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L'Usine Auto

Le tout électrique n’y changerait rien, nous devons repenser la manière de nous déplacer

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Tribune Plus d’un milliard de véhicules parcourent actuellement la planète ; selon les Nations Unies, ce chiffre devrait tripler d'ici 2050. À l’heure de la transition énergétique, les progrès réalisés dans le monde de l’automobile et au-delà pourraient nous laisser penser que nous sommes proches d’une solution durable. Et pourtant, toutes ces avancées sont sans effet sur les problèmes liés à la congestion des centres urbains. La seule issue est de remettre en cause la manière de se déplacer. Alexandre Fournier, Responsable Marketing de Mobility Tech Green, propose un tour d’horizon des acteurs et secteurs de l’autopartage qui montent en puissance.

Le tout électrique n’y changerait rien, nous devons repenser la manière de nous déplacer © DR

L'autopartage se développe dans les parcs automobiles des entreprises

L’autopartage (partage d'un véhicule entre plusieurs personnes, ndlr), initialement basé sur les modèles Peer-to-Peer, est parfaitement adapté aux besoins du marché B-to-B et connaît une croissance phénoménale en entreprise. Initialement créé en Europe dans les années 40, il s’est popularisé à partir des années 90.

Dernièrement, Frost & Sullivan annonçait que d’ici 2020, 100 000 véhicules devraient fonctionner en autopartage dans les entreprises en Europe. Le nombre d’entreprises sur ce continent intégrant un service d’autopartage devrait même passer de 200 en 2013 à 4 000 d’ici 2020.

Nous sommes actuellement en France dans une phase d’observation, voire d’expérimentation pour les plus grands groupes. L’Allemagne et l’Italie sont des pays moteurs sans oublier, hors Europe, les Etats-Unis qui deviennent très actifs. Mais, l’autopartage souffre d’un cruel manque de visibilité. Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) soulignait, d’ailleurs, dès 2008, un problème de marketing. Il y a une vraie confusion entre l’autopartage et le covoiturage par exemple.

En somme, les entreprises françaises commencent à saisir les enjeux de l’autopartage en B-to-B : des économies sur les frais hors flotte, un impact significatif sur la circulation et le stationnement, une réduction de la pollution et des nuisances sonores. Le développement de la mobilité multi-choix et des modes de déplacement doux fait partie des grandes questions.

De nombreuses expérimentations du côté des collectivités locales

Le véhicule automobile serait-il en passe de devenir le transport en commun de l’avenir ? C’est ce que semble indiquer le rapport de l’étude de l’observatoire Cetelem de l’automobile publié en décembre 2013. Hier encore, la voiture symbolisait un objet statutaire puis elle s’est démocratisée en endossant une image de liberté. Aujourd’hui, elle est devenue pour les Européens une source de dépense et de pollution.

La transition vers des modes alternatifs et durables se positionne désormais comme un sujet prioritaire pour les collectivités locales françaises. Ces dernières expérimentent actuellement et en grande majorité l’autopartage. Ce service a d’ailleurs fait ses preuves à Chicago notamment, qui le propose à ses habitants et ses employés depuis janvier 2011. Ils peuvent souscrire à un abonnement à prix réduit. Plus de 1 200 employés de la ville y ont recours régulièrement. Après quatre années d’expérimentation, Chicago estime qu’elle a réalisé plus de 7 millions de dollars d’économies (réduction de la flotte et des coûts de parking). L’investissement s’est élevé à 500 000 dollars.

La Chine est également en train d’investir dans l’autopartage électrique. A Pékin, par exemple, la qualité de l’air est catastrophique et il n’y a plus de places de parking pour garer son véhicule personnel.

Un enjeu de développement crucial pour les constructeurs

Comme l’a exposé Bill Ford, arrière-petit-fils d’Henry Ford et président exécutif de Ford Motor Company, en septembre dernier, l’avenir de l’automobile, et plus particulièrement celui des constructeurs automobiles, passera par le développement d’une variété de services alternatifs comme l’autopartage. L’idée est de rendre le véhicule intelligent ; électrique par exemple, mais disposant d’un véritable système informatique pour intégrer des services comme le covoiturage ou l’autopartage.

Les enjeux sont de taille et la concurrence est rude. Les conducteurs de voitures sont aujourd’hui sensibles et séduits par la transformation que vit le secteur sous l’effet conjugué du numérique et de la prise de conscience écologique. De gros constructeurs IT comme Tesla et Google sont à l’avant-garde sur le sujet et risquent de bousculer les acteurs traditionnels.

Une proposition de valeur pour les loueurs

Pour les loueurs courte et longue durée, l’autopartage représente un service à haute valeur ajoutée, complémentaire à leur offre. Depuis peu, les enseignes qui travaillent en collaboration avec des loueurs cherchent à proposer plus de bénéfices client en approchant le marché d’un point de vue centré sur l’utilisateur. La période de récession que nous traversons actuellement nous permet de redonner du sens à notre consommation et la rendre collaborative. L’autopartage est l’une des clés. Un opérateur asiatique a réalisé récemment une excellente campagne sur le sujet et nous demandait "est-ce que vous achèteriez une vache pour seulement un verre de lait ?".

L'habitat collaboratif en pleine expansion

Le cohabitat est un système qui a déjà fait ses preuves dans les pays anglo-saxons et nordiques (Danemark, Suède, Pays-Bas...) et qui se propage progressivement au reste de l’Europe. Les cohabitants de ces projets immobiliers originaux choisissent de partager certains espaces aussi divers que la buanderie, une salle de jeux ou une chambre d’amis. S’inspirant de cette tendance, des groupes immobiliers travaillent sur des projets d’immeubles équipés deux ou trois véhicules de service en autopartage qui pourraient remplacer la fameuse deuxième voiture et se partager entre habitants d’un même immeuble. Ce service est également transposable aux immeubles de bureaux accueillant différentes sociétés. Il est important de préciser que la construction d’un parking s’élève aujourd’hui à un coût au m2 avoisinant celui de la construction d’une habitation. De plus, il y a de moins en moins de places dans les centres urbains pour construire des places de parking. La situation est à ce titre, saturée dans certaines villes telles que Berlin, Londres, Paris ou encore Pékin.

Une solution idéale pour réaliser le "dernier kilomètre"

Les infrastructures et les réseaux des transports en commun ne cessent de se développer. Mais les voyageurs se posent toujours la même question : comment parcourir le "dernier kilomètre" ? C’est en ce sens que l’autopartage s’invite aujourd’hui dans les aéroports et les gares françaises. Ces lieux sont remplis de voyageurs entrants en recherche de véhicules, et de voyageurs sortants en quête de parkings. En connectant les deux, comme le propose le français Tripndrive, les utilisateurs disposent d’une alternative intéressante. De la même manière, Flightcar, de l’autre côté de l’Atlantique, propose ses services au sein de cinq aéroports.

Alors que certains voient dans la promotion de l’autopartage une forme de concurrence pour les constructeurs automobiles, le véritable enjeu de ce marché est la pérennisation d’un mode de transport moins néfaste pour l’environnement. Force est de constater que l’autopartage s’inscrit totalement dans le nouveau paradigme de la mobilité qui est passé de la possession à l’utilisation d’un service de mobilité.

Alexandre Fournier, Responsable Marketing de Mobility Tech Green

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