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L'Usine Auto

Le Trophée Andros met le sport auto à l'heure de la voiture électrique

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Publié le

Andros et l'organisateur du trophée éponyme de course sur glace ont développé une voiture 100% électrique, conçue par une petite société d'ingénierie française. Le véhicule, qui concourra dès la saison prochaine, attise la curiosité des constructeurs auto

Le Trophée Andros met le sport auto à l'heure de la voiture électrique

Les entreprises citées

(mise à jour le 2/03/09) Depuis le temps que le véhicule électrique est soit disant pour demain... Depuis le temps que le sport automobile a mauvaise presse auprès d'un public de plus en plus sensibilisé à la défense de l'environnement... Fallait-il que ce soit à un fabricant de jus de fruits que l'on doive la mise au point d'une voiture 100% électrique performante et même capable de gagner des courses, tout en émettant zéro gramme de CO2 ?

Les innovations ne sont pas toujours là où on les attend. Pour patienter jusqu'à 2011 et la sortie des premières grandes routières électriques, on pourra dès novembre 2009 suivre les résultats de la première série 100% électrique en course automobile, créée par le Trophée Andros. Deux ans après le premier prototype de sprint car Andros Car 01, les organisateurs ont dévoilé cet hiver l'Andros Car 03, qui préfigure la série de dix véhicules qui s'affronteront sur la glace la saison prochaine.

Le projet, qui a démarré il y a cinq ans déjà, tient très à cœur à Max Mamers, ancien pilote et créateur du Trophée Andros. « Le Trophée a 20 ans. Nous avons atteint des niveaux de technologie très intéressants, nous avons fait tourner les plus grands pilotes... Pour sa troisième décennie, il semblait évident que le défi à relever était celui de l'environnement. D'autant que nos courses s'effectuent parfois dans des endroits protégés. »

Un développement hors de toute dimension industrielle

Dans un premier temps, les organisateurs ont électrifié des véhicules existants. Mais pour l'Andros 3, la voiture a été conçue, développée et fabriquée par Exagon Engineering, société de 18 personnes créée il y a cinq ans, basée sur le Technopôle de Magny-Cours et réalisant 2,2 millions de chiffre d'affaires. Cette entreprise d'ingénierie (une des rares à prendre en charge la fabrication), déjà présente sur le Trophée (elle a raflé six fois le titres avec le pilote Yvan Muller), n'avait encore jamais travaillé sur des véhicules électriques. Elle a réalisé la conception complète du châssis et de la carrosserie (du design à la fabrication), ainsi que la construction des trois premiers modèles d'Andros Car. C'est elle qui a notamment effectué les études pour l'intégration de la batterie, la mise au point de la chaîne de traction, et elle s'est aussi occupée de l'homologation. L'ingénierie électrique a été assurée par une autre société baptisée EVE, basée à Lyon. Un troisième sous-traitant, GBE, s'est chargé de l'ensemble des travaux concernant le "bloc propulsion" : étude, réalisation, assemblage et montage. 

Andros Car 3

Puissance moteur : 2 x 45 Kw (équivalent 122 CV)
Batterie nickel métal hydrure de 240 kg
Châssis tubulaire
140 km/h en vitesse de pointe
2 roues motrices

L'un des principaux problèmes à résoudre dans la conception a été d'intégrer les 240 kg de batterie (le tiers du poids total du véhicule) en respectant les normes de sécurité. Celle-ci a été placée côté passager, sous le siège. Quant au problème climatique - les batteries électriques offrent leur meilleur rendement à partir de 15 degrés -, l'impératif de la course sur glace oblige à stocker les voitures sous une bâche chauffée avant la course. En revanche, le moteur électrique fonctionne normalement pendant la course.

Le projet a été mené à bien entre juin et novembre : un délai très court pour un projet dont les retombées vont bien au delà des pistes alpines. L'initiative a inévitablement attiré la curiosité des constructeurs, particulièrement intéressés par les questions de puissance et d'autonomie de la batterie en conditions extrêmes. Exagon a ainsi rencontré deux contacts dans l'industrie automobile traditionnelle, confie Luc Marchetti, gérant de la société. De quoi accompagner peut-être ses projets de diversification hors compétition automobile, dans un contexte où le sport motorisé va plutôt mal. Gageons que ses prochaines études visant à remplacer la batterie nickel métal par le lithium-polymère seront suivies de près par les industriels. De cette évolution, la société attend des performances doublées pour un poids de batterie divisé par deux.

Bénéfices d'image : sponsors - 1, constructeurs - 0
 

De l'intérêt de son projet pour l'industrie automobile, Max Mamers ne doute pas. « Les évolutions technologiques de l'industrie ont toujours été validées par le sport automobile : les pneus, la ceinture de sécurité, les freins à disque... La compétition est aussi la mieux placée pour faire évoluer les mentalités. Le fait que les plus grands pilotes du monde en conduisent rendra les voitures électriques plus sexy pour le consommateur. » Alain Prost au volant d'une Andros Car, le début d'un marché ! De fait, même si l'on connaît les contraintes du marché de la voiture électrique, le principal problème étant celui du coût, on sait bien que pendant longtemps, la technologie n'a pas avancé parce que la volonté des constructeurs faisait défaut. De leur côté, les organisateurs de la F1 et du rallye ont toujours cru que l'électrique ne ferait pas rêver. Voir apparaître en si peu de temps une compétition 100% électrique ne peut qu'encourager l'industrie à accélérer le pas.

Mais pour l'instant, c'est Andros qui se fait mousser. L'industriel, qui fabrique des boissons et des desserts à base de fruits, a pris en charge 100% de l'investissement pour le développement des deux premières générations de voitures électriques et la construction de son propre bolide. Pour les voitures suivantes, qui prendront part à la compétition à partir de la saison prochaine, l'exploitation sera assurée par 2MO, la société d'événementiel de Max Mamers, qui organise le Trophée Andros et, entre autres, la course cycliste Paris Corrèze.

Max Mamers espère que l'aspect écolo-friendly de la nouvelle catégorie électrique fera revenir les sponsors vers le sport automobile. Pour commercialiser les voitures, il a eu une idée originale, inspirée directement par les courses de voile. Les voitures, qui afficheront toutes les mêmes performances, ne seront pas associées à un constructeur mais au nom du sponsor. Pour une saison, hors pilote, le budget de sponsoring tournera autour de 100.000 euros.

Raphaële Karayan

Sur le Web :
http://www.exagon-engineering.com/
http://www.2mo.fr/
http://www.tropheeandros.com/

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