Le succès de la voiture électrique passe par la maison

Le gouvernement lance ce mercredi 3 octobre la mission de Philippe Hirtzman pour accélérer le déploiement des bornes publiques de charge des voitures électriques. Mais est-ce bien la priorité ? Pour les industriels de la charge, c’est dans le résidentiel que les bornes s’installent.

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Le succès de la voiture électrique passe par la maison

Les bornes de charge devaient pousser dans les rues par dizaines de milliers pour favoriser l’essor de la voiture électrique. Leur place serait plutôt à la maison. Le plan Borloo d’octobre 2009 prévoyait 75 000 bornes de charge en accès public en 2015. Las ! Il y en a moins de 3 000 aujourd’hui en France.

Les 50 millions d’euros promis par l’ex-ministre de l’Ecologie et de l’Energie pour faciliter le déploiement de ces bornes n’ont guère été utilisés par les collectivités locales. Ces 50 millions ont été repris par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Parmi les futures mesures de soutien évoquées dans le cadre de la mission de Philippe Hirtzman figure l’extension de ce financement aux acteurs privés, hôtels, restaurants ou stations-service.

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Cela suffira-t-il à faire décoller ces bornes ? Rien n’est moins sûr. Une borne publique qui met huit longues heures pour faire le plein d’une voiture électrique coûte plus de 5 000 euros. Son installation est alourdie par le génie civil nécessaire et le raccordement au réseau. Son utilité s’avère très limitée.

Les expérimentations comme celle menée à Strasbourg en 2010-2011 montrent que l’écrasante majorité des charges se font au domicile. Les fabricants de bornes de charge le constatent : "Le marché démarre par le résidentiel", tranche Christian Girardeau, à la tête de l’activité véhicules électriques de Schneider Electric.

"Il faut être pragmatique, revendique Xavier de Froment, le directeur général de Legrand France, en dehors d’Autolib’ et des flottes d’entreprise, la voiture électrique démarre avec les "commuters"". Soit des particuliers qui utilisent leur véhicule pour faire des allers retours domicile-travail. "Ils ne vont pas acheter une voiture qu’ils ne peuvent pas recharger chez eux !", s’exclame Xavier de Froment.

Pour le dirigeant, l’essor du véhicule électrique passera par le développement des bornes à domicile. "C’est la priorité. Surtout que les bornes publiques sont chères, et que la question du paiement reste complexe", poursuit Xavier de Froment. Carlos Tavares, le directeur général délégué de Renault, a tenu un discours similaire lors du Mondial de l’auto : "Les postes de recharge publics, il suffit d’en installer deux ou trois dans les villes, comme devant les mairies. A des endroits repérables pour sécuriser psychologiquement les consommateurs, même s’ils n’en ont pas forcément besoin. Car l’un des principaux marchés, c’est le "commuting" quotidien".

De nouvelles réglementations attendues

Le gouvernement a son rôle à jouer pour favoriser l’installation des bornes domestiques. Les pouvoirs publics devraient "inciter à pré-équiper les maisons neuves pour la voiture électrique. Il faut convaincre les gens qu’il s’agit non pas d’une contrainte, mais de se préparer à l’avenir", avance Xavier de Froment.

Pour les logements collectifs et les bâtiments tertiaires, le "droit à la prise" s’impose dans le neuf depuis juillet dernier : les parkings doivent être pré-équipés afin de pouvoir accueillir des bornes de charge sur 10 % de leurs emplacements. Mais les industriels attendent de nouvelles réglementations, notamment pour résoudre l’épineuse question du partage des coûts d’installation et d’utilisation des bornes au sein des copropriétés.

Ce retour à la maison de la charge a tout d’un retour à la raison. Anticipant le décollage de la mobilité électrique, les industriels s’étaient attachés à développer des systèmes et des modes de charge permettant d’accueillir des millions de véhicules sans surcharger le réseau électrique. La possibilité d’utiliser les batteries électriques des voitures pour alimenter le réseau a fait l’objet de beaucoup d’attention…

Au 1er septembre 2012, les ventes cumulées sur l’année de voitures électriques dépassaient à peine les 3 800 unités en France. "Quand la voiture électrique aura vraiment démarré, il y aura de l’argent pour déployer des solutions plus sophistiquées. Pour le moment, il s’agit d’amorcer le marché", résume Xavier de Froment.

Legrand vient de lancer un produit très simple : une prise classique renforcée qui vaut 80 euros. Le dirigeant affiche ses objectifs : "Il faudrait installer un million de prises dans les bâtiments d’ici à cinq ans pour mettre en circulation 500 000 voitures. On vise 70 % de ces équipements." Décidemment, dans la mobilité électrique, les objectifs sont toujours ambitieux.

Les bornes de charge rapide en complément

Le réseau électrique ne les apprécie guère vu les puissances qu’elles appellent. Mais leur développement apparaît aujourd’hui indispensable pour chasser l’angoisse de la panne sèche chez les candidats à la mobilité électrique. Les bornes de charge rapide permettent de charger à 80 % une voiture électrique en moins d’une demi-heure. Ce sont les constructeurs qui prennent les choses en main : aux Etats-Unis, Tesla veut jalonner les autoroutes avec son tout nouveau "supercharger" capable de délivrer 100 kilowatts (kW). Soit une charge trente fois plus rapide qu’à domicile. Nissan a mis au point un chargeur de 43 kW dont il veut déployer dix mille exemplaires en Europe avec des prix cassés pour argument choc. Partenaire de Nissan, DBT, une PME française, vient ainsi de gagner un contrat de 1,5 millions d’euros pour installer 50 bornes en Scandinavie.

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