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Le train de la SNCF arrive à l’heure numérique

Olivier Cognasse , , ,

Publié le

Pour réduire les pannes, les coûts et améliorer la régularité des trains, la SNCF s’est engagée depuis quelques années dans la digitalisation tous azimuts. Point d’étape au 574 d’Hellemmes (Nord).

Le train de la SNCF arrive à l’heure numérique
Un drone pour inspecter le toit des wagons.
© Olivier Cognasse

Un drone qui tourne autour du chaudron d’un wagon de TGV pour inspecter les moindres détails du toit avant les opérations de rénovation à mi-vie, soit environ 15 ans d’âge. Il est piloté par un agent. Auparavant, un opérateur devait escalader la carcasse équipée d’échafaudages avec le risque d’erreur, les problèmes de sécurité et le temps passé pour une opération peu gratifiante.

Lunettes connectées pour maintenance "chirurgicale à distance"

C’est un site industriel d’un autre âge qui a été choisi pour présenter les innovations technologiques de la SNCF. Un peu plus loin, des agents utilisent des lunettes connectées pour réaliser la maintenance "chirurgicale à distance". Quand un problème de maintenance apparait, le technicien sur place peut envoyer des vidéos et photos à un expert à distance. Avec ses lunettes, le technicien reçoit de l’aide en temps réel.

La direction a convié une vingtaine de journalistes, mercredi 29 août, pour faire un point d’étape sur ses avancées dans le numérique. Le choix du Technicentre d’Hellemmes (Nord), en banlieue est emblématique. C’est le plus ancien et le plus grand dans le patrimoine de la SNCF. Sa construction remonte à 1873. Et il a entamé sa mue. De nouveaux bâtiments industriels verront le jour en 2019 à la place de cette architecture dominée par la brique rouge. Certains seront sauvés comme celui qui abrite le cinquième 574, lieu d’accélération numérique baptisé ainsi en référence au record de vitesse battu par un TGV en 2007 [574,8 km/h]. Là, les équipes de la SNCF – environ 500 personnes sur les cinq centres - rencontrent des chercheurs et des startuppers pour avancer toujours plus loin dans la transformation numérique  de l’entreprise.

"Nous faisons parler nos composants industriels, prévient Benoit Thiers, directeur général digital & systèmes d’information à la SNCF. On change d’échelle au service de la performance industrielle." La digitalisation de la SNCF, c’est la relation clients et les 14 millions de visiteurs uniques par mois sur le site Oui.SNCF, une meilleure information et les 10,8 millions de téléchargements de l’app SNCF depuis son lancement en 2015. Mais c’est avant tout l’occasion de mieux gérer les trains et les infrastructures pour passer réduire les coûts et les pannes. Les pannes sont réduites de 30 % à bord des trains connectés grâce au télédiagnostic et à la télémaintenance prédictive.

950 millions d’euros investis dans le numérique depuis 2015

Depuis 2015, la SNCF a déjà investi 950 millions d’euros, dont 300 millions pour la seule année 2018. "La révolution digitale industrielle va amener la révolution à la SNCF et des améliorations considérables", prévient Patrick Jeantet, le président directeur général de SNCF Réseau. La transformation numérique concerne tout le monde." Et Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF et PDG de SNCF Mobilités n’hésite pas à parler de "data-driven company". Un anglicisme légèrement abusif quand on connait les déboires de l’entreprise en termes de régularités et d’incident au cours de ces dernières années.

Si la transformation digitale touche toutes les couches de l’entreprise, c’est sans doute pour la maintenance que l’enjeu est le plus crucial. Une maintenance des trains dans les Technicentre, mais également des infrastructures tellement sollicitées. Une signalisation intelligente permettra de faire circuler davantage de trains. Sur la ligne Paris-Lyon, plutôt saturée, en 2024, 16 trains pourront circuler chaque heure au lieu de 12 actuellement. Pour les infrastructures, sur les lignes classiques, l’application Vibrato consiste à équiper les conducteurs sur leur smartphone de gyroscopes et accéléromètres afin d’enregistrer les vibrations des rails géolocalisées, de donner les alertes et de pouvoir intervenir rapidement en cas d’anomalie. Vibrato envoie un fichier de fréquence géolocalisé en temps réel vers une plateforme de traitement et d’exploitation. Ce fichier est alors croisé avec ceux d’autres trains passés au même endroit. Si la vibration anormale est confirmée, une équipe est missionnée pour inspecter la voie.

Cartographier 50 km en une heure

Mais à plus grande échelle, des trains de surveillance du réseau équipés de capteurs laser doivent scanner et cartographier en 3D l’ensemble des infrastructures avec une précision de quelques millimètres. L’enjeu est essentiel. Il doit permettre de développer un jumeau numérique. La technologie Lidar dotée de logiciels de reconnaissance permet de créer des nuages de points en 3D. Lidar réalise en une heure les relevés de 50 km de voies, alors que les agents étaient mobilisés pendant six semaines pour un même exercice.

"Nous sommes en train de construire ce jumeau numérique qui part de trois couches : acquisition physique du réseau, l’état des composants et la description du mode de fonctionnement des postes d’aiguillage, explique Claude Solard, directeur général délégué sécurité, innovation & performance industrielle à la SNCF. Cela change notre façon d’exercer le métier. On a la quasi-totalité des briques pour construire les horaires, par exemple ou passer d’une logique de signalisation physique à une logique numérique."
Ce jumeau numérique est la duplication virtuelle du réseau pour mieux piloter les opérations de maintenance. Et contribuer à "la robustesse industrielle", très chère à Patrick Jeantet.

L’entrée de la SNCF dans l’ère digitale est aussi une question économique. "Le ferroviaire est en train de devenir totalement numérique, s’enthousiasme Guillaume Pepy. Qui bénéficie de la digitalisation ? C’est d’abord le voyageur, ensuite la compétitivité de l’entreprise. C’est la possibilité de rattraper les concurrents en très peu de temps. Nous pouvons réaliser 30 à 50 % d’économies sur les process digitalisés." Des économies bienvenues pour ne pas creuser de nouveaux déficits au moment où l'Etat s'engage à reprendre une grande partie de la dette en échange d'un plan de performance efficace.

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