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Le syndrome du rail chinois

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Le syndrome du rail chinois © DR

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Il s’agit en Chine d’un objet de fierté nationale dont la presse officielle ne manque jamais de faire l’éloge, surtout à quelques jours du nouvel an lunaire. Cette fierté, c’est le chemin de fer, qui va assurer 258 millions des 3,6 milliards de déplacements prévus pour cette Fête du printemps. En matière ferroviaire, en deux décennies, la Chine sera quasi passée du XIXe au XXIe siècle. Son réseau a atteint les 100 000 km. Son programme à grande vitesse retient l’attention de tous. En s’appuyant sur les transferts de technologie des Siemens, Bombardier et Shinkansen – Alstom est resté en retrait –, les industriels du matériel roulant CSR et CNR fabriquent seuls le CRH, le TGV chinois.

Quant au réseau CRH, il s’étend sans cesse (10 000 km aujourd’hui, 19 000 km prévus en 2015). Dernière ligne en date Celle reliant, sur 502 km, Shenzhen à Xiamen sur le corridor côtier. Pourtant, cette histoire est moins glorieuse que les titres flatteurs de l’agence Xinhua. Il y a des problèmes liés à l’affluence inouïe dans les trains chinois : après les bugs de ces dernières années, les autorités n’ont pas pu garantir cette année que les réservations en ligne fonctionneraient correctement pour les fêtes.

Au grand dam des internautes. C’est tout le système qui est malade. On se souvient de l’accident meurtrier du CRH à Wenzhou, en juillet 2011, symptôme d’une croissance folle du réseau à grande vitesse parti de zéro en 2007 et devenu le premier du monde. Mais le syndrome du fer chinois, c’est celui qui affecte le pays : investissement effréné et corruption. Pour preuve, parmi les réformes clés annoncées par Xi Jinping en mars 2013 lorsqu’il est devenu Président figurait en bonne place le démantèlement du ministère des Chemins de fer.

Un monstre devenu ingérable et dont l’ancien titulaire, Lui Zhijun, l’artisan du programme CRH, a été condamné à mort pour prévarication en juillet 2013. China Railway, la société d’exploitation créée l’an passé pour prendre le relais et qui emploie 3 millions de salariés, supporte une dette haute comme l’Himalaya : 500 milliards de dollars. Ses pertes sur neuf mois en 2013 s’élevaient à 280 millions de dollars.

Voilà bien les périls guettant la Chine. Si la PBOC, la banque centrale, accumule les réserves de devises (3 800 milliards de dollars) l’économie intérieure déborde de projets d’infrastructures non rentables ou inutiles pour soutenir sa croissance. Selon le Bureau national d’audit, à fin 2013, la dette des collectivités atteindra 2 960 milliards de dollars, à peu près celle de la France, un bond de 58% depuis 2010. Certains analystes prévoient pour la Chine, déjà avec une gourmandise malsaine, une crise de la dette. On souhaite aux Chinois une bonne année… du cheval de bois.

Pierre-Olivier Rouaud

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