Le Sénégal se rêve en hub de l’Afrique de l’Ouest

Dakar mise sur un nouvel aéroport et l’extension de son port pour concurrencer la Côte d’Ivoire sur le trafic de la région. Reste à mettre à niveau ses infrastructures énergétiques encore défaillantes pour attirer les entreprises privées.

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Le Sénégal se rêve en hub de l’Afrique de l’Ouest

Au milieu des champs de latérite de couleur sang, la piste de décollage du futur aéroport est déjà sortie de terre. Derrière, des grues s’affairent encore autour de la tour de contrôle et de la future aérogare toujours en chantier. A une cinquantaine de kilomètres de Dakar, l’aéroport Blaise Diagne devrait être mis en service – officiellement – fin 2012 et venir remplacer l’ancien aéroport de la capitale sénégalaise. L’estimation est pour le moins optimiste.

Mais commencé en 2007, le projet est l’une des priorités du président Abdoulaye Wade pour accélérer le développement du pays. Il doit renforcer la position du Sénégal comme plateforme logistique pour toute l’Afrique de l’Ouest. "Nous avons une situation exceptionnelle mais pour la valoriser, nous devons financer des infrastructures. Nous voulons devenir un hub pour la sous-région", assure Karim Wade le fils du président et tout-puissant ministre des Transports, des infrastructures et de l’énergie. Le financement du projet de 560 millions d’euros construit par le groupe saoudien Bin Ladin est assuré par une taxe sur les billets d’avion. La dernière tranche de financement de 406 millions d’euros a été signée en début de semaine par les bailleurs.

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Le Sénégal voit les choses en grand. A côté du futur aéroport, qui devrait pouvoir accueillir 3 millions de passagers contre un trafic actuel de 1,5 millions de passagers par an, Karim Wade prévoit d’installer un centre de maintenance aéroportuaire, en partenariat avec EAS industrie, une plateforme cargo et un centre de formation, baptisé "african aviation college". Un centre d’affaires devrait prendre place sur l’ emplacement de l’actuel aéroport de Dakar.

Chef de file économique

Le pays multiplie les projets d’infrastructures pour s’imposer comme le chef de file économique de la région. Et avec ses 4 % de croissance en 2011, il caresse le rêve de rejoindre les pays émergents. "Nous avions pris beaucoup de retard dans les infrastructures", reconnait le premier ministre Souleymane Ndiaye. A une vingtaine de kilomètres du futur aéroport, Eiffage conduit les travaux de l’autoroute à péage qui reliera l’aéroport à Dakar. Le tronçon, qui doit coûter 580 millions d’euros dont 90 millions apportés par le consortium privé est prévu pour fin 2013 et doit permettre de désengorger le centre de Dakar.

Quant au port de Dakar, dont la concession pour les conteneurs a été confiée en 2008 au groupe emirati DP world (qui a succédé à Bolloré), il a aussi été largement modernisé. "Aucun de ces projets ne peut vivre sans l’autre", assure Aminata Niane, la directrice de l’agence de promotion des grands travaux. "Ne pas avoir d’autoroutes nous coûtait 22 millions d’euros par an", assure-t-elle.

Quatre portiques modernes ont été installés sur le quai par DP world qui a investi 120 millions d’euros et un nouveau terminal, aussi opéré par DP World est en projet. L’objectif : capter le trafic vers le Mali, la Guinée ou le Burkina Faso. "70 % du trafic du Mali passe ainsi par le port de Dakar, notamment les exportations de cotons et de minerais de fer. Cela représente 3 jours de mer de moins que d’aller jusqu’en Côte d’Ivoire et nous avons les installations les plus modernes pour avoir la meilleure productivité", assure Momar Ngary Ba, le directeur commercial du port de Dakar qui table sur une augmentation de 10 % du trafic chaque année.

Mais dans sa marche vers l’émergence, le Sénégal doit encore régler un problème largement en suspens : celui de l’énergie. Malgré ses 4 % de croissance en 2011, le pays ne produit que 450 MW d’électricité environ, ce qui ne suffit pas à alimenter les 28 % de la population reliée au réseau électrique. A Dakar, le ras-le-bol de la population face aux délestages a provoqué fin juin des émeutes de l’électricité.

Pour parer au plus pressé, EDF a été contacté pour apporter sa coopération technique à la Senelec, la compagnie d’électricité sénégalaise en grande difficulté. Et Karim Wade, le controversé ministre de l’énergie joue son va-tout sur le dossier en supportant plusieurs projets de construction de centrales à charbon, par des groupes sud-coréens et chinois. "Car sans électricité, on ne peut pas attirer les entreprises privées", reconnaît Karim Wade.

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