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L'Usine Santé

"Le vaccin contre le paludisme sera produit en partie à Saint-Amand les Eaux", confie le patron de GSK France

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Entretien Conséquences du Brexit, future production en France du premier vaccin au monde contre le paludisme, stratégie pour éviter les conflits d’intérêt avec les médecins… Jean-François Brochard, le président du laboratoire pharmaceutique GSK France, s’est confié à L’Usine Nouvelle.  

Le vaccin contre le paludisme sera produit en partie à Saint-Amand les Eaux, confie le patron de GSK France © GSK

L'Usine Nouvelle - Andrew Witty, votre PDG, a clairement positionné GSK comment étant contre le Brexit. Quelles vont être les conséquences pour votre groupe, dont le siège est à Londres ?

Jean-François Brochard - C’est une déception, mais il est encore difficile d’en mesurer les conséquences. Notre CEO participe notamment avec Pascal Soriot (le patron du laboratoire anglais AstraZeneca, ndlr) à un groupe de travail avec les autorités anglaises pour comprendre les impacts du Brexit sur notre industrie.

Un déménagement de l’Agence européenne du médicament pourrait créer plus de complexité pour le groupe, mais cela ne changera pas la conduite de nos affaires dans les années qui viennent, ni notre devenir en France.  

Continuez-vous à investir dans vos trois usines françaises ?

Depuis trois ans, GSK a investi en France près de 300 millions d’euros en recherche et production, dont un tiers dans l’industrie. En 2016, cela s’est traduit par 13 millions d’euros sur notre site secondaire de vaccins à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), 21 millions pour notre usine de dispositifs d’inhalation à Evreux (Eure), et 9,7 millions à Mayenne (Mayenne), où nous fabriquons des antibiotiques. En deux ans, nous avons créé 300 emplois sur ces sites.

Nous sommes très peu d’acteurs pharmaceutiques internationaux à continuer à le faire. Un certain nombre d’indicateurs passés dans l’accord cadre avec le CEPS (le comité qui fixe le prix des médicaments, ndlr) nous font espérer que ces investissements seront pris en compte dans la stabilité des prix du médicament.

En quoi est-ce encore stratégique pour vous de produire en France, alors que la plupart de vos concurrents ont fermé ou cédé leurs usines à des sous-traitants?

Aujourd’hui, notre production en France répond à nos exigences de qualité et d’efficience. Nous sommes compétitifs en termes de prix, et 86% de ces produits sont exportés. Tant qu’on respecte ces deux conditions et que la demande mondiale continue de croître, il n’y a pas lieu de remettre en cause notre empreinte.

Votre site de Saint-Amand-les-Eaux pourrait-il accueillir la fabrication du vaccin contre le paludisme, que vous finalisez avec la fondation Bill Gates?

Oui, une partie de la production de ce vaccin aura lieu à Saint-Amand les Eaux. Il s’agira d’une arme importante, mais pas absolue pour prévenir la malaria : selon nos données cliniques, l’efficacité de ce vaccin est de l’ordre de 20 à 35%, en fonction des groupes, sur la période totale de l’étude.

C’est l’OMS qui fixera la date de démarrage de la première phase du programme pilote pour le distribuer en Afrique. Sous réserve de la validation du financement, les préparations pourraient démarrer dans différents pays où le paludisme est endémique et les premiers enfants être potentiellement vaccinés début 2018.

GSK a mis en place une politique d’éthique et de transparence dans ses liens avec les médecins. Comment cela se traduit-il concrètement?

Notre mission est de mettre à disposition des médicaments et vaccins de qualité, à forte valeur ajoutée et sûrs pour les patients. Leur bonne utilisation s’accompagne d’une information qui doit être équilibrée et neutre, afin de garantir une indépendance de jugement  des médecins.

Depuis 2004, nous donnons accès à tous nos résultats de recherches et d’études cliniques, positifs comme négatifs, jusqu’à un stade ultime avec la mise à disposition de la totalité des données anonymisées. En 2015, nous avons modifié le système de rémunération de nos visiteurs médicaux, en supprimant tout objectif individuel de vente. Et depuis le 1er janvier 2016, nous ne rémunérons plus les médecins pour parler en notre nom de nos médicaments et vaccins.

Vous allez également plus loin que la publication des montants versés aux médecins, obligatoire en France depuis la loi Bertrand, et conseillée à l’échelle européenne par votre syndicat EFPIA...

En Europe, GSK s’est engagé à publier les montants consentis aux professionnels de santé et aux organisations de santé, pour renforcer la transparence. En France, il s’agit d’une démarche complémentaire par rapport à la loi Bertrand. Ainsi, GSK France (Pharma et ViiV Healthcare) a publié le 30 juin 2016 un montant de 10,6 millions d’euros, dont 7,2 millions sont directement liés à nos activités de recherche clinique sur nos médicaments et vaccins, pour l’ensemble de l’année 2015. Le solde concerne principalement des honoraires et du sponsoring pour participer à des congrès scientifiques.

Ces mesures sont-elles liées à ce qui s’est passé en Chine, où GSK a été condamné il y a deux ans pour corruption ? Cela est-il derrière vous ?

Il n’y a pas de lien direct, car cette démarche de transparence avait été initiée il y a plus de dix ans. Mais les évènements en Chine ont agi comme un catalyseur pour l’accélérer. Aujourd’hui, nous faisons tout ce qu’il est possible, en respectant les valeurs de la promotion de médicaments.

Le risque zéro n’existe pas, mais nous formons l’ensemble de nos salariés pour bien leur faire comprendre que le comportement déviant d’une seule personne – qu’elle soit en production, en qualité ou en recherche – peut mettre à mal tout le processus. C’est une démarche qualité qui concerne l’ensemble de l’entreprise.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

L’innovation au secours de la croissance de GSK France
Sur un marché pharmaceutique français atone, GSK a enregistré un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros en 2015. En légère croissance grâce à sa joint-venture Viiv sur les traitements du VIH, dont il détient 80%. Mais 4/5e de ses ventes réside dans ses produits Pharma et Santé grand public, utilisés par un nombre croissant de Français mais qui subissent les pressions sur les prix. « Grâce à notre innovation, nous avons l’espoir légitime de retrouver le chemin vers une croissance d’ici quelques années, en renouvelant une partie de notre portefeuille, estime Jean-François Brochard. En 2018, plus d’un cinquième de notre chiffre d’affaires viendra de produits lancés ces trois prochaines années. »

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