Le traitement des matériaux date du Néolithique

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Lausanne semble montrer que les hommes du Néolithique trempaient leurs outils en os dans de l’huile pour en améliorer la durée de vie. Une découverte qui change notre vision du traitement des matériaux.

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Le traitement des matériaux date du Néolithique
Une aiguille en os servant à coudre le cuir

Le Néolithique (-9 000 à –3 300 ans av J.C.) est une période de la préhistoire qui a été marquée par de grandes évolutions dont la sédentarisation des peuples autour du développement des activités agricoles. Si cela a entrainé de profondes mutations sociales et économiques, les techniques de travail ont aussi fortement évoluées, notamment dans les outillages utilisés.

En effet, cette période est connue sous le nom de l’âge de la Pierre Polie où les outils rudimentaires, dégrossis par percussion ou pression sur des morceaux de roche, sont ensuite façonnés par polissage, afin de rendre les tranchants réguliers et plus efficaces. Un travail de patience, puisqu’il faut frotter le morceau de roche (silex, basaltes…) sur un polissoir en grès ou en granite pour en user progressivement les faces. Des expériences récentes ont montré qu’il fallait plus de 100 heures de polissage manuel pour finir une hache de pierre. Et le tout était fait avec une notion esthétique certaine, car le polissage ne se limitait pas aux seules arêtes coupantes. On a ainsi retrouvé de cette période de superbes haches et herminettes polies destinées à abattre puis façonner le bois.

Des outils en os huilés

Pour les travaux moins difficiles, notamment sur le cuir, ces hommes utilisaient des outils en os ou en bois dur polis. De récentes fouilles archéologiques menées lors de la construction d’un parking sous-terrain près du lac de Zurich ont permis de retrouver des lots d’outils en os d’animaux enfouis dans la vase, datant de la fin de la période néolithique. Le professeur Jorge Spangenberg, de la Faculté de géosciences et de l’environnement de l’université de Lausanne (Suisse), a été intrigué par l’aspect luisant de l’ensemble de la surface de ces outils en os, qui ne pouvait pas être attribué à la seule friction des arêtes avec les matériaux travaillés.

Il a décidé d’analyser plus précisément en laboratoire certains de ces outils : ciseaux à bois, manches de couteaux, poinçons, grattoirs à cuir. Et les résultats de ses analyses, publiés récemment dans le journal Organic Geochemistry, sont surprenants. Tous ces outils en os comportaient des traces d’huile d’origine animale ou végétale, d’où leur l’aspect luisant. Des graisses qui n’étaient pas présentes dans le sol où l’on a découverts ces outils, donc que l’on peut supposer avoir été ajoutés volontairement par l’homme alors qu’ils étaient en usage. Mais pour quelle raison ?

Les scientifiques pensent que les hommes de l’époque trempaient leurs outils en os dans un mélange d’huile, qu’ils pensent sans en être certains provenir du lin et du pavot, pour augmenter leur durée de vie. L’os est un matériau composite constitué de matière dure minérale placée en périphérie, le phosphate de calcium, apportant la résistance mécanique et une matière spongieuse riche en cellules conjonctives adipeuses et en éléments sanguins, placée au centre. Cette dernière s’asséchant à l’air libre l’os devient fragile et cassant. Un bain d’huile éviterait le dessèchement et améliorerait notablement la durée de vie des outils.

Nos ancêtres de la préhistoire avaient donc les mêmes préoccupations industrieuses et économiques que nous.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.sciencedirect.com

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