Le verre se protège au diamant

Une mince couche de carbone transparente, et le verre devient super résistant à l’abrasion. Le producteur de verre Guardian, qui a mis au point cette technologie de dépôt de DLC (Diamond-like Carbon), l’a récemment adaptée au verre trempé, utilisé par sécurité pour les meubles et l’aménagement intérieur.

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Le verre se protège au diamant

Tables, comptoirs, étagères, cloisons, rampes d’escalier... certains usages du verre le soumettent à des contacts fréquents, accompagnés d’usure et de dégradation rapides. C’est pour ce type d’utilisation que le verrier Guardian a cherché un revêtement protecteur efficace contre l’abrasion. Il l’a trouvé sous la forme d’un DLC ("Diamond-like Carbon", carbone similaire au diamant), une mince couche de carbone qui accroît sensiblement la résistance du verre à l’usure par frottement.

Les revêtements DLC sont bien connus, et déjà utilisés pour renforcer la résistance à l’abrasion de certains outils, de moules, de pièces de moteurs, de lames de rasoirs… Mais le défi, dans le cas du verre était de faire une couche transparente, solidement "accrochée" à la surface du verre, et de pouvoir réaliser le dépôt sur de grandes largeurs.

Propulsion de satellites

C’est ce développement qu’a mené Guardian depuis des années, en adaptant un procédé de dépôt par faisceau d’ions, venu de l’ex-URSS où il était utilisé pour des propulseurs de satellites. D’abord installé dans des usines américaines, sur le procédé verrier au standard américain (2,54 mètres de large), le procédé de dépôt DLC sur verre a ensuite été étendu à l’Europe, pour laquelle il a fallu passer sur une largeur de 3,21 mètres.

Sur le Vieux continent, c’est l’usine luxembourgeoise qui produit le verre renforcé au carbone, avec maintenant une exclusivité mondiale : le dépôt de DLC pour verre trempé. C’est-à-dire le verre chauffé à 650°C, puis refroidi rapidement, afin d’obtenir un matériau qui ne se brise qu’en petits morceaux non tranchants. "Il faut une couche supplémentaire pour protéger le carbone, qui sinon partirait en CO2 à cette température ! Cette couche protectrice est retirée après la trempe", explique Jean-Marc Lemmer, directeur du centre scientifique et technologique européen de Guardian. Avec cette technologie, le verrier vise le marché des fabricants de meubles ou d’aménagements intérieurs.

Thierry Lucas

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