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Le ski surfe sur les nouvelles glisses

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Enquête   Les nouvelles générations de skis n'ont rien à envier au snowboard. Remise en selle par l'innovation, l'industrie du ski poursuit son travail de sape pour dominer aussi le marché du snowboard. Un objectif facilité par l'unification de toutes les formes de glisse.  


Candide Thovex. Le ski tient aujourd'hui un nouveau héros. Pas de la trempe du champion autrichien Hermann Maier, dit " Herminator ", le roi fou des pistes damées, qui défie dans une lutte vertigineuse les aiguilles d'un chronomètre. Son combat n'impressionne plus qu'un carré d'inconditionnels du ski alpin, en majorité des Allemands et des Autrichiens. Ce nouveau héros passe autant de temps dans les airs que sur un tapis blanc de neige. En fait, comme un " rider " de snowboard (surf des neiges). Du haut de ses 18 ans, le Haut-Savoyard incarne la nouvelle génération de skieurs restés fidèles aux deux planches, mais émerveillés par les figures aériennes des snowboarders. Jeune prodige de la " New School ", qui a éclos l'an passé aux Etats-Unis lors des " X Games ", les Jeux olympiques des sports alternatifs, Candide Thovex s'exprime sur des skis courts - ou " twin tips ", " skiboards " -, qui ne dépassent pas 1,80 mètre, et dotés de spatules à chaque extrémité pour partir en marche arrière après un saut. Passerelle entre le surf des neiges et le ski, deux mondes jusqu'ici hostiles, les skis courts empruntent les figures, le vocabulaire et les terrains de jeux du snowboard, comme le " half pipe ", ce demi-tube de neige en " U " où les surfers effectuent figures et sauts. Tout en étant à l'aise sur piste, en poudreuse ou sur un champ de bosses. " Les skis courts sont de bons produits partout. Ils sont vraiment une réponse claire auprès des jeunes pour leur prouver que le ski n'est plus "has been". Mais qu'il redevient jeune, à la mode ", se réjouit Yann Corrolleur, chef de projet " multiglisse " chez Dynastar. Après un hiver de test l'an dernier, les skis courts sont " la grosse tendance cette année ", confirme Benjamin Thaller, directeur marketing France pour Salomon. L'industrie du ski tient enfin sa revanche. Elle qui a connu tous les états au cours de la décennie écoulée : impériale et hautaine lors de l'irruption fracassante du snowboard dans l'univers confiné des sports d'hiver à partir de 1992 ; puis désemparée dans sa citadelle assiégée, quand les ventes de surfs franchissent le million de planches vers 1995 ; et à nouveau conquérante. Car les Rossignol, Salomon, Atomic, Dynastar ou autres Dynamic ont admis l'évidence : le phénomène du snowboard est bien plus qu'une mode sans lendemain. Ces dernières années, les " majors " du ski ont mené une contre-offensive musclée, une véritable " winterstorm ", pour reprendre la main dans le cirque blanc.

L'innovation remet le ski dans la course

" La clé, c'est l'innovation. Nous ne nous donnons aucune limite en matière de création ", affirme désormais Benjamin Thaller. En moins de cinq ans, le ski a vécu une véritable révolution pour livrer des produits où le plaisir l'emporte sur l'austère et répétitif "planter de bâton". " C'est un principe darwinien d'évolution lente qui tend à modifier les lignes de cote et à réduire la longueur des skis, analyse Jean-Jacques Bompard, secrétaire général du groupe Rossignol. Une évolution qui n'est possible qu'avec l'appui de la CAO-DAO et de matériaux plus performants afin qu'un ski de 1,65 mètre présente la même fiabilité qu'un ski de 1,90 mètre. Le résultat est là, puisqu'ils gagnent aussi en compétition. " " Tous les skis ont désormais des lignes de cote modernes ", insiste Yann Corolleur, de Dynastar. C'est-à-dire des planches plus larges à " taille de guêpe " : un patin étroit alors que la spatule et le talon sont élargis. Les skis paraboliques ou de " carving " - de l'anglais " to carve " (sculpter) - sont adaptés à toutes les neiges, avec des gammes déclinées pour la piste ou le " free ride " (hors piste). " Au lieu de virer en dérapage comme avant, le skieur glisse dans les courbes en gardant sa vitesse ", note Benjamin Thaller, de Salomon. Et il taille désormais les mêmes courbes qu'un snowboarder, les " oreilles dans la neige ". Le ton est donné par l'austro-suédois Head Tyrolia Mares (HTM), qui commercialise le premier des skis paraboliques en 1995. Et, depuis trois ans, les planches droites et rigides, adaptées aux seules pistes, ont disparu de l'offre des fabricants.

