Le spécialiste du plasma LFB signe un accord de 900 millions d'euros avec l'Arabie saoudite

Quatre ans après avoir remporté l’appel d’offres, le laboratoire public français LFB vient enfin d’avoir le top départ pour construire une usine de fractionnement en Arabie saoudite. Un protocole d'accord de 900 millions d'euros débloqué par la venue de Manuel Valls à Ryad.

 

 

Partager


LFB - D.R

Il y a deux ans, alors que L’Usine Nouvelle dévoilait en exclusivité le projet, on s’attendait à un contrat de 200 millions d’euros. C’est finalement un protocole d’accord de 900 millions d'euros qui vient d’être signé dans la santé entre le Fonds souverain saoudien et le Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB). Interrogé par L'Usine Nouvelle, ce dernier précise que le ministère saoudien s'engage ainsi sur dix ans à acheter des médicaments dérivés du plasma, issus d'une usine qui sera construite en Arabie saoudite grâce à la technologie du LFB.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Cela faisait plusieurs années que le LFB - entreprise de taille intermédiaire pas comme les autres, car détenue à 100% par l’Etat - travaillait en coulisses à la concrétisation de cet accord. Il y a deux ans, le ministre saoudien de la Santé, s’était déjà fendu d’une visite à son siège aux Ulis (Essonne).

Objectif, visiter les installations de son principal site industriel, spécialisé dans les phases amont du fractionnement plasmatique qui permet la fabrication des médicaments dérivés du plasma du LFB (voir encadré).

Le traitement du sang, une expertise délicate
Créé en 1994 afin d’empêcher un nouveau scandale du sang contaminé, le LFB dispose d’une expertise sensible et essentielle. Il fabrique des protéines et des biomédicaments, mais est surtout connu pour sa activité dans les médicaments dérivés du plasma, un domaine où il figure au sixième rang mondial. Le plasma, composant du sang, contient plus de 300 protéines différentes. La production de protéines thérapeutiques, dont certaines sont présentes en très petite quantité, requiert donc un savoir-faire spécifique et une grande maîtrise technologique.
Une expertise strategique pour la securite sanitaire d'un pays

Le LFB avait remporté en 2011, face à de grands concurrents internationaux, un appel d’offres pour mettre en place une filière de plasma en Arabie saoudite. Indiqués dans le traitement de maladies rares et graves et considérés comme des "médicaments essentiels" par l’Organisation Mondiale de la Santé, les traitements dérivés du plasma humain sont jugés stratégiques pour garantir la sécurité sanitaire d’un pays. Ce qui explique que le Brésil ait déjà fait appel, pour les mêmes raisons, à l’expertise du LFB.

Pour fabriquer ces médicaments, il est nécessaire de procéder au fractionnement plasmatique, qui vise, par des étapes de séparation successives, à isoler la protéine d’intérêt dans le plasma humain. A chaque médicament correspond un procédé de fabrication dédié, alternant étapes de purification de protéines et de sécurisation biologique. La construction d’une usine de fractionnement représente donc le gros de l'accord passée avec l’Arabie saoudite.

Le LFB devra également réaliser des transferts de technologie ainsi que la formation des équipes pour faire tourner ce site. Car ce pays riche du Moyen-Orient, aux hôpitaux parfois sur-équipés, manque paradoxalement encore de médecins. Un partenariat avec l’Institut Gustave Roussy dans la formation aux traitements du cancer vient d'ailleurs aussi d'être annoncé à Ryad.

La venue de Manuel Valls Déterminante

Comment expliquer que le projet avec le LFB ait pris un tel retard ?"Cela représente un gros montant, et requiert des procédures spécifiques d’importation et de réglementation qui, tout comme en France, concernent plusieurs ministères", nous confiait déjà en 2013 Christian Béchon, le président du groupe LFB.

La délégation saoudienne avait alors rencontré Nicole Bricq, la ministre du Commerce Extérieur de l’époque. Une visite d’un dirigeant français pourrait bien faciliter ce type d’annonce, reconnaissait alors Christian Béchon… Manuel Valls a fait le job.

Gaëlle Fleitour

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS