Le train à grande vitesse américain en bonne voie

Plusieurs Etats américains ont présenté aux autorités fédérales une demande de subventions pour implanter des lignes à grande vitesse sur leur territoire ou moderniser les infrastructures existantes. C’est en Floride et en Californie que les chances de voir circuler de tels trains sont les plus grandes. Les industries ferroviaires de plusieurs pays, dont la France, sont prêtes à entrer dans la danse.

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Le train à grande vitesse américain en bonne voie

Les Américains l’appellent le «bullet train». Autrement dit, le train à grande vitesse. Les gouvernements de la moitié des cinquante Etats américains ont déposé un dossier auprès du ministère des Transports à Washington pour que celui-ci participe à près de 80 projets dans ce domaine. Date butoir pour la demande de financements : le 16 août 2010. Ces projets visent soit à moderniser des infrastructures existantes soit à construire, à partir de zéro, des lignes à grande vitesse. Aux USA (lire encadré) le développement des transports terrestres résulte de partenariats, assez compliqués à établir, entre la sphère décisionnaire fédérale et les collectivités locales.

Cet engouement des administrations «régionales» pour le ferroviaire fait suite à l’enthousiasme qu’a manifesté Barak Obama en faveur de la grande vitesse sur rail. Le plan de relance qu’a déployé le président américain en 2009 comprend un important volet à ce sujet : plus de huit milliards de dollars de subventions à répartir entre les différents Etats intéressés.
Barack Obama estime que les grands chantiers ferroviaires sont un moyen idéal pour créer des millions d’emplois alors que le chômage continue à toucher durement ses concitoyens, tout «en stimulant la croissance à long terme de l’économie.» Plusieurs médias ont souligné qu’Obama veut passer à la postérité comme «le président des trains rapides». En tout cas, le chef de l’Etat nourrit une vision qui tranche avec la traditionnelle obsession des Américains pour «la bagnole». «Il faut transformer la manière dont nos concitoyens se déplacent, a-t-il martelé, et il n’y a pas de raison pour que l’Europe ou la Chine soient les seuls à disposer de trains à grandes vitesse», s’est-il rebellé à plusieurs reprises.

DES coûts TROP élevés

Sous l’impulsion du président, les autorités américaines ont redessiné la carte ferroviaire américaine, avec la création de 11 axes majeurs de lignes à grande vitesse. Des axes appelés aussi «couloirs ferroviaires». A charge pour les Etats concernés de décider s’ils préfèrent moderniser les structures existantes ou implanter de nouvelles lignes.
A moyen terme, les deux Etats où les projets de «bullet train» ont le plus de chance de se concrétiser rapidement sont la Floride et la Californie. Les autorités de la Floride ont opté pour une «liaison relativement courte» entre Tampa et Orlando, soit 130 km. Près de 25.000 emplois sont annoncés.

Le projet californien, lui, exigera des investissements d’une toute autre envergure : 45 milliards de dollars sont nécessaires pour installer un millier de kilomètres de lignes, dont 600 km entre Los Angeles et San Franscisco. Sur le terrain, les obstacles s’avèrent difficiles, comme le souligne Jacques Rebouël, un ingénieur qui a réalisé des missions pour la SNCF aux Etats-Unis. «Non seulement des menaces sismiques existent mais le terrain est accidenté aux abords de Los Angeles, avec le casse-tête que représentent le percement d’un long tunnel et la construction de nombreux ouvrages d’art.»
Jacques Rebouël croit savoir qu’il faudrait consentir des investissements de 45 millions d’euros par kilomètre de voie contre en moyenne 20 millions pour les lignes dédiées à la grande vitesse en France.

Selon ce spécialiste, le développement d'un réseau moderne de chemins de fers aux USA risque de buter sur la conception très particulière qu’ont les Américains de la grande vitesse : «Pour des raisons politiques, les élus risquent d’exiger que les tronçons soient pourvus de nombreuses gares, ce qui ne pourrait que dénaturer le concept même de TGV.»

Sept pays maitrisent la technologie


Toujours est-il que l'ensemble des grands constructeurs ferroviaires sont aux aguets, pour décrocher les appels d’offres susceptibles d’éclore. Or, la concurrence promet d’être rude. Près de huit nations possèdent actuellement des entreprises capables de proposer du matériel et des solutions adéquates. Outre la France et l’Allemagne : l’Italie, l’Espagne, le Japon, la Corée du Sud et la Chine, selon Jacques Rebouël.

A plusieurs reprises, les autorités françaises ont défendu sur place les atouts de la technologie tricolore.

Le 21 septembre 2009, Anne-Marie Idrac, la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a rencontré le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger.
Trois mois plus tard, son collègue Dominique Bussereau, en charge des Transports, a signé à Washington un accord bilatéral de coopération en matière de transport ferroviaire, en présence de son homologue américain, Ray LaHood.
Dominique Bussereau a fait le déplacement en compagnie de dirigeants de plusieurs entreprises alléchées par la perspective de tels contrats : Alstom, la SNCF, Réseau Ferré de France, Keolis (filiale de la SNCF spécialisée dans les transports urbains) Systra, ainsi que Veolia.

en carte (cliquez pour agrandir)





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