400 000 paires de skis courts dès cet hiver

Le bastion le plus spectaculaire du snowboard, celui des sauts et des figures acrobatiques, s'incline à son tour avec l'avènement des skis courts. Un marché qui atteindrait les 400 000 paires cet hiver grâce à l'envol de la " New School ". La première brèche est ouverte depuis deux ans, avec des planches de 65 centimètres à 1 mètre de long à double spatule. Présentées comme les rollers en ligne des pentes enneigées, elles se pratiquent sans bâtons et, grâce à un rayon de virage de 5 mètres, autorisent toutes les audaces. Le marché a explosé l'hiver 1998, et dépasserait les 200 000 paires cette saison. Les " skiboards " de la " New School " leur prêtent désormais main-forte. Ceux de Salomon, d'une longueur comprise entre 1,61 mètre et 1,77 mètre, ont été développés avec la New Canadian Air Force, l'équipe de ski de bosses du Canada. Leur nom ? Teneighty. Traduisez 1 080. Soit trois fois 360 degrés. Un " 360 ", en snowboard, c'est un tour complet effectué sur lui-même dans les airs par un rider. Tout un programme... " Il a fallu définir des cahiers des charges très pointus pour développer des skis bons dans tous les compartiments de jeux et voisins des surfs ", relève, pour Dynastar, Yann Corolleur. Comme pour un snowboard, le ski court comprend un noyau en bois sur toute la longueur de la planche, usiné par des machines à commande numérique. Il est alors enveloppé, " presque de manière excessive ", de fibres époxy bi- ou tri-axiales pour résister à la rudesse de réception d'un saut.

Une offre renouvelée sur un marché assaini

L'effort d'innovation à marche forcée mené par les majors du ski est récompensé. Après plusieurs années noires, les consommateurs répondent présents. " En France, la saison 1999-2000 s'annonce bonne. Les ventes de skis enregistrent une hausse de 7 % en volume (380 000 paires vendues en 1998-1999) ", affirme Nicole Bertier, secrétaire générale de la Fédération française des industries du sport et des loisirs (Fifas). Sur le plan mondial, " le marché est globalement en légère hausse en valeur : entre 2 et 3 %, évalue Jean-Jacques Bompard, de Rossignol. Le ski alpin progresserait de 1 à 1,5 % et de 3 à 5 % pour le snowboard. " " La "Grande Europe", qui s'étend de la Scandinavie à l'Italie et à l'Espagne, et qui représente 48 à 50 % du marché en valeur, est la zone la plus dynamique ", note-t-il. Le coup d'arrêt à l'effondrement du marché japonais de l'hiver, qui a lourdement pesé sur les comptes des industries du ski ces deux dernières années, soulage aussi profondément la profession. Rossignol a ainsi perdu 160 millions de francs en Asie l'an passé. " Le Japon, qui a représenté jusqu'à un tiers du marché mondial, est retombé entre 16 et 17 %, estime Jean-Jacques Bompard. Assaini et stable, le marché japonais est redevenu une zone de non-risque. "

La fin des petites marques

Mais l'onde de choc a été vio- lente. Surtout dans le snowboard. " Le marché mondial a frisé les 2 millions de planches, pour retomber à 1,5 million après l'effondrement japonais ", précise Benjamin Thaller. Parties à la conquête du monde, les petites marques ont subi de plein fouet le revers japonais alors qu'elles étaient déjà confrontées pour la plupart à des problèmes industriels, techniques et de gestion nés de leur course au développement international. Les PME qui ont élevé le snowboard au rang d'une véritable niche en sortent plus fragilisées. Et cela d'autant plus que le marché atteint sa maturité et que les majors du ski amplifient leur pression pour s'assurer la maîtrise d'un domaine qui s'arroge désormais 25,7 % du marché mondial des articles de sports d'hiver. Soit 2,5 milliards de francs. La pression est tout aussi forte à l'autre extrémité de cette niche, où les PME du snowboard sont prises en tenaille par les marques de distributeurs. Acteurs de poids, Décathlon (10 000 planches) et Intersport (4 000) détiennent 20 % du marché français. Pour leurs marques propres, ils font appel à des sous-traitants, comme le slovène Elan ou l'autrichien Palle. Doté d'un outil de production de 400 000 planches par an, qui tournerait à moitié régime aujourd'hui, Palle est capable de produire des snowboards injectés vendus 400 francs. Conséquence ? " Les petites marques disparaissent, observe Benjamin Thaller, de Salomom. Il y a une redistribution des car-tes. " De 400 marques de snowboards dans le monde en 1995, il n'en subsistait plus que 250 trois ans plus tard.

