L'Usine Santé

Le vaccin contre la dengue suscite les passions

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Avec un marché potentiel de 2,5 milliards de personnes et aucun traitement existant, le vaccin contre la dengue intéresse aussi bien laboratoires publics que privés. Même si Sanofi a une longueur d'avance, une bataille mondiale est engagée.

Le vaccin contre la dengue suscite les passions © D.R. - Sanofi Pasteur

Qui sortira le premier son vaccin contre la dengue? Dans la lutte contre cette maladie infectieuse et potentiellement mortelle, transmise par le moustique tigre, le laboratoire français Sanofi a une longueur d'avance. Son vaccin - dont il devrait dévoiler de nouveaux éléments à la presse demain - est en phase 3 d'études cliniques, la dernière avant une potentielle mise sur le marché. Mais la partie n'est pas encore gagnée.

En 2004, il avait en effet dû abandonner le développement d'un vaccin vivant en phase 2... Pour reprendre ses recherches avec un vaccin obtenu par recombinaison génétique. Car le vaccin idéal nécessite de mettre au point une réponse immunitaire équilibrée contre les quatre formes distinctes de la dengue.

Cinq concurrents de Sanofi dans la course

Un pari que tentent aussi de relever cinq concurrents. Car le marché potentiel est énorme, avec 2,5 milliards de personnes vivant dans des zones à risque de contracter la dengue! Sans doute la raison pour laquelle les instituts nationaux américains de la santé (NIH) développent, via leur division maladie infectieuse, leurs propres vaccins. Dont l'un d'eux devrait entrer en phase 2 en fin d'année, pour un lancement estimé à 2015... Soit quelques mois après celui de Sanofi.

Les budgets, pourtant, ne sont pas les mêmes. Le NIH avait consacré 45 millions de dollars à la recherche sur la dengue en 2010, alors que Sanofi Pasteur (la division vaccins de Sanofi) lui alloue une grande partie de ses 450 millions d'euros de dépenses R&D annuelles.

La montée en puissance d'un vaccin public ?

Mais le Français devra compter avec la prise de position d'autres big pharmas. Ainsi, le vaccin de l'anglais GSK - un autre grand spécialiste du secteur - devrait entrer en phase 1 cette année, après avoir été initialement développé par un centre de recherche de l'armée américaine (WRAIR). Tandis que Merck, pourtant allié de Sanofi dans le vaccin en Europe avec une joint-venture, a fait l'acquisition en 2010 des droits sur un produit développé par la biotech Hawaii, qui a dépassé la phase 1. "En dehors de l'Europe, nous sommes concurrents", rappelle-t-on chez Sanofi Pasteur.

L'industriel devra aussi se méfier d'un compatriote...public. Car l'institut Pasteur entend bien développer son propre vaccin, basé sur celui de la rougeole, qu'il promet moins coûteux que le produit de Sanofi. Et donc plus accessible aux pays émergents, les victimes principales de la dengue. Même s'il n'est pas encore testé sur l'homme, il pourrait bien forcer Sanofi Pasteur à clarifier son positionnement...

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