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L'Usine Energie

"Le solaire couplé au stockage sera compétitif dans les îles avant cinq ans", affirme Eric Scotto

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Entretien Eric Scotto, président et cofondateur du producteur d’énergies renouvelables Akuo Energy, vient de boucler le financement de son quatrième projet de centrale photovoltaïque avec stockage par batteries lithium-ion. Le dirigeant explique à L’Usine Nouvelle en quoi ces projets pionniers transforment l’énergie solaire (ou éolienne) en énergie stable et prédictible et ouvrent la voie à un marché colossal dans les zones insulaires et mal connectées.

L'Usine Nouvelle - Vous venez de boucler le financement de vos projets de centrale solaire couplée à du stockage d’électricité. En quoi est-ce une étape d’importance ?

Eric Scotto - Nous avons finalisé la semaine dernière le financement du projet de 9 mégawatts-crête (MWc) des Cèdres, dans l’île de la Réunion. C’est le dernier de nos quatre projets de centrales photovoltaïques avec stockage issus de l’appel d’offres français de 2012. Sa construction a aussitôt démarré. Avec les centrales déjà en service à Bardzour (9 MWc, Réunion) et à Olmo 1 (4 MWc, Corse) et celle qui est en construction à Mortella (7 MWc, Corse), cela porte notre capacité de photovoltaïque avec stockage installée et en construction à 29 MWc. Cela signifie 29 mégawattheures (MWh) de batteries lithium-ion couplées à des centrales d’énergie renouvelables, soit le plus grand parc de ce type. Nous sommes, et de loin, le numéro un mondial.

Concrètement, qu’apportent les batteries à ces centrales ?

En installant 1 MWh de batteries lithium-ion par MWc de capacité de production d’électricité solaire, nous pouvons nous engager la veille pour le lendemain sur la puissance électrique que nous allons injecter dans le réseau. Les batteries permettent de maintenir un niveau de puissance constant en absorbant les surplus de production (écrêtage) et en compensant les déficits (lissage) liés à la variabilité de l’ensoleillement. Nous l’avons vérifié sur les centrales en opération de Bardzour et Olmo 1 : nous répondons au cahier des charges de l’appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie. Plus largement, nous transformons l’énergie solaire en une énergie stable et parfaitement prédictible, que l’opérateur de réseaux peut intégrer comme une énergie traditionnelle.

Le financement de ces projets innovants a-t-il été particulièrement difficile ?

Comme pour toute première, il a fallu fournir beaucoup plus de renseignements techniques que pour un projet photovoltaïque classique et faire énormément de pédagogie. Les composants, la batterie lithium-ion d’un côté et l’installation photovoltaïque de l’autre, sont des technologies biens connues. La nouveauté vient du logiciel qui les fait travailler ensemble. Nous avons dû réaliser des simulations sur un historique de données météorologiques pour montrer que notre logiciel permettait de répondre au cahier des charges. Le financement du premier projet, Bardzour, a pris deux fois plus de temps qu’un projet classique et l’Agence française de développement et la Banque de la Réunion ont accompagné la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse et Natixis Energéco. Mais ces deux prêteurs ont ensuite financé les autres projets seuls, sans délais ni garanties particulières : notre solution technique a fait ses preuves.

Le stockage des énergies renouvelables est-il près de trouver son équation économique ?

Ces quatre projets sont, comme il est normal pour une première, soutenus économiquement. Mais avec la réduction à venir du coût des batteries, nous comptons que, dans les 5 ans qui viennent, le solaire – comme l’éolien – couplé à du stockage sera compétitif dans les zones insulaires et mal connectées par rapport aux mix énergétiques locaux. Comme le stockage tord le cou à l’idée que la part d’énergies renouvelables dans un réseau doit rester limitée, le potentiel est colossal : c’est un marché de 660 millions d’habitants dont la demande d’électricité va croître très fortement. Avec les vitrines que représentent ces 4 projets et le retour d’expérience qu’ils nous apportent, nous visons l’installation de 500 à 1000 MW de solaire ou d’éolien avec stockage dans ces zones d’ici 5 à 10 ans.

Manuel Moragues

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