pen avait recueilli 32,7 % des suffrages au premier tour quand Jacques Chirac n'en obtenait que 18,8 %. En 2007, les électeurs ont voté à 42,4 % pour Nicolas Sarkozy et seulement à 14,6 % pour Jean-Marie Le Pen qui glisse même derrière Ségolène Royal et François Bayrou. Et le cas n'est pas unique. A Hirsingue, terre ouvrière catholique du Haut-Rhin, le candidat du Front national divise son score par deux (10,2 % en 2007, contre 22,68 % en 2002) quand Nicolas Sarkozy double quasiment celui réalisé par Jacques Chirac (41 %, contre 23,8 %).

A gauche, Ségolène Royal, en jouant la carte du vote utile, a déjà récupéré une bonne partie de l'électorat ouvrier qui se positionne en général à l'extrémité de l'échiquier politique. L'extrême-gauche avec ses cinq candidats (Gérard Schivardi, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet et José Bové) ne capte que 14 % du vote des cols bleus (contre 9 % au plan national). A lui seul, Olivier Besancenot, chef de file de la LCR, attire 7 % des ouvriers en se posant comme « révolutionnaire ».

La défaite est particulièrement amère pour Marie-George Buffet qui ne recueille qu'entre 2 % - selon Ipsos - et 4 % - selon CSA - du vote ouvrier. « Le Parti communiste comme parti de la classe ouvrière est quelque chose qui n'existe plus », constate Pierre Bréchon, professeur de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Grenoble et auteur de « Les présidentielles. Elire un président sous la Ve République » (Aubanel, 2007). « Le PC est perçu comme un parti de gouvernement. Et les gens se disent que tant qu'à voter pour un parti de gouvernement, autant en prendre un vrai », complète Bernard Brunhes, le vice-président de BPI.

Peu d'ouvriers fidèles à la faucille et au marteau

Dans les régions les plus soumises aux crises sociales, lorsqu'il ne bascule pas vers la droite extrême ou Nicolas Sarkozy cette année, l'électorat ouvrier s'est réfugié dans l'abstention. Seuls quelques bassins ouvriers - les plus épargnés - sont restés fidèles à la faucille et au marteau. Ainsi, à Saint-Pierre-des-Corps à proximité de Tours (Indre-et-Loire), une commune marquée par une forte présence de cheminots, la candidate communiste recueille 8,7 % des voix. Même exploit à Port-Saint-Louis-du-Rhône, une ville ouvrière située sur l'étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône, où elle grimpe à 13,2 %.

Des résultats locaux qui ne suffisent pas à faire oublier la vraie surprise de ce premier tour. Désormais, le vote ouvrier est une terre de (re)conquête pour les partis de gouvernement qu'ils soient de droite ou de gauche. .

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