Les marques de skis cannibalisent le snowboard

Aux simples disparitions s'ajoute l'appétit dévorant des fabricants de skis. Depuis le 1er janvier, le jurassien Grand Chavin, en li- quidation judiciaire, est repris par Rossignol (lire page 52). HTM s'est emparé du suisse Blax (planches, fixations, chaussures). Et l'américain K2 a repris coup sur coup en 1999 deux marques de snowboards cotées au Nasdaq, Ride et Morrow. Cette dernière a perdu la moitié de son chiffre d'affaires en un an. Dans ce contexte, les marques établies ne sont plus contraintes - comme l'a fait Dynastar - d'aller pêcher leur légitimité sous d'autres latitudes pour pénétrer un marché du snowboard né outre-Atlantique. En 1992, la filiale américaine de Dynastar crée la marque de snowboard Original Sin, qui débarquera en Europe en 1994. " C'était un moyen pour nous de nous imprégner de cette culture et d'être en phase avec la demande ", justifie Yann Corolleur, de Dynastar. Avec une forte capacité d'innovation, des moyens industriels adaptés qui réduisent les coûts, une distribution internationalisée et d'importants moyens de communication, les généralistes de l'hiver sont parvenus à " domestiquer " le secteur rebelle du snowboard. " Il se resserre sur une douzaine d'acteurs mondiaux dans les planches, qui détiendront les deux tiers du marché ; entre cinq et six dans les fixations et sept ou huit dans les chaussures, comptabilise Jean-Jacques Bompard, chez Rossignol. A cela s'ajoutera une vingtaine de marques exotiques. " L'américain Burton, qui a " inventé " le snowboard en 1976, se retrouve seul pour contenir l'armada des majors du ski. Avec un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard de francs (planches, fixations, textile, accessoires), il plane entre 35 et 40 % du marché mondial. Pour combien de temps ? " Les marques de skis sont en progrès dans le snowboard ", rétorque Philippe Chenu, qui dirige Burton France. L'américain a été le premier à diffuser des snowboards pour les enfants et les femmes, et il mise sur la centaine de personnes de son centre de recherche de Burlington (Vermont) pour maintenir son avance avec ses gammes mondiales. Ses atouts sont aussi industriels. Burton recourt largement à la sous-traitance : vêtements et chaussures sont fabriqués en Chine, en Corée du Sud, en Italie ou en Roumanie. Même l'" assemblage " de planches est externalisé. Seule la fabrication du noyau en bois stratifié, le coeur d'un surf, est réalisée dans les sites américains du groupe. " Personne n'entre dans ces usines ", prévient Philippe Chenu. Autre secret : " Nous n'avons jamais inondé le marché, explique-t-il. Ces dix dernières années, nous avons connu des croissances linéaires de 15 à 20 %, et tous ceux qui ont affiché des ambitions expansionnistes rencontrent des difficultés. " L'américain a su déjouer les pièges où sont tombés ses concurrents directs. Un autre combat l'attend, plus féroce, face aux ambitions des généralistes de l'hiver. Derrière Burton, Rossignol, Salomon, Amer, K2 occupent les places d'honneur sur le podium mondial du snowboard. " Dans deux ans, nous nous rapprocherons du leader mondial ", prédit Jean-Jacques Bompard. De 170 millions de francs de chiffre d'affaires dans le snowboard, le groupe Rossignol vise les 420 millions de francs pour l'hiver 2001-2002. " L'avenir du surf appartient aux fabricants de skis ", glisse, provocateur, Jacques Altimani, P-DG de Head Tyrolia Mares (HTM) France. Car le snowboard entre dans le rang. Reste son empreinte dans la pratique des sports d'hiver.

