Le véritable enjeu de la PPE... ou ce qu’Emmanuel Macron pourrait dire aux patrons de l’énergie

Ce mercredi 24 octobre, Emmanuel Macron réunit une trentaine de dirigeants d’entreprise et responsables d’organismes, dont Total, Engie, EDF, Orano, Vinci, Bouygues, le CEA et le CNRS, pour une séance de travail sur les questions énergiques. Une session d’explication de texte à la veille de la publication du projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie ? Les priorités de cette dernière pourraient en effet être différentes de celle de la première PPE.

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Le véritable enjeu de la PPE... ou ce qu’Emmanuel Macron pourrait dire aux patrons de l’énergie
Emmanuel Macron a promis "des annonces fortes dans la stratégie énergétique".

Ne pas se leurrer. L’enjeu de la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), attendue fin octobre pour fixer les feuilles de route énergétiques de la France pour 2019-2023 et 2024-2028, n’est pas le nombre de centrales nucléaires à fermer où la part des énergies renouvelables dans le mix électrique. S’il ne faut pas les freiner, l’éolien et le solaire sont bien lancés. Et François de Rugy promet que l’objectif de 40 % de renouvelables d’ici à 2030 sera tenu. Il a aussi confirmé que la "réduction de la dépendance au nucléaire", est toujours à l’agenda.

Certes les technologies émergentes, comme l’éolien flottant ou l’hydrolien, ont encore besoin de gros coups de pouce et devraient figurer en bonne place dans la PPE. Mais l’électricité ne représente que 23 % de l’énergie consommée en France et est déjà massivement décarbonée en France.

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l'Objectif est la neutralité carbone

L’enjeu aujourd’hui est d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Or, hormis pour le charbon, aucun des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’énergie, le transport, le bâtiment et l’agriculture de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) ne seront atteints en 2023. Et de très loin. La mobilité électrique ne fera pas tout. Passer le fonds chaleur de 215 à 300 millions d’euros en 2019 dans la loi de finances est un bon signe que le chaud (et le froid) renouvelable est prioritaire. Tant mieux, c’est dans ce secteur que le retard vis-à-vis de l’objectif (21 % au lieu de 33 %) est le plus fort.

Mais pour la consommation finale d’énergie, il faudrait multiplier par quatre le rythme annuel d’amélioration d’efficacité énergétique pour rester dans les clous. Il faut aussi accélérer l’usage de carburants alternatifs moins carbonés comme le gaz (renouvelable si possible) ou l’hydrogène (vert, si possible aussi)… Et ce avec une taxe carbone encore peu incitative. Le véritable enjeu de la prochaine PPE est là.

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