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L'Usine Agro

Le super(bar)man de Marie Brizard

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Arrivé il y a un an et demi pour redresser l’ancien groupe Belvédère, rebaptisé Marie Brizard Wine & Spirits, Jean-Noël Reynaud cultive un certain franc-parler. Sa personnalité aux multiples facettes peut déconcerter.

Le super(bar)man de Marie Brizard
Il faut savoir être multitâches. C’est capital dans un groupe en restructuration.
© pascal guittet

L’arrivée de La Martiniquaise dans le capital du groupe montre que nous sommes à nouveau pris au sérieux. Nous allons développer des synergies sur les achats, la production et la commercialisation hors de France », se félicite Jean-Noël Reynaud, le directeur général de Marie Brizard Wine & Spirits (ex-Belvédère). Il y a un an et demi, cet homme de 48 ans reprenait en main le groupe, marqué par des crises à répétition et désormais en voie de rétablissement. « Jusqu’en 2014, nos collaborateurs étaient les passagers d’un avion sans direction. Aujourd’hui, tout le monde connaît la destination et le pilote », souligne-t-il. Malgré une amélioration de son chiffre d’affaires (467 millions d’euros en 2014), Marie Brizard Wine & Spirits, connu pour ses marques William Peel (whisky), Moncigale (vin) ou Sobieski (vodka), devra encore faire des efforts pour retrouver des résultats positifs. L’objectif de Jean-Noël Reynaud est d’amener le taux de marge opérationnel à 12 % du chiffre d’affaires, contre 0, 8 % actuellement.

Hyperactif, le dirigeant enchaîne les déplacements, pouvant rentrer d’Asie le matin pour repartir à Bordeaux l’après-midi. Rien de plus banal pour ce père de deux enfants, de 18 et 19 ans, aujourd’hui divorcé, qui a passé sa vie à parcourir le globe. Natif de Grenoble (Isère) et grand amateur de ski, il travaille trois ans chez Rossignol, après avoir décroché son diplôme de l’Institut supérieur de gestion (ISG), en 1988. Puis, cap sur l’Asie, où il participe à la création d’une filiale à Taïwan. Il rejoint plus tard le spécialiste des spiritueux Rémy Cointreau, à la direction marketing, au Japon.

Bon vivant

Sa grande capacité de travail – il ne dort que quatre à cinq heures par nuit – incite ses patrons à lui confier, à seulement 29 ans, la direction générale de la filiale Amérique latine-Caraïbes. « La zone était en difficulté. Au bout de cinq ans, elle est devenue la deuxième meilleure du groupe », résume-t-il. Ensuite, direction l’Europe de l’Est, avec la Pologne, où il dirige la filiale du biscuitier Bahlsen, également en difficulté ; puis l’Ukraine, où il prend la tête de Coca-Cola, avant son retour en France, à Laval (Mayenne), pour devenir le directeur général adjoint du pôle fromages de Lactalis en Europe. À chaque fois qu’il travaille dans un pays étranger, il s’efforce d’en apprendre la langue. « Il maîtrise l’anglais, l’espagnol, le japonais, l’allemand et le polonais. Ce qui lui a permis de se faire apprécier plus facilement », explique Dominique Reynaud, son cousin et ancien dirigeant des sirops Teisseire.

Ses diverses expériences finissent par lui forger une réputation de redresseur d’entreprises en difficulté. Pour les restructurer, Jean-Noël Reynaud dirige d’une main ferme. « Il est punchy et sait trancher pour faire avancer les dossiers. Ce qu’il a fait dans l’affaire de spoliation en Bulgarie [un démêlé judiciaire avec l’actionnaire d’un distributeur, ndlr] », explique Cédric Chanas, l’avocat de Marie Brizard Wine & Spirits, membre du cabinet De Pardieu Brocas Maffei. Chez Belvédère, il a cassé les codes. « Il a fallu décloisonner le groupe, supprimer les silos pour que les gens se parlent. Les achats ont été centralisés », souligne le dirigeant. De même, les activités non stratégiques, comme la distribution en Pologne et une usine à Bordeaux, ont été abandonnées.

Proche de ses équipes, Jean-Noël Reynaud sait mettre la main à la pâte. « Il faut savoir être multitâches. C’est capital dans un groupe en restructuration », affirme-t-il. « Il a une certaine liberté de parole et des relations très franches avec ses collaborateurs », ajoute Cédric Chanas, surnommé affectueusement « Kékétor » par Jean-Noël Reynaud. Ce qui occasionne quelques coups de gueule quand les choses ne vont pas assez vite.

Derrière son costume cravate et ses lunettes, il cache une personnalité aux multiples facettes. « Il détonne dans le paysage des grands chefs d’entreprise. Il n’a pas toujours le langage diplomatique, fait souvent des blagues et laisse échapper quelques jurons », assure l’un de ses collaborateurs. Bon vivant, il aime faire la fête, accompagner ses équipes dans des bars la nuit et assister à des concerts de variété, comme M. Pokora, dont il est fan. Il aime aussi se mettre au vert. Dès qu’il peut, il se réfugie dans sa maison de Bourg-d’Oisans (Isère), où il possède cinq vaches de race Tarentaise. Elles fournissent du lait et du fromage qui sont vendus sur le marché local. Un retour aux sources revitalisant. 

En quelques mots

 

Sportif Après avoir dû arrêter le ski à cause d’un accident, il s’adonne aujourd’hui à la boxe française, deux fois par semaine, pour évacuer le stress.

Homme de réseau Sociable, il sait s’allier de futurs collaborateurs. Il a ainsi convaincu Daniel Rougé, un ancien de Tesseire, de diriger les opérations de Belvédère.

Polyglotte Durant sa carrière, il a appris à parler l’anglais, l’espagnol, le japonais, l’allemand et le polonais.

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