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Quotidien des Usines

Le Tribunal de Commerce de Poitiers accorde un sursis d'un mois à GM & S Industry

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Publié le , mis à jour le 24/05/2017 À 12H09

La période d'observation est prolongée jusqu'au 30 juin pour l'équipementier GM&S Industry, basé à La Souterraine (Creuse), un sursis annoncé le 24 mai par le Tribunal de Commerce de Poitiers (Vienne).  

Le Tribunal de Commerce de Poitiers accorde un sursis d'un mois à GM & S Industry © D.R.

Après l'audience du 23 mai, le Tribunal de Commerce de Poitiers (Vienne) a finalement statué mercredi 24 mai sur l'avenir du site GM&S Industry de La Souterraine (Creuse). Cinq semaines supplémentaires ont été octroyées aux candidats à la reprise pour finaliser leur projet. Ils auront jusqu'au 7 juin, 17 heures, pour présenter leur offre.

Les 250 salariés présents, hier à Poitiers, avaient appris par leur avocat Maître Borie qu'un repreneur potentiel avait déposé une lettre d'intention, en plus de celle du groupe stéphanois GMD. Il s'agit de Jean-Jacques Frey, installé à Reims (Champagne), qui a fait fortune dans l'immobilier, le vin et les assurances et serait prêt à injecter plusieurs millions d'euros pour sauver l'usine.

"Un autre repreneur, sérieux vis à vis de sa surface financière, s'est proposé de reprendre tout le monde, pratiquement 240 salariés, ce qui est plus intéressant que les offres précédentes, annonçait Maître Borie, le 23 mai à la sortie de l'audience, sans toutefois mentionner son identité. Au travers des dernières évolutions de chiffre d'affaires, La Souterraine devient un site plus alléchant pour un éventuel repreneur. Le combat qui a été le vôtre a payé ! L'audience de fin juin permettrait de laisser émerger des offres qui pourraient être meilleures que celle présentée pour l'instant par GMD qui consisterait à transformer La Souterraine en un site de frappe."

C'est donc un soulagement pour les 277 salariés de GM&S Industry, en redressement judiciaire depuis le 5 décembre 2016. Quelques 250 salariés avaient fait le déplacement à Poitiers, rejoints par plus d'une centaine de manifestants dont des employés de Goodyear et l'ancien candidat à l'élection présidentielle Philippe Poutou.

A l'issue de l'audience du 23 mai, Vincent Labrousse, délégué du personnel CGT, avait lancé un nouvel appel solennel. "Nous demandons à l'Etat d'agir en tant qu'actionnaire des constructeurs pour faire bouger le chiffre d'affaires de manière significative."

Difficile début de négociations

Après le report de l'audience prévue initialement le 5 mai, les salariés ont multiplié les actions pour interpeller les pouvoirs publics tout en demandant aux deux constructeurs PSA et Renault de consentir un effort supplémentaire afin d'augmenter leur charge de travail. Le chiffre d'affaires de l'usine dépend pour deux tiers de ces donneurs d'ordre. Les salariés étaient passés à la vitesse supérieure, le 11 mai, en piégeant l'usine, en détruisant deux machines et en occupant le site jour et nuit.

Le 15 mai, c'est une table ronde de près de sept heures qui a été organisée à la préfecture de Guéret autour du préfet Philippe Chopin réunissant des représentants des deux constructeurs, l'intersyndical CGT-FO de GM&S Industry, Renaud Le Youdec directeur de transition du site, le mandataire judiciaire et quelques élus locaux inquiets de l'avenir du second employeur privé du département. La réunion n'a pas permis de faire avancer le dossier, les constructeurs évoquant la possibilité d'augmenter d'un million d'euros chacun leur carnet de commandes pour sauver quelques 160 emplois.

Le lendemain, l'intersyndicale a lancé un appel national à manifester, appel entendu par plus de 2.000 personnes qui se sont lancées dans une marche de 4 kilomètres ralliant l'usine à Guéret. Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou, demandant l'intervention du Président de la République, étaient tous les deux présents.

Renault et PSA augmentent leurs commandes

Le 19 mai, des représentants des salariés ont été reçus par Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, qui s'est engagé à contacter les dirigeants de PSA et Renault, tout en indiquant dans un communiqué à l'issue de l'entretien que "la pérennité de l’activité du site de La Souterraine devra également s’accompagner d’une adaptation de l’entreprise aux conditions et standards de concurrence".

Durant le week-end, Carlos Ghosn, Président directeur général de Renault doublait ses commandes pour atteindre 10 millions d'euros par an tandis que Carlos Tavares, Président du directoire de PSA, ajoutait deux millions supplémentaires soit 12 millions d'euros par an. Leurs engagements ne satisfaisant pas pour autant les représentants du personnel qui souhaitent obtenir un chiffre d'affaires annuel autour de 40 millions d'euros pour conserver la totalité de l'effectif du site. Toutefois, ces engagements vont permettre de poursuivre les discussions en vue d'une éventuelle reprise.

L'usine Wagon Automotive de La Souterraine a connu quatre repreneurs en dix ans Sonas en 2006, puis Altia en 2009 et Transatlantic Industries en mars 2014, déclaré en cessation de paiement un mois après. Le groupe italien GM&S Industry, dirigé par Gianpiero Colla, a sauvé le site menacé de liquidation en décembre 2014 au prix de 41 départs volontaires.

Corinne Mérigaud
 

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