Le syndicat des entreprises du médicament appelle le gouvernement à la rescousse

En appelant à la formation d'un "groupe de contact Etat-industrie", l’industrie du médicament veut se mettre d’accord avec le gouvernement sur les principales données du secteur, pour ne plus s’opposer sur la méthode de régulation des dépenses de santé.

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Le syndicat des entreprises du médicament appelle le gouvernement à la rescousse

Pas de bilan, mais des attentes pour l’avenir. A l’occasion de ses vœux à la presse, le président du Syndicat des entreprises du médicament (Leem), Patrick Errard, a exposé son plan pour aider un secteur tombé en récession depuis deux ans en France. Sans surprise, le gouvernement est appelé à la rescousse par ce secteur qui se dit plombé par "la lourdeur et l’instabilité fiscale". Patrick Errard avait donc proposé, avant Noël, à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la formation d'un "groupe de contact Etat-industrie" en vue de la préparation du prochain projet de budget annuel de la Sécurité Sociale (PLFSS). "La ministre en a accepté le principe, elle doit nous confirmer sa mise en place", précise-t-il.

Son ambition ? Que le gouvernement et les industriels se mettent enfin d’accord sur les grandes données macroéconomiques du secteur (évolutions des chiffres d’affaires et des montants de remboursement, évolution du marché) pour élaborer ensuite "une nouvelle méthode de régulation des dépenses de santé en France". Elle ne doit pas se limiter à la baisse des prix des médicaments. Elle pourrait favoriser l’automédication, la e-santé, la télémédecine, la rationalisation du parcours de soin, ou encore le partage des données de santé… Ce groupe de contact doit éviter de contrecarrer les ambitions partagées avec l’Etat pour soutenir les industries de santé, notamment avec le Contrat de filière.

S’inspirer de la vision pluriannuelle adoptée en Allemagne ou en Grande-Bretagne

Le président du Leem aimerait s’inspirer des grands voisins européens, auteurs d’"initiatives fortes pour renforcer l’attractivité des filières Santé", comme l’accord sur le Pharmaceutical Price Regulation System en Grande Bretagne, ou la révision des procédures de réévaluation quinquennale en Allemagne. "N’attendons pas que tous nos concurrents aient avancé leurs pions pour faire, en France, les mêmes choix de raison, et pour donner aux entreprises du médicament une vision pluriannuelle, que ce soit en termes de régulation, de fiscalité, d’accès au marché et de normes sociales", appelle Patrick Errard. Selon lui, que ce soit dans la recherche, la production ou l’accès à l’innovation dans le domaine pharmaceutique, l’image véhiculée par la France "est aujourd'hui brouillée".

La réponse aux vœux de François Hollande

De son côté, l’industrie du médicament se sent-elle visée par les "excès et les abus" de la Sécurité sociale dénoncés par le président de la République lors de ses vœux du 31 décembre ? "Ce n’est pas le désordre, estime Patrick Errard. Il y a un certain nombre de mesures de performance que nous avons proposées en matière d’usage, de régulation et d’économies du médicament." Or, selon lui, il n’est pas question de se limiter aux coûts du médicament si on veut s’intéresser au problème du coût de la santé. "Il faut être courageux et s’attaquer aux réformes structurelles !", soutient-il. Le ton pour cette nouvelle année est donné.

Gaëlle Fleitour

Vers une visite médicale plus éthique

Souvent décriée, la visite médicale s’apprête à connaître une mutation. Le Leem travaille avec le CEPS, le comité chargé de fixer le prix des médicaments remboursables, à une révision de la charte des visiteurs médicaux, ces commerciaux envoyés par les laboratoires pour promouvoir les produits auprès des professionnels de santé. Objectif, "renforcer la qualité de l’information médicale délivrée par les entreprises", affirme Frédéric Soubeyrand, président de la commission sociale du Leem. En demandant notamment à ces salariés de porter des messages sur une classe de médicaments, et non plus sur un seul produit, d’avoir des règles éthiques et des comportement exemplaires dans les hôpitaux… Un Observatoire de la Qualité de la Promotion devrait même voir le jour. Confié à un tiers de confiance, il permettrait d’évaluer comment les visiteurs médicaux communiquent et sont perçus par les médecins…

 

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