Le véhicule électrique est-il écolo ?

Le constructeur Renault a réalisé l’analyse du cycle de vie de son véhicule électrique Fluence. Une étude qui montre les avantages de l’électrique par rapport au thermique mais  aussi les difficultés posées par la batterie.

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Le véhicule électrique est-il écolo ?

Ecolo, pas écolo ? Métaux, batterie, provenance de l’électricité …. La voiture électrique ne cesse d’alimenter les débats sur son intérêt écologique. En attendant les résultats de l’analyse du cycle de vie (ACV) lancée par l’Ademe, celle réalisée par Renault sur son modèle Fluence * apporte de premières réponses.

"Le véhicule électrique conduit à une réduction de moitié des impacts majeurs de l’automobile", avance Jean-Philippe Hermine, le directeur environnement du groupe Renault. En matière d’émissions de gaz à effet de serre et d’épuisement des ressources non renouvelables, le véhicule électrique conserve, sur l’ensemble de sa durée de vie, un impact moindre qu’un véhicule thermique. Alors que la version électrique émet 15 tonnes équivalent C02 (pour deux utilisateurs), la bonne vieille automobile en émet 29. Pour l’épuisement des ressources, ces chiffres sont de 88 kg équivalent antimoine (Sb) contre 187. "Le véhicule électrique consomme plus de ressources à sa production mais moins dans sa phase d’usage", avance Stéphane Morel, chef de projet programme ACV de Renault.

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Mix énergétique moyen européen

Pour faire ses calculs, le constructeur s’est appuyé sur un mix énergétique moyen européen (mix de ses ventes 2011). En effet, en fonction de la source de l’électricité alimentant le véhicule (charbon, gaz, uranium …), les résultats varient. Pour un pays qui a un mix de production d’électricité, essentiellement à partir de centrales à charbon, à l’image de la Pologne, les résultats seront beaucoup moins favorables.

Le bilan est plus mitigé en matière d’eutrophisation des milieux aquatiques : le véhicule électrique a un impact équivalent au véhicule thermique (6 kg équivalent phosphate contre 6). Mais surtout en matière d’acidification des pluies (69 kg équivalent SO2 contre 59). La raison ? Les métaux qui entrent dans la composition de la batterie ont dû être extraits à grand renfort d’opérations physico-chimiques. Cette extraction provoque notamment des rejets de polluants atmosphériques (Nox, SO2…).

Durée de vie : 10 ans

La batterie reste à ce jour le point noir du bilan environnemental du véhicule électrique. Cet élément pèse plus de 200 kg et a une durée de vie de huit ans. Même si Renault a recours en partie à une technologie lithium-ion manganèse (Li-MnO2) qui permet de réduire fortement la quantité de cobalt, la batterie a encore du chemin à faire. En matière d’extraction de métaux mais aussi de fin de vie. Les technologies de recyclage sont en effet en cours de développement (séparation thermique et broyage avec à chaque fois des bains hydro) et loin d’être optimisées. "A l’avenir les batteries seront recyclées et les métaux réincorporés dans leur fabrication, l’autonomie progressera également ce qui diminuera les impacts", poursuit Jean-Philippe Hermine. Renault prend en charge la totalité de la filière de collecte et de recyclage des batteries.

Outre ses modèles électriques Fluence et Kangoo ZE, le constructeur commercialise Twizzy depuis mars dernier, et s’apprête à lancer Zoé en septembre prochain.

*étude réalisée sur le modèle Fluence sur 150 000 km durant dix ans

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