Vers un marché de la glisse unifié

" La volonté de marginalisation pour se démarquer du conformisme du ski alpin a disparu. En revanche, le besoin de liberté et le côté esthétique de la pratique sont toujours là, et cet état d'esprit snowboard traverse toutes les disciplines ", observe Bernard Mariette, patron de Quiksilver France. Une évolution qui n'inquiète pas la marque de vêtements spécialisée dans la glisse sur planches (skate, surf de mer, snowboard), qui est au textile ce que Burton est à la planche de snowboard : " Comme un arbre a le droit de pousser, notre offre s'élargit de 12 à 40 ans. "

Un public élargi

L'ouverture du snowboard à un plus large public, qui sonne la fin de l'effet " tribu ", est une aubaine supplémentaire pour les généralistes de l'hiver, qui mobilisent leur force de frappe. " Même si nous restons très attachés à la compétition, nous nous sommes aperçus depuis deux à trois ans que la recherche de plaisir est un élément important pour redynamiser le ski, relève Benjamin Thaller, chez Salomon. Et, face à des consommateurs zappeurs, donc multiglisses, peu importe l'engin. Ce qui compte, c'est l'ivresse qu'il procure. Aujourd'hui, toutes les formes de glisse peuvent cohabiter, car elles s'adressent à une communauté de glisseurs." Pour s'adapter, Rossignol se crée depuis deux ans une nouvelle identité visuelle, " avec un ton impertinent, qui joue sur les facteurs de rêve, de glisse et d'évasion ", résume Jean-Jacques Bompard. Nike a senti le vent tourner. Cet hiver, l'américain a présenté en Europe sa première ligne de vêtements de snowboard sous sa marque d'outdoor, All Condition Gear (ACG), qui s'adresse aux 16 - 25 ans. " Tout en ne voulant pas bouleverser un milieu fragile que nous n'avons pas contribué à développer, nous nous donnons trois ans pour devenir une marque significative ", note Fabrice Heissat, responsable du marketing textile de Nike France. Attendu comme le loup blanc depuis quatre ans, Nike tente une nouvelle percée dans le textile après avoir connu un échec dans les planches. L'an passé, des snowboards conçus par Nike et fabriqué dans l'usine allemande de Garmisch- Partenkirchen de son compatriote Marker, ont fait l'objet d'un marché test. Sans succès. " La fabrication de board est en sommeil ", précise Martin Lebeau, directeur des ventes et du marketing d'ACG. Mais l'initiative de Nike dans le textile donne des idées à Salomon (groupe Adidas) : " D'ici à deux saisons, nous sortirons notre ligne textile pour l'hiver. Une quinzaine de personnes y travaillent dans notre centre de recherche du Colorado, spécialisé dans l'outdoor ", annonce Benjamin Thaller. La bataille pour l'or blanc est loin d'être close. Et les victoires loin d'être évidentes. En décembre, Salomon a dû rappeler 40 000 paires de bottes et de fixations automatiques de snowboard Pilot. Soit une perte de 35 à 40 millions de francs de chiffre d'affaires. " Nous avons rencontré des problèmes de fiabilité lors de la mise en production, précise Benjamin Thaller. Le projet est abandonné. Nous repartons de zéro. "



La recherche, fer de lance de Rossignol

Depuis les années 60, Rossignol consacre tous les ans plus de 3 % de son chiffre d'affaires à la recherche-développement (3,3 % en 1999 pour 2,3 milliards de francs de chiffre d'affaires, 200 personnes sur 2 700 salariés). " La recherche est au carrefour de plusieurs savoir-faire, explique Jean-Jacques Bompard, secrétaire général. Les composites, d'une part, liés à la réalisation de ces poutres techniques complexes déformables que sont les skis. Mais aussi les modes vibratoires connus pour les skis, ou des cinématiques complexes pour les fixations, ou encore les techniques du textile. " Au siège, 60 à 70 personnes assurent la recherche fondamentale et la veille technologique. Les connaissances développées et récoltées (matériaux, chimie, collage, etc.) sont diffusées dans les services de recherche appliquée et d'industrialisation de chaque branche (chaussures, fixations, skis, etc.) puis transmises aux sous-traitants (moulistes, etc.). Des compétences largement reconnues. Le groupe a été sollicité pour développer des pales d'hélicoptère en nid-d'abeilles. Il a aussi réalisé des jupes de F1 pour Ligier. Dans les années 80, il avait même conçu des systèmes de suspension pour véhicules tout-terrain en matériaux composites. Malgré des performances supérieures aux suspensions mécaniques de l'époque, le projet, jugé trop avant-gardiste, fut abandonné par le constructeur. Ces collaborations restent ponctuelles. " Nous n'avons pas une vocation de sous-traitant, juge Jean-Jacques Bompard. En revanche, les besoins en matière grise sont toujours forts. Nous avons besoin de sang neuf, dans nos métiers : des jeunes ingénieurs et des techniciens supérieurs. "



