Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

Le succès des yaourts Chobani fait des émules en France

Publié le

L’explosion de la demande pour les desserts lactés Chobani aux Etats-Unis suscite des vocations. En France, après Danone, la marque Michel et Augustin veut elle aussi surfer sur la vague du "yaourt grec".

Le succès des yaourts Chobani fait des émules en France © DR

C’est l’histoire d’un jeune immigré turc parti s’installer aux Etats-Unis, propulsé en quelques années, non pas roi du pétrole, mais du yaourt grec ! Une concrétisation de "l’American Dream" dans la plus pure tradition. Et qui fait aujourd’hui des émules en Europe et en France.

Agé tout juste de trente ans, Hamdi Ulukaya, étudiant en économie, rachète en 2002 un petit atelier de fabrication de fetas. Très vite, son affaire se développe et quatre ans plus tard, il rachète une usine de produits laitiers, alors en passe de fermer, près d’Utica, dans l’Etat de New York, au géant Kraft Foods. C’est là qu’il décide de produire un yaourt hyperprotéiné dit "yaourt grec" (8 % de matière protéique), baptisé Chobani (un dérivé du mot "berger" en grec). En quelques mois, ces yaourts se vendent par milliers puis par millions, sous l’effet de consommateurs américains qui l’adoptent en substituts de repas.

En l’espace de trois ans, Chobani vient bousculer les deux leaders du secteur sur place, Danone et Yoplait, qui tardent à réagir. Avec plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires aujourd’hui, il vient d’inaugurer en décembre une seconde usine, dans l’Idaho à Twin Falls. "50 millions d’euros ont été investis. C’est la plus grosse usine de produits ultrafrais au monde", affirme Benoit Rouyer, économiste au Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel). Elle devrait produire jusqu’à 2,4 millions de yaourts grecs par semaine. Selon la Revue laitière française (RLF), le marché du yaourt grec aux Etats-Unis représente près de 35 % des 6,4 milliards de dollars du marché du yaourt, contre seulement 4 % en 2008. Et Chobani en détient la moitié !

Danone et Michel et Augustin se lancent aussi

Cette fièvre pour le yaourt grec atteint aussi l’Europe et la France. Tandis que Chobani vient de se lancer en Grande-Bretagne, les industriels français affutent leurs armes. La marque Nestlé (groupe Lactalis) commercialise déjà depuis longtemps son "yaourt à la grecque", mais les puristes affirment qu’il est bien loin de contenir les mêmes proportions de protéines que le vrai "yaourt grec" et a trop de matières grasses. Danone a également lancé il y a un an un yaourt baptisé Ilios, mais là encore, avec une teneur en matière protéique (3,8%) très faible comparée au 8 % des Chobani.

Quoi qu’il en soit, la demande des consommateurs est bien là. "Sur un marché des yaourts atone en France, les yaourts grecs ont affiché des progressions de vente de l’ordre de 20 %", souligne Benoit Rouyer. La PME Michel et Augustin vient d’ailleurs de s’engouffrer dans la brèche en lançant ce mois-ci sa propre déclinaison, revendiquant le statut de "vrai yaourt grec", sur le modèle de la recette de Chobani, avec peu de matières grasses. Vendus en pot de 500 grammes, d’abord chez Monoprix, ce nouveau "yaourt grec" pourrait bien doper la croissance de cette entreprise créée par Augustin Paluel en 2004, qui ne revendique pour le moment que 18 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le Chobani français pourrait bien s’appeler Michel et Augustin.

Adrien Cahuzac

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

07/02/2013 - 14h22 -

Les grecs feraient du Vrai Yaourt grec qu'ils exporteraient, ça pourrait faire du bien à leur économie... ( et de la vraie Feta )
Répondre au commentaire
Nom profil

06/02/2013 - 00h21 -

Je me pose une question, le yaourt grec est fait principalement de lait de brebis, avec un goût absolument inimitable, ce yaourt est d'ailleurs devenu quasiment introuvable en Grèce, remplacé par d'insipides yaourt danone ou autre au lait de vache. J'ai l'impression que l'industrie essaye surtout de marger avec un produit marketé à mort, en jouant simplement sur le taux de protéines, mais quid du goût qui n'est pas qu'une question de consistance. La Grèce devrait demander une AOP comme pour la Feta pour l’appellation "grec / à la grecque" et surtout pas pour du yaourt au lait de vache; ça me rappelle l'époque où on trouvait en Grèce surtout de la Feta fabriquée aux Pays-Bas avec .... du lait de vache.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle