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Le vélo électrique s'élance dans la ville

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Technologies importées mais assemblages essentiellement français ! L'Hexagone adopte enfin le vélo à assistance électrique. De nouveaux acteurs viennent booster ce marché.

Lapierre, leader français du cycle, a lancé en mai son premier vélo à assistance électrique (VAE), le Start and Go. Il est rejoint ce mois-ci par Decathlon et son B'Twin Elops 7. « La France rattrape son retard sur le vélo électrique, comme elle l'a fait sur internet », s'enthousiasme Gilles Lapierre, le PDG de cette entreprise dijonnaise (90 000 vélos produits) de 105 salariés et 50 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008. « Quatrième marché le plus important au monde avec 3,417 millions de cycles commercialisés en 2008, nous avons un énorme potentiel. Jusqu'ici, nous avions une culture vélo tournée vers les loisirs. Le développement des infrastructures dans les grandes villes accélère les ventes de vélos urbains », se félicite Didier Huré, le délégué général du Conseil national des professions du cycle (CNPC). « Doté d'une batterie rechargeable sur secteur proposant une autonomie moyenne de 40 kilomètres, et roulant à 25 km/h maximum, le VAE attire de plus en plus de non-cyclistes », confirme Sophie Nenner, la directrice du magasin parisien spécialisé Vélo Electro.

Avec une hausse de 50 % de ventes en 2008, à 15 300 unités (15 millions d'euros de chiffre d'affaires), la France est encore loin derrière les Pays-Bas et l'Allemagne (à 140 000 et 100 000 VAE respectivement) ou la Chine et ses 2,5 millions d'unités. Le marché des VAE devrait s'envoler cette année grâce notamment aux 220 magasins Decathlon qui annoncent le B'Twin Elops 7. Fabriqué au Portugal chez un partenaire du distributeur, il va se frotter aux produits concurrents déjà bien installés, français ou étrangers (le taïwanais Giant, le suisse Flyer, l'allemand Kalkhoff et de nombreuses marques chinoises).

DISCOURS ÉCOLO ET PRIX DE L'ESSENCE

Le suédois Cycleurope, numéro 1 européen du cycle avec 1,25 million d'unités vendues en 2008, fut l'un des pionniers de l'électrique. « Nous avons commencé il y a dix ans, mais le marché a décollé il y a trois ans avec le développement du discours écologique et la cherté de l'essence », souligne Bruno Gazet, le directeur commercial et marketing. Son usine de Romilly-sur-Seine (Aube), qui emploie 250 salariés, fabrique tous les VAE du groupe sous deux marques, Gitane et Puch (pour le marché hollandais). Avec leurs kits électriques (moteur et batterie lithium-ion) fournis par le japonais Panasonic, les E-bike Gitane, de 999 à 2 000 euros, revendiquent le leadership, avec un tiers du marché français en 2008.

Comme Cycleurope, le français Matra M et S fait appel à un prestataire, le canadien Bion'x, pour les moteurs et batteries NIMH (nickel-métal hydrure) ou lithium-ion de ses neuf modèles i-Step. L'ancien constructeur du Renault Espace et de l'Avantime, qui emploie une centaine de salariés dans son usine de Romorantin (Loir-et-Cher), s'est lancé fin 2005 sur ce marché pour compenser la perte de l'activité automobile. Avec près de 4 000 i-Step vendus en 2008, dont 1 000 à l'export, Matra M et S affirme être le seul en France à proposer une rechargeabilité partielle de ses batteries en cours de roulage (jusqu'à 20 %), permettant une autonomie maximale de 80 kilomètres. Mais l'argument a un coût : l'entrée de gamme i-Step One se vend à 1 450 euros !

De son côté, Lapierre bénéfice des moyens technologiques de sa maison mère hollandaise, Accell, pour son Start and Go. « Nous avons défini le produit en interne et une autre filiale du groupe, Protanium, fournit les moteurs et batteries lithium-polymère », explique le dirigeant, qui espère vendre, en 2009, plus de 2 000 VAE fabriqués sur son site d'Andrézieux-Bouthéon, près de Saint-Etienne.

DES MARQUES FRANÇAISES PRODUITES EN ASIE

 

Le vendéen Intercycles (11 millions d'euros de C.A. en 2008) fait, lui, appel à plusieurs partenaires pour son modèle sans chaîne Arcade. Le chinois Tarden fournit les cardans (axe de transmission remplaçant la chaîne) et le taïwanais Tranz'x, les moteurs et batteries lithium-polymère. Après avoir produit 62 000 vélos à La Roche-sur-Yon en 2008, dont 400 VAE, la PME qui emploie 45 salariés vise les 2 000 VAE minimum en 2009.

Parallèlement, des marques françaises produisent entièrement en Asie. Depuis 2005, Easy Bike (3 millions d'euros de C.A. en 2008 pour 3 900 VAE vendus) fait fabriquer ses vélos en Chine, près de Shanghai, dans l'ancienne usine de moteurs électriques de Giant. « En novembre, nous avons racheté le site en joint-venture. Car, contrairement à d'autres, nous fabriquons nos moteurs », revendique Gregory Trébaol, le dirigeant de cette société parisienne qui propose un produit d'appel à 850 euros. Grâce à la fabrication du VAE Electron pour le distributeur Go Sport, Easy Bike prévoit de doubler ses ventes cette année.

« La norme EN 15194 sur les VAE, qui a pris effet le 1er mai, va permettre d'apurer le marché de tous les produits bas de gamme venus d'Asie », espère Christian Jodet, le directeur général d'Intercycles. Mais attention, pour l'instant, cette norme n'est pas obligatoire. Selon le CNPC, elle devrait le devenir d'ici à la fin de l'année, une fois qu'elle sera intégrée au décret du 24 août 1995, relatif à la prévention des risques pour les usagers des bicyclettes. D'ici là, la concurrence s'annonce rude pour les français.

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