Le grand retour des autrichiens

" Nous dépasserons cette saison les français pour la vente de skis de marque ", affirmait en novembre à l'AFP Johan Eliasch, propriétaire du groupe Head Tyrolia Mares (HTM). Selon ses calculs, les marques autrichiennes (Head, Atomic, Fischer, Blizzard et Kneissl) livreront plus de 1,6 million de paires de skis, contre 1,2 million pour le duo français Rossignol et Salomon. Aux premiers jours du printemps 2000, le " made in Austria " détiendrait alors plus de 50 % du marché mondial. Sacrée remontée, pour une industrie laminée à la fin des années 80 ! " Les "Kaisers" des vallées qui avaient créé leur entreprise ont vieilli avec elle. Depuis, ils se sont remis en question ", plaide Jacques Altimani, P-DG de HTM France. " C'est un plaidoyer pro domo ", s'amuse Jean-Claude Bompard, secrétaire général de Rossignol (42,2 % du marché mondial du ski alpin). De plus, le décompte autrichien doit être tempéré par les effets des déboires passés : Atomic est sous le contrôle du finlandais Amer et HTM compose avec des capitaux suédois. A ce jeu, les autrichiens pourront avancer que Salomon est allemand depuis qu'il a intégré Adidas !



Une fabrication mondialisée pour le snowboard

" Nous développons quelque chose de magnifique dans notre site d'Artès, en Espagne, se réjouit Jean-Jacques Bompard, secrétaire général de Rossignol. En 2000, l'usine sera sans doute la plus grande du monde dans ce secteur. " Depuis six mois, les productions de snowboards de Dynastar, à Sallanches (Haute-Savoie), et de Rossignol, à Voiron (Isère), sont transférées et concentrées sur le site espagnol, créé en 1971. La capacité installée, de 250 000 planches par an, dépassera les 350 000 dans un an. Et la production de skis s'y envolera aussi de 350 000 à 650 000 paires par an. Voiron (capacité de 520 000 paires par an) et Sallanches (500 000) sont dédiés au haut de gamme. Artès concentre aussi la fabrication de skis de fond (près de 100 000 paires par an). " Les volumes réduisent les coûts ", note Jean-Jacques Bompard pour justifier cette concentration. Salomon, lui, dispose d'une capacité de production de 120 000 planches par an. Dont 100 000 dans son usine d'Annecy, et le reste confié à des sous-traitants. Comme le suisse Nidecker, marque pourtant concurrente, dans son site tunisien ! " Des snowboards se fabriquent même en Chine ", relativise Jean-Jacques Bompard. Reste que l'Europe et les Etats-Unis dominent. Burton, le leader mondial, détient au moins quatre usines aux Etats-Unis, et deux en Autriche. Tout comme son compatriote K2. L'austro-suédois HTM, lui, possède une unité d'une capacité de 500 000 planches à Bregens, en Autriche. Ou encore Amer, qui commercialise plus de 70 000 snowboards et dispose d'une capacité de production de plus de 100 000 planches dans son usine d'Altenmarkt. L'Autriche abrite aussi les sous-traitants de distributeurs comme Décathlon ou Intersport pour leur marques propres. Ainsi, Palle est doté d'une capacité de 400 000 surfs par an, et de 300 000 pour le fabricant de skis slovène Elan dans son usine proche de Salzbourg. Et il vient de lancer sa marque. Un survol qui laisse à penser que, pour un marché de 1,5 à 1,8 million de planches cette saison, des capacités seront à coup sûr sous-employées.






 

 

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