Le SPAC de Mustier intéressé par la gestion d'actifs de Credit Suisse

par Oliver Hirt, Pamela Barbaglia et David French
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Le SPAC de Mustier intéressé par la gestion d'actifs de Credit Suisse
BlackRock et le véhicule d'investissement créé par Tikehau Capital, Jean-Pierre Mustier et une holding de Bernard Arnault font partie des investisseurs intéressés par la branche de gestion d'actifs de Credit Suisse, ont dit trois sources à Reuters, alors que la banque helvétique réfléchit à ses options concernant cette activité à la suite de deux coûteux scandales. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai

(Reuters) - BlackRock et le véhicule d'investissement créé par Tikehau Capital, Jean-Pierre Mustier et une holding de Bernard Arnault font partie des investisseurs intéressés par la branche de gestion d'actifs de Credit Suisse, ont dit trois sources à Reuters, alors que la banque helvétique réfléchit à ses options concernant cette activité à la suite de deux coûteux scandales.

La banque américaine State Street réfléchit aussi à une offre concurrente sur tout ou partie de l'activité tandis que des gestionnaires d'actifs européens comme l'allemand DWS se tiennent à l'affût, ont ajouté les sources.

Pegasus Europe, le Special purpose acquisition company (SPAC) créé notamment par l'ex-administrateur délégué d'UniCredit Jean-Pierre Mustier, devrait être introduit en Bourse d'Amsterdam aux alentours de fin avril début mai, ont dit deux sources.

Ce SPAC, société sans activité opérationnelle dont les titres sont émis en Bourse pour une durée limitée dans le but de réaliser une ou plusieurs acquisitions dans un secteur particulier, a été créé mi-février et il est axé sur les services financiers en Europe.

Une porte-parole de Credit Suisse a dit que la banque n'avait aucun projet de vente, totale ou partielle, de son activité de gestion d'actifs. BlackRock, State Street, DWS et Pegasus Europe ont tous refusé de s'exprimer sur le sujet.

Credit Suisse a été ébranlé coup sur coup ces dernières semaines par la chute de la société britannique de services financiers Greensill Capital, un dossier qui a conduit le groupe bancaire à fermer des fonds rassemblant quelque 10 milliards de dollars de financements, et par celle d'Archegos Capital, qui l'a contraint à comptabiliser une perte de 4,4 milliards de francs (4 milliards d'euros) en raison de son exposition au fonds américain.

UNE VALORISATION DE PRÈS DE 4 MILLIARDS DE DOLLARS

Couplé à une chute de 25% du cours de l'action Credit Suisse depuis fin février, ce double scandale place le directeur général Thomas Gottstein sous pression.

D'après les sources, Credit Suisse a lancé la première phase d'un examen stratégique de sa branche de gestion d'actifs et n'a pas encore engagé de discussions approfondies avec d'éventuels acquéreurs potentiels.

La banque va devoir attendre l'arrivée d'Antonio Horta-Osorio, ancien patron de Lloyds, à la présidence de son conseil d'administration en mai avant de prendre une éventuelle décision sur une vente ou une scission de cette activité, ont dit les sources, en soulignant qu'il n'y avait aucune certitude quant à l'aboutissement d'un tel projet.

"Ils ont commencé à discuter avec certaines parties, mais pas encore la due diligence, pas d'échange de données. Certains acquéreurs potentiels veulent l'intégralité de l'activité, d'autres seulement des bouts", a dit l'une des sources.

"Credit Suisse est encore en mode crise et ils n'ont pas encore décidé comment procéder."

Après la chute de Greensill, Credit Suisse a recruté un ancien dirigeant d'UBS, Ulrich Körner, pour prendre la tête de sa branche de gestion d'actifs et la séparer de l'activité de gestion de fortune internationale.

La banque avait alors affirmé que la création de cette branche distincte de gestion d'actifs soulignait son importance stratégique.

D'après les sources, l'activité pourrait être valorisée entre 3,7 et 4 milliards de dollars (3,1 et 3,36 milliards d'euros). L'une de ces sources a déclaré que Credit Suisse pourrait opter pour une transaction à la fois en numéraire et en actions avec l'espoir d'engranger d'éventuels revenus à l'avenir avec cette activité.

(version française Bertrand Boucey)

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