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Quotidien des Usines

Le site belge d'Opel devient stratégique

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L'usine d'Anvers s'apprête à débuter la production de la nouvelle Astra dont le succès conditionnera le retour dans le vert d'Opel.

La plus ancienne usine de Gene-ral Motors sur le Vieux Continent s'apprête à relever l'un des plus importants défis de son histoire. Le site d'Anvers sera le premier, avant Bochum (Allemagne) et Ellesmere Port (Grande-Bretagne), à lancer, dès janvier, la production de la nouvelle Opel Astra, dont les préséries viennent de débuter. Ce modèle, dévoilé en septembre à Francfort, est crucial pour la filiale européenne du constructeur américain puisque son succès conditionne son redressement. Grâce à cette troisième mouture de l'Astra, Opel aspire à contrer la dernière Golf de Volkswagen. Et à sortir de l'ornière avec un retour à l'équili- bre attendu en 2004, après une perte opérationnelle qui devrait s'élever à « plusieurs centaines de millions d'euros » en 2003.

Pour atteindre son objectif, Opel a consenti d'importants efforts en Belgique. Alors que le coût du programme industriel global de la nouvelle Astra s'élève à « plus de 1 mil-liard d'euros », pas moins de 500 millions auront été investis à Anvers sur la période 2002-2006. Soit le plus important de toute l'histoire de l'usine - fondée en 1924 - dans le but d'agrandir et d'améliorer la production.

Redorer une image de marque en perte d'éclat

En 2002, le site a assemblé près de 297 000 unités de l'actuelle Astra. La capacité installée, pour la nouvelle, est de 260 000 unités par an. Au niveau européen, Bochum sera dotée de la même force de frappe et sera complétée par Ellesmere Port (80 000 unités) qui produira sous le logo Vauxhall, la marque britannique d'Opel. Selon Diana Tremblay, directrice de l'usine belge, 240 000 nouvelles Astra devraient sortir d'Anvers dès 2004 si, comme prévu, le rythme de croisière est atteint à Pâques.

Cette année, 51,4 millions d'euros ont été investis dans le seul atelier d'emboutissage. Deux fois plus grand (près de 14 000 mètres carrés), il accueille depuis quelques mois une nouvelle chaîne d'emboutissage de cinq stations dernier cri qui augmentent la capacité de l'atelier de 50 000 à 80 000 tonnes d'acier traité par an. Anvers fournira des capots, des portes et des planchers à Bochum et à Ellesmere Port. Ce site continuera également à fabriquer des pièces de carrosserie pour l'ancienne Astra dont la production se poursuivra sur place jusqu'en avril, puis dans la seule usine polonaise de Gliwice.

Le reste de l'investissement sert à moderniser les installations de soudage de l'atelier carrosserie, l'atelier de peinture (renouvellement complet des installations de traitement anticorrosion) et les postes d'assemblage final qui se voient dotés d'instruments de mesure laser pour contrôler la qualité en continu.

L'enjeu pour l'usine est double. D'une part, elle doit respecter le calendrier de lancement, d'autre part, elle doit accroître le niveau de qualité des véhicules, en vue de redorer une image en perte d'éclat depuis une dizaine d'années.

Pour réussir cet objectif amitieux, Opel s'appuie sur le GM-GMS, le General Motors global manufacturing system. Qui repose lui-même en grande partie sur l'expérience acquise auprès de Toyota dans le cadre du joint-venture califor- nien entre le japonais et General Motors. Dans l'usine belge, le mimétisme est flagrant, jusque dans les termes employés, propres au « Toyota Production System ». La langue flamande est omniprésente, mais les opérateurs sont appelés « team members », leurs responsables les « team leaders », eux-mêmes sous la tutelle des « section superintendants ».

Relever le défi de la transformation des mentalités

La mutation est profonde. Le système de qualité « Andon » emprunté à Toyota repose sur l'implication des salariés. Une corde est ainsi déployée tout le long de la ligne. Au moindre incident que l'opérateur ne parvient à résoudre lui-même, il doit l'actionner pour prévenir son responsable, qui lui-même tentera de résoudre le problème ou décider de stopper la ligne. « Le but est de faire apparaître les problèmes au plus tôt pour les résoudre à temps et, éventuellement, modifier le process en conséquence, explique Diana Tremblay. Il est plus délicat de convertir les méthodes dans un site ancien que sur une usine construite ex nihilo. Le plus difficile, dans cette mutation vers le lean manufacturing, réside dans la transformation des mentalités. »

Une série complète de nouvelles silhouettes

Sur les dix premiers mois, 65 444 heures de formation ont été dispensées et plus de 79 000 sont déjà programmées pour 2004 sur un site qui compte aujourd'hui 4 800 salariés.

Les ouvriers belges ont du pain sur la planche. La production débutera en janvier par la version 5 portes. La déclinaison « break », importante pour le marché allemand, sera lancée dès septembre. Sur l'ensemble de l'Europe, Opel prévoit de vendre un total de 300 000 nouvelles Astra l'année prochaine. Enfin, la version 3 portes, qui ne sera produite qu'à Anvers, verra le jour au début de 2005. Ces silhouettes devraient permettre à Opel d'atteindre, alors, un volume de production de 460 000 unités en année pleine, pour les trois usines.

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