Le Symop prend un nouvel essor

Le Syndicat des entreprises de technologies de production lance, sous la houlette de son nouveau président Jean-Camille Uring, un audit pour valider ses développements futurs. Avec comme priorité le renforcement du rayonnement de cette organisation qui regroupe quelques 250 sociétés. Il s'en est expliqué auprès de L'Usine Nouvelle.

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Le Symop prend un nouvel essor

Pour quelles raisons avez-vous accepté la présidence du Symop ?
J'ai toujours été, pendant ma longue carrière d'ingénieur, un homme de la production. Alors, quand on m'a sollicité pour remplacer Alain Huet, le Pdg de Comau France, à la présidence du Symop, je ne pouvais pas refuser. C'est un nouveau défi que j'aborde en toute confiance avec l'équipe opérationnelle du syndicat.

Quels sont vos projets pour le Symop ?
Les fabricants d'équipements de production sortent peu à peu d'une crise qui les a fortement secoués. Profiter de cette bouffée d'oxygène pour donner un nouvel essor au Syndicat, c'est un de mes objectifs prioritaires. Le renforcement de cette organisation qui compte près de 250 adhérents passe par des actions ciblées. Nous lançons, d'ailleurs, ces jours ci un état de lieux pour mieux cerner les leviers qu'il faudra actionner. Mais nous sommes formels : la réussite économique d'un pays ne peut pas s'envisager sans une industrie manufacturière solide. Avec des constructeurs de moyens de production qui se trouvent à proximité. L'exemple allemand le prouve.

Pouvez-vous donner quelques exemples d'actions que vous envisagez ?
Il faut sans doute améliorer la formation des jeunes, lancer des actions qui puissent les attirer vers les ateliers. Les automatismes de production avec leur fer de lance, les robots, sont aussi en pointe de mire. Il faut à tout prix rattraper le retard que nous avons dans ce domaine par rapport aux industriels allemands et italiens. Et démontrer qu'il ne s'agit pas de moyens destructeurs d'emplois. Bien au contraire. Le colloque que nous organiserons le 10 octobre prochain à la Maison de la mécanique permettra sans doute de trouver des réponses à ces questions. Et de mieux cerner les mutations technologiques et organisationnelles qui résultent de la crise que nous avons traversée.

Le Symop a lancé avec les pouvoirs publics une action d'évaluation de la robotisation en France. Quels sont les conclusions de cette analyse ?
L'étude a constaté le retard de la robotisation dans l'Hexagone et préconisé plusieurs mesures. Une aide financière aux investissements dédiés à l'installation d'un premier robot, par exemple. Ou des aides destinées à faciliter le diagnostic dans les entreprises intéressées. Ou encore, l'information et la sensibilisation des PME. Nous allons mettre à leur disposition avant la fin de ce mois un guide intitulé « Robotisation, mode d'emploi », édité avec les Techniques de l'ingénieur.

Comment percevez-vous l'avenir à moyen terme des fabricants d'équipements de production ?
Je crois que nous avons devant nous deux ou trois années de croissance soutenue. Pour plusieurs raisons. Il y a d'abord, le développement continu de pays émergents ou qui sont en train de sortir de cette appellation comme la Chine. Les changements technologiques provoqués par la recherche de nouveaux moyens de propulsion automobile, moins énergivores, est un autre facteur encourageant. Fabriquer des voitures hybrides ou électriques à grande échelle ne pourra pas s'envisager sans l'adaptation des moyens de production. En attendant, le moteur thermique n'a pas dit son dernier mot. Les derniers développements améliorent de 40% sa puissance. On constate d'autre part, une concentration des moyens de production, avec des machines plus polyvalentes, souvent automatisées, qui sont utillisées par des usines dont le maître mot est la flexibilité…

Un parcours sans faute
Jean-Camille Uring est donc devenu, à 60 ans, le nouveau président du Syndicat des entreprises de technologies de production (Symop). En 1974, tout juste diplômé de l'Ecole centrale de Paris, le jeune ingénieur fait se premières armes chez Heurtey Métallurgie, un spécialiste de fours pour la sidérurgie. Il y restera cinq ans. Après un détour comme directeur général chez Cheddite Plastic en Suisse, cet Alsacien, qui préfère réfléchir deux fois avant de parler, rejoint le groupe Fives. Il dirigera en tant que directeur général plusieurs de ses filiales et engagera une stratégie d'innovation et de développement externe.  Directeur général délégué de Fives Cinetic depuis 1997, il fera de ce dernier un des leaders mondiaux des systèmes de rectification orbitale et de remplissage de fluide pour l'automobile.

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