LE STRATÈGE D'ALAIN MADELIN

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LE STRATÈGE D'ALAIN MADELIN



Allure austère, réserve naturelle, costume strict, fines lunettes: apparemment, Jean Lemierre, 45ans, énarque, le directeur de cabinet que vient de choisir Alain Madelin, ministre de l'Economie et des Finances, a tout du technocrate. Mais le langage corrige l'apparence. Le propos est simple et direct. De surcroît, Jean Lemierre a de l'humour, soulignant volontiers ses pointes d'un large sourire. Né près du Havre, se définissant comme mi-Normand, mi-Breton, ce célibataire, qui aime la montagne, occupe pour sa première expérience dans un cabinet ministériel un poste particulièrement stratégique. Rue de Bercy, on murmure même qu'il devrait être un peu le "garde-fou" d'un ministre dont le style tranche sur celui de la maison. Lui se définit comme "au service du ministre", mais se refuse à être seulement un "filtre": "Le cabinet est là pour préparer les décisions et contribuer à les mettre en oeuvre", précise-t-il. Directeur général des Impôts, Jean Lemierre ne vient pas, comme ses prédécesseurs, de la prestigieuse direction du Trésor. Signe de la disgrâce de cette dernière? "Ne raisonnons pas en termes de pouvoir apparent, mais d'efficacité", objecte Jean Lemierre, qui ajoute que l'on a une vision caricaturale d'un ministère qui sait fort bien évoluer au quotidien, comme le montre le redéploiement des Douanes au lendemain de l'entrée en vigueur du marché unique. Son ancienne fonction lui vaut nombre de questions sur la réforme fiscale qui pourrait enfin se concrétiser. Il n'élude pas. Oui, les esprits lui paraissent mûrs pour une telle réforme; oui, il faut reconsidérer l'ensemble de la fiscalité, y compris celle concernant les entreprises. Quant au fond et au calendrier, c'est au gouvernement de décider. En attendant, il ne manque pas de travail, à commencer par l'élaboration du prochain collectif budgétaire.

USINE NOUVELLE N°2505

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