Quotidien des Usines

Le verrier Arc a besoin de fonds pour moderniser son site historique dans le Pas-de-Calais

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Le verrier Arc doit trouver 120 millions d’euros pour moderniser son site historique d’Arques (Pas-de-Calais). Après un accord avec les syndicats en janvier, l’industriel espère boucler un plan de financement ce mois-ci auprès de ses actionnaires et de partenaires.  

Le verrier Arc a besoin de fonds pour moderniser son site historique dans le Pas-de-Calais © Tercréa

Passé à deux doigts de la banqueroute il y a quelques années, le verrier Arc est de nouveau dans une situation critique. Le numéro un mondial des arts de la table a besoin de fonds pour moderniser son site d’Arques (Pas-de-Calais), son berceau historique, où se situe son siège et son principal site de production. L’industriel y emploie 5500 personnes, soit plus de la moitié de son effectif total.

Le groupe verrier compte réunir 120 millions d’euros pour financer la deuxième partie de la modernisation du site depuis son rachat par le fonds américain PHP en 2015. Après les fours, il s’agit notamment de moderniser la partie "froide" de ce site : conditionnement, logistique, maintenance... "On emballe encore les verres à la main : on a besoin de robots", explique un syndicaliste.

Le risque du redressement judiciaire

Or, malgré la progression de ses ventes (+20 % depuis 2015) et un chiffre d’affaires d’environ 900 millions d’euros, la rentabilité n’est pas au rendez-vous et l’industriel a besoin de trésorerie pour éviter un redressement judiciaire. Depuis 2015, 400 millions d’euros de nouvelles dettes ont été contractées, après l’effacement d’une ardoise de 350 millions d’euros, indique Le Monde, qui rapporte qu’une réunion sur le sujet a été annulée par le ministère de l’Economie le 7 mars.

Objet des attentions d’Emmanuel Macron en 2015, alors ministre de l’Economie, le dossier est revenu depuis quelques mois devant le Comité interministériel de restructuration industrielles (CIRI). "On est vigilant", dit-on également dans l’entourage de Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France.

L’Etat, la Région et la Communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer sont prêts à participer à un tour de table, par des avances. Mais le plan de financement pourrait aussi être trouvé en interne, auprès des actionnaires.

Un accord avec les syndicats de salariés

L’industriel peut également s’appuyer sur un accord signé le 30 janvier avec les six syndicats d’Arc après quinze jours de négociation. L’accord prévoit entre autres la réduction de 3 % des plus hauts salaires (supérieurs à 100 000 euros par an), et une nouvelle organisation du travail qui permettra à l’industriel de retrouver une flexibilité accrue et une plus grande autonomie financière. Illustration du nouveau management mis en place depuis 2015, des groupes de travail devaient ensuite en décliner les termes de l’accord. "L’accord avec les syndicats c’est une chose. Maintenant, il faut que les actionnaires le valident en investissant", observe Philippe Maes, délégué syndical CGT (majoritaire).

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