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L'Usine de l'Energie

Le triple défi des RH d’Areva

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Les ressources humaines doivent gérer la cession d’Areva NP et mettre en place les plans d’économies, tout en conservant des équipes motivées.

Le triple défi des RH d’Areva
Anticipation, numérique et fidélisation des salariés sont au cœur de cette réorganisation.
© D.R.

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C’est une certitude. « Ce qui se passe aujourd’hui chez Areva est un cas d’école. Je ne sais pas si beaucoup de sociétés françaises ont connu une transformation aussi importante dans un délai aussi court », affirme le directeur des ressources humaines du groupe, François Nogué. Au-delà des défis économiques que pose la situation dégradée du spécialiste du nucléaire [lire ci-contre], le groupe doit faire face à trois défis humains. D’une part, il va être scindé en deux avec la reprise de la branche Areva NP par EDF. D’autre part, il doit diminuer son effectif de 6 000 salariés, sur les 39 000 que compte le groupe, d’ici à 2017. Enfin, il faut motiver tous les salariés qui demeureront dans le nouvel Areva. Toutes ces actions sont à mener en parallèle d’un plan d’économies d’un milliard d’euros.

La première réponse à ces défis est l’anticipation. Alors que les détails du rachat d’Areva NP par EDF restent à négocier, – EDF n’ayant toujours pas remis son offre définitive pour le rachat de cette activité valorisée à 2,7 milliards d’euros –, les lignes managériales du nouvel Areva et du nouvel Areva NP sont, elles, déjà définies. Soit un an avant la scission, qui devrait être effective début 2017. Une soixantaine de dirigeants ont été évalués afin de créer le Comex des deux entreprises. Actuellement, leurs « n -1 » sont en cours de nomination et les deux directions coexisteront dès juillet 2016. Pour le reste, 90 % des salariés opérationnels savent déjà dans quelle branche ils iront. « Des questions se posent pour les services centraux. Nous devons désormais travailler sur ce sujet », assure le directeur des ressources humaines.

Le deuxième travail est d’accélérer la baisse globale d’effectif. En 2015, 2 300 personnes ont quitté le groupe, dont 900 en France. Pour encadrer ce processus, Areva a ouvert des espaces emploi sur ses différents sites pour les salariés intéressés par des dispositifs de préretraite ou de départ. Ces plates-formes physiques sont gérées par un partenaire externe pour des questions de confidentialité.

Offres d’emploi sur une plate-forme digitale

En parallèle, le groupe a mis en place une plate-forme digitale pour que les salariés puissent consulter les offres d’emploi du secteur, sélectionnées par profil, compétence et bassin géographique. Les comptes sont anonymes mais une procédure permet de lever la confidentialité pour faire acte de candidature. Actuellement, environ 5 000 comptes ont été ouverts, un très bon résultat selon la direction du groupe. En plus de ces offres numériques, Areva organise des rencontres avec des partenaires, comme le CEA, EDF, Thales, Renault, BNP Paribas, qui viennent présenter leurs besoins dans le cadre de forums emploi.

Il ne faut pas négliger non plus ceux qui restent chez Areva. D’autant que la situation économique a déjà imposé de limiter l’évolution des salaires (+ 0,6 % en 2015, + 0,6 à 0,8 % en 2016) et remis en cause des mesures d’intéressement et d’abondement. La fidélisation des salariés restants passe, selon le DRH, par « le besoin de comprendre l’histoire de l’entreprise et de son business, et d’avoir un sentiment d’appartenance ». À cela, le dirigeant reconnaît qu’il faut aussi ajouter des éléments de rétribution et de sécurisation personnelle, selon un ratio qui dépend de chaque personne. La définition d’un message d’avenir, la manière de le porter jusqu’aux salariés de chaque site et de le décliner selon l’activité locale est en cours de définition chez Areva. « C’est un travail compliqué. Si, à la fin de l’année 2016, 70 % des gens voient bien où ils vont et comprennent la stratégie de l’entreprise, nous aurons gagné ! », affirme François Nogué. 

Un groupe en difficulté

 

En 2015, pour la cinquième année consécutive, Areva a affiché des résultats en pertes. Elles s’élevaient à 2 milliards d’euros pour l’année 2015. C’est néanmoins mieux que l’année 2014, où le déficit a atteint 4,9 milliards d’euros. Selon Philippe Knoche, le directeur général, « cette perte est pour moitié associée à l’EPR d’Olkiluoto 3 en construction en Finlande et pour l’autre moitié liée aux actions de redressement de l’entreprise ». Une offre définitive d’EDF est imminente pour racheter la branche Areva NP chargée de la maintenance et de la construction des réacteurs nucléaires